Au lendemain de sa condamnation dans l’affaire du financement supposé par la Libye de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy livre dans Le Journal du Dimanche un plaidoyer offensif où se mêlent colère, défi et volonté de se battre jusqu’au bout.
Synthèse Rédaction de Crésus
Pour l’ancien président français, la décision de justice est une «exécution provisoire» qui viole «toutes les limites de l’État de droit».
«Ce n’est pas moi qui suis humilié, mais la France», martèle-t-il, transformant sa cause personnelle en affaire nationale.
L’ex-chef de l’État français dénonce un acharnement inédit et disproportionné, fruit selon lui d’une instrumentalisation politique et médiatique. «C’est allé encore plus loin que ce que je pouvais imaginer», confie-t-il, dénonçant «un mensonge utilisé à des fins partisanes».
Sarkozy insiste sur son innocence et affirme n’avoir «insulté ni provoqué personne». Il se dit victime d’un système qui refuse de prendre en compte les éléments à décharge, notamment les doutes soulevés autour des fameux documents de Mediapart. À ses yeux, tout repose sur «des faux grossiers», sans valeur probante, mais exploités par ses adversaires pour abattre sa réputation.
L’ancien président se défend d’éprouver la moindre volonté de vengeance : «Je ne suis pas animé d’un sentiment de revanche», dit-il, mais d’un «immense besoin de vérité». Il affirme qu’il mènera le combat «jusqu’au bout» pour que son innocence et son honnêteté soient reconnues. L’épreuve, ajoute-t-il, n’est pas seulement judiciaire, mais aussi morale et familiale : «Je ne renoncerai jamais, même si cela dure plusieurs années.»
Le fondateur de l’UMP, appuyé par son épouse Carla Bruni et ses proches, décrit un sentiment d’isolement face à une machine judiciaire impitoyable. Mais il se dit renforcé par les marques de soutien de ses amis et des Français rencontrés au quotidien. «Les Français voient bien que l’acharnement a dépassé toute mesure», estime-t-il.
Sur son action passée, notamment sur la scène internationale (Libye, otages bulgares, printemps arabes), Sarkozy replace sa trajectoire politique dans une dimension historique, se présentant comme un homme d’État injustement abattu par ses adversaires. «Je ne regrette rien de ce que j’ai fait», affirme-t-il, revendiquant d’avoir toujours servi la France.
Enfin, il rejette catégoriquement l’idée d’une quelconque grâce présidentielle : «Jamais je ne la demanderai, car cela signifierait une culpabilité que je récuse.» Pour lui, seule une décision de justice rendue en son honneur pourra clore l’épreuve.
Dans cet entretien, Nicolas Sarkozy cherche à transformer sa défense en combat patriotique, dénonçant un procès qui, selon lui, dépasse sa personne pour atteindre la République. «On ne pourra jamais me faire mettre un genou à terre», conclut-il, dans un défi lancé autant aux juges qu’à ses détracteurs.
R.C.
