Par Samir MÉHALLA
Casablanca s’est embrasée. Le peuple marocain, bravant matraques et balles en caoutchouc, a franchi les barrages policiers, bloqué l’autoroute et crié haut et fort ce que le palais redoute d’entendre : la fin de la monarchie et le jugement des corrompus. Des affrontements sanglants secouent la plus grande ville du pays, révélant une colère profonde, accumulée depuis des décennies.
Et pourtant… silence. Pas un mot sur Al Arabiya, pas une image sur Sky News Arabia, pas un souffle sur Al Hadath, pas même une brève sur la prétendue «nouvelle chaîne méditerranéenne». Ces médias, hier hystériques pour semer la discorde entre Algériens et Égyptiens, se transforment aujourd’hui en tombeaux de l’information. Où sont-ils quand un peuple arabe se dresse contre l’injustice ? Ils se taisent, parce que l’ordre vient d’en haut : ne pas montrer l’effondrement d’un royaume ami, ne pas exposer la pourriture d’un système.
Ce silence n’est pas de la prudence journalistique, c’est une complicité. Ces chaînes ne sont pas des médias, ce sont des armes, des projecteurs sélectifs braqués pour déclencher la fitna quand cela arrange leurs maîtres, et pour cacher la révolte quand elle éclate au mauvais endroit. Elles ont fait profession de travestir la réalité, de nourrir la haine entre peuples frères, et de servir des trônes fragiles en sacrifiant la vérité.
Mais la rue marocaine, elle, ne se tait pas. Elle crie, elle saigne, elle casse le mur de la peur. Elle impose au monde l’image d’un peuple qui refuse de vivre à genoux. Face à cela, le mutisme des «chaînes sataniques» sonne comme un aveu : celui de leur hypocrisie, celui de leur lâcheté, celui de leur trahison des peuples arabes.
Un jour viendra où ces officines de propagande devront rendre des comptes, tout comme les régimes qu’elles protègent. Car l’histoire est impitoyable avec ceux qui, face aux cris de la liberté, ont choisi de couper le son et d’éteindre l’écran.
S.M.
