Les propos récents du chef de l’État sur le plan politique semblent avoir ouvert une nouvelle phase de concertation nationale.
Des partis de la majorité comme de l’opposition s’expriment, révélant convergences et nuances dans la vision de l’avenir démocratique du pays.
Une République démocratique forte
Le Front El-Moustakbal a salué les déclarations du président Tebboune, jugeant qu’elles traduisent une vision claire et une volonté politique forte pour bâtir une Algérie démocratique et transparente. Le parti a particulièrement apprécié les mesures liées à la révision de la loi électorale et à la séparation entre l’argent et la politique, y voyant des garanties d’équité. Il estime que cette réforme doit être approfondie pour être conforme à la Constitution de 2020 et permettre aux partis de devenir de véritables partenaires du développement national.
Un signal politique très important
De son côté, le Rassemblement national démocratique (RND), dans une déclaration publiée hier, a affirmé avoir suivi «avec beaucoup d’intérêt et d’appréciation» la rencontre du président Tebboune, qui témoigne «clairement de l’attachement du président aux principes de transparence », renforçant ainsi les fondements de la démocratie participative dans la nouvelle Algérie.
Au sujet du renforcement de la légitimité démocratique et de la création d’un climat électoral favorable, le RND a salué les modifications proposées à la loi électorale et à la loi sur les associations politiques. Ces avancées, poursuit le communiqué, représentent «un signal politique très important quant à la volonté de l’État de renforcer la décentralisation et d’assurer une plus large participation des citoyens, ce qui contribue à consolider la confiance du peuple dans ses institutions».
Des missions à redéfinir
Le conseiller du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), chargé de la communication, Nadir Boulegroun, a déclaré pour sa part que «cette révision, que nous saluons vivement, va permettre aux partis politiques de préciser leurs véritables missions selon une loi dédiée exclusivement à cet effet».
Il a ajouté que «la tâche des partis politiques ne se résume pas uniquement à la participation aux élections. Au contraire, ils ont des devoirs politiques très importants à accomplir. De ce fait, les partis doivent être nationalistes, présents constamment et quotidiennement sur le terrain ainsi qu’au sein des assemblées locales et nationales, afin d’accompagner les citoyens et de répondre aux divers besoins de l’Algérie».
Quant à la vision du FLN pour enrichir cette loi, Boulegroun a révélé la formation par son parti, d’ «une commission spéciale» chargée de cerner «les propositions du Front», dès que le chef de l’Etat annoncera la date des concertations.
Un environnement politique à refonder
Pour sa part, le député du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), Ahmed Sadok, a estimé qu’il est nécessaire de «consolider l’indépendance des formations politiques». Concernant la loi sur les partis, il a affirmé qu’elle «nécessite véritablement une révision et nous valorisons la décision prise par le président de la République».
Évoquant les principaux points appelés à être revus, il a précisé : «Nous devons réexaminer plusieurs aspects de cette loi, notamment la régulation du champ et de la scène politiques, l’itinérance et la représentation politique». «Aujourd’hui, nous avons un grand nombre de partis politiques, mais ont-ils tous réellement un impact sur le terrain et une influence politique ?» S’est-il interrogé, avant d’ajouter que «l’objectif consiste à élaborer une loi complète, qui contribue à l’amélioration de l’environnement politique». La nouvelle loi «doit également consolider l’indépendance des partis, afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle constitutionnel».
L’urgence d’un débat national
Enfin, le premier secrétaire du parti Jil Jadid, Habib Brahmia, a rappelé que «depuis les législatives de 2021 et la présidentielle de 2024, nous n’avons, au sein du parti, jamais cessé d’appeler à une révision de la loi sur les partis». Il faut, selon lui «changer certains articles pour aboutir à un nouveau mécanisme qui permettrait aux partis d’acquérir une meilleure légitimité et de garantir un fonctionnement démocratique réel». À propos du dialogue national, il a précisé qu’il a été annoncé il y a deux ans par le président de la République qui en a reparlé lors de son investiture pour un second mandat. Il a cependant regretté qu’il n’y a jusqu’à aujourd’hui, «eu aucun dialogue», relevant dans la foulée la fermeture des médias.
«Il n’existe aucune possibilité pour les partis politiques d’exprimer les besoins et revendications des citoyens», a-t-il déploré. Selon Brahmia, «il faut aller vers un débat national», car «l’Algérie a besoin de ce dialogue et l’économie, la politique et la question des libertés en dépendent». «L’Algérie a besoin d’action, et c’est maintenant qu’il faut agir», a-t-il conclu.
Ferhat Zafane
