À l’ère du digital, le copier-coller serait devenu une pratique courante dans les rédactions scientifiques et académiques. En effet, le plagiat académique sévit dans de nombreux pays, dont l’Algérie ou il est considéré comme une grave menace à la fiabilité des diplômes des établissements universitaires.
Pour faire face, les pouvoirs publics prévoient de mettre en place un système national de détection du plagiat dans les publications scientifiques et les thèses, dans le but de lutter contre la fraude académique et de protéger l’intégrité académique dans les universités et les établissements d’enseignement supérieur.
L’annonce a suivi une réunion tenue début septembre entre le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, et la la Commission nationale d’authentification digitale, selon une publication du ministère sur Facebook. Lors de cette réunion, plusieurs point ont été débattus, notamment le lancement de la base de données des revues académiques évaluées par des pairs. À cet égard, il a été décidé de relancer, à partir de janvier 2026, les bases de données Springer, Taylor & Francis online, Elseveir, IEEE, AHCM et Science Direct. Il est à noter que la base de données Springer est actuellement disponible. Une commission nationale de professeurs experts a été créée pour mettre en place un système d’information national unifié, moderne et efficace, permettant de détecter le taux de citations dans les publications scientifiques et les thèses. D’autant que le blog «Retraction Watch» a montré que le nombre d’articles de recherche algériens rétractés entre 2018 et 2025 s’élevait à 50 (soit 6,3 études par an). Au niveau mondial, la proportion de publications rétractées est estimée à environ 0,08 % par an, soit huit sur 10 000 articles, avec environ 10 000 articles rétractés rien qu’en 2023.
Un système anti-plagiat
Le système national de détection du plagiat sera une plateforme centralisée qui intégrera divers outils et bases de données pour identifier les cas de plagiat et les contenus générés par l’intelligence artificielle dans les établissements scientifiques et de recherche en Algérie. Ce système sera relié au Système National de Documentation digital (SNDL), qui comprendra, à partir de janvier 2026, de nouveaux abonnements à plusieurs revues et bases de données en libre accès telles que Taylor & Francis Online, Science Direct et Elsevier. Il sera également connecté au portail des bibliothèques universitaires algériennes ( BiblioUniv Algérie). Un portail documentaire ouvert à tous les acteurs universitaires ( étudiants, enseignants chercheurs, responsables des bibliothèques désireux de promouvoir de nouvelles approches et de nouveaux schémas d’organisation et de fonctionnement des Bibliothèques Universitaires). L’objectif est de renforcer les mécanismes de contrôle académique et de consolider les principes d’intégrité scientifique. Ce système national devrait contribuer à l’amélioration de la qualité des recherches universitaires, à leur conformité aux normes internationales, à la réduction du phénomène de plagiat scientifique, ainsi qu’à la promotion de l’innovation et de la production de connaissances originales.
Portée scientifique, éthique et technique
Un tel système garantit l’intégrité académique, favorise la crédibilité de la recherche et renforce la réputation des universités et des institutions de recherche nationales. »
Il offre également de la transparence et de l’équité dans l’évaluation du travail des étudiants et des chercheurs, tout en décourageant les pratiques contraire à l’éthique qui nuit à la qualité de l’enseignement supérieur et de la production scientifique. D’autant que le nouveau système algérien pourra protéger les données académiques sensibles en les conservant sur des serveurs nationaux, assurant ainsi la souveraineté sur la propriété intellectuelle, tout en créant une base de données nationale centralisée des thèses et publications, ce que les outils internationaux ne couvrent pas pleinement.
Un système alimenté par l’I.A.
Selon des spécialistes, l’intégration de l’Intelligence artificielle (I.A.) dans le système national anti-plagiat plagiat pourrait considérablement améliorer ses performances, en permettant la détection de formes plus complexes de plagiat, comme le plagiat par paraphrase ou traduction. Une telle option a été préconisée dans une intitulée « Intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le système national anti-plagiat », qui a montré que les systèmes de détection alimentés par l’IA sont plus efficaces que les systèmes traditionnels, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de contenus reformulés, traduits ou générés de manière synthétique.
Si l’Algérie réussit à mettre en place un tel système, cela pourrait servir de modèle pionnier pour l’Afrique. D’autant qu’une approche continentale renforcerait la coopération académique, permettrait le partage de bases de données de recherche transfrontalières et renforcerait la confiance dans la recherche africaine sur la scène mondiale.
Cela réduirait aussi la dépendance aux outils commerciaux étrangers et renforcerait la souveraineté numérique de l’Afrique.
Synthèse Badis B.
