Pour la troisième fois de suite, le président Tebboune a annoncé la tenue d’un dialogue national et des consultations avec les forces vives du pays ajoutant dans la foulée que le dialogue se tiendrait à la fin de l’année en cours et au début de l’année 2026.
Vendredi dernier, le président Tebboune s’est penché sur la question en indiquant que le dialogue national inclusif «est tributaire de la manière dont il sera organisé pour permettre à tout un chacun de s’exprimer, en vue de bâtir une République forte et démocratique sans désordre». Evoquant la participation des partis politiques au dialogue national attendu, le président de la République a déclaré qu’«il faut d’abord évoquer la loi sur les partis, qui permettra de définir leurs obligations», ajoutant que le dialogue «sera plus aisé si un grand nombre de partis y prenaient part», dans l’objectif de «connaître l’avis de la majorité». Le format que doit prendre ce dialogue n’est pas encore déterminé. Mais une chose est sûre.
Le président Tebboune veut y faire participer l’ensemble de la classe politique sans exclusive. Autre nouveauté : le dialogue pourrait déboucher sur des ajustements institutionnels. Ainsi l’édifice institutionnel pourrait le cas échéant être modifié si la majorité de la classe politique présente au dialogue y consent. Cette initiative politique est censée permettre de répondre à ces interrogations et ouverte à toutes les forces politiques du pays, les contours de ce dialogue ne sont toujours pas définis et la date de son organisation pas encore fixée de même que pour l’ordre du jour et enfin la durée de la concertation. Le dialogue national vise à proposer des consultations inclusives afin de forger un consensus, de négocier des réformes ou de définir le processus qui permettra leur mise en œuvre ou d’entamer un processus de réconciliation. Étape hautement politique dans l’organisation d’un dialogue national, la sélection des représentants influe sur la légitimité et le caractère inclusif du processus. Pour aboutir, le dialogue national doit être accompagné d’une série de mesures destinées à limiter les tensions. Il peut s’agir par exemple de mesures visant à instaurer la confiance lorsque l’on s’attend à ce que le dialogue dure longtemps.
Etablir un diagnostic politiciosocioéconomique
C’est l’occasion pour des acteurs qui n’ont pas été représentés politiquement d’exprimer leurs préoccupations, leurs intérêts et leurs doléances. Aussi, la phase préparatoire d’un dialogue national est cruciale car elle détermine de nombreux aspects du processus. Mais s’il existe un sujet qui fait l’unanimité au sein de toute la composante de la société, c’est celui de l’unité nationale et les dangers extrêmes qui menacent le pays. D’autre part, des sujets tels que l’ouverture du champ médiatique et la consolidation démocratique, seront à n’en pas douter au centre des préoccupations de certaines formations politiques. Il faudrait aussi finaliser avant le début du dialogue, la méthode de travail ainsi que le format de la rencontre. Sur le fond, ce rendez-vous est censé établir un diagnostic des situations politique, sociale, et économique, et poser sur la table toutes les grandes préoccupations politiques et sociales du moment. Ses défis sont nombreux : les résultats socio-économiques, ainsi que la crédibilité de la mise en œuvre des résultats du dialogue seront un moment qui se veut fédérateur. La révision du projet du code communal et de wilaya, actuellement en discussion au niveau du Parlement, sera aussi un test révélateur qui déterminera plus ou moins la suite des événements.
Les partis qui ont boycotté les élections générales en 2020 prêteront toute l’attention voulue à cette opération d’autant plus que l’opposition toutes tendances confondues attend impatiemment que le climat politico-médiatique se libère peu à peu des pesanteurs et des blocages de certains cercles tapis dans l’ombre et qui parasitent le travail en profondeur du président Tebboune qui espère à travers le dialogue national boucler la boucle de ses engagements. Mais la ferme détermination du chef de l’État à conduire ce dialogue national sera un élément-clé pour la réussite de cette initiative qui parachèvera l’édifice institutionnel mis en place à partir de la fin de l’année 2024.
Mahmoud Tadjer
