Le directeur du musée national du moudjahid d’Alger, Hassan Maghdouri, a souligné le rôle fondamental joué par les médias durant la guerre d’indépendance, tant comme outil de résistance que comme vecteur de légitimité internationale.
«La culture de l’information et la communication n’est pas nouvelle pour les Algériens», a-t-il rappelé, évoquant des formes ancestrales de communication comme la Tajmaât. «Même dans la période coloniale, l’Algérie a su préserver et adapter ses modes de communication», a-t-il insisté. Dans ce contexte, le rôle des médias, comme le journal El Moudjahid, ont été mis en avant comme symbole de la résilience médiatique algérienne. «Ce n’était pas simplement des organes de presse, mais une arme politique au service de la cause nationale», a expliqué Maghdouri. «Ils avaient pour mission de déjouer les mensonges de la propagande française, d’informer les populations, mais surtout de faire entendre la voix de l’Algérie au-delà de ses frontières.» Dans ce contexte, il a souligné la clairvoyance stratégique des dirigeants de la Révolution. «Grâce à leur vision, la presse révolutionnaire a su non seulement résister aux tentatives de délégitimation, mais aussi imposer la question algérienne à l’agenda international», a-t-elle affirmé, rappelant notamment le rôle diplomatique décisif des moudjahidine Aïssa Messaoudi et Mhamed Yazid. Selon lui, les révolutionnaires «ont compris très tôt que la guerre se jouait aussi dans les salles de rédaction et les chancelleries».
Hassan Maghdouri a également insisté sur l’importance de la création, dès les premières années de la guerre, d’un ministère de l’Information au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), «une reconnaissance institutionnelle du rôle central de la communication dans la stratégie de libération», a-t-il souligné.
I.K.
