Le président américain Donald Trump tente d’impliquer militairement plusieurs pays arabes et islamiques dans la bande de Ghaza, après l’échec de l’entité sioniste à atteindre ses objectifs au terme de deux années de guerre dévastatrice, qualifiée par les Nations unies d’acte de génocide.
En marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, Trump a réuni mardi soir des dirigeants de pays arabes et islamiques, dont l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie et les Émirats arabes unis.
L’entretien, présenté par Trump comme «très important», a porté sur les moyens de mettre fin au conflit. Mais pour de nombreux observateurs, l’objectif américain est moins de chercher une solution juste que de manipuler les chefs d’États arabes pour les impliquer dans une équation favorable à l’entité sioniste. Les propositions évoquées consisteraient notamment à déployer des forces arabes dans le territoire palestinien, en substitution partielle de l’armée sioniste, et à désarmer les factions de la résistance avant tout arrêt des hostilités.
L’ancien responsable au département d’État américain, Thomas Warrick, estime que Trump pourrait user d’un ton «brutal», en exigeant de ces pays non seulement l’envoi de contingents militaires, mais également le financement des besoins des Palestiniens affamés par le blocus sioniste, tout en œuvrant à l’élimination du Hamas. Sans acceptation arabe sur ces trois points – forces, argent et fin de la résistance – Trump refuserait, selon lui, tout cessez-le-feu.
Dans cette logique, les pays arabes apparaissent comme des instruments dans une stratégie où Washington avance les intérêts de l’entité sioniste sans les assumer pleinement. En donnant l’illusion d’une implication collective, les États-Unis cherchent à présenter au monde une image de médiateur, alors que l’administration Trump agit avant tout comme un relais de l’occupant.
Parallèlement, le Premier ministre sioniste Benyamin Netanyahou, visé par un mandat de la Cour pénale internationale, persiste à promettre la poursuite de la guerre jusqu’à l’élimination du Hamas et à «l’instauration de la paix». Mais selon l’expert sioniste Mohannad Moustapha, Netanyahou redoute qu’un tel plan, même s’il écartait le Hamas, ne soit perçu comme un échec personnel. En promettant depuis deux ans d’éradiquer Ghaza et de réinstaller l’armée, toute concession qui ramènerait une forme de gouvernance palestinienne – même contrôlée – serait pour lui une défaite politique.
Pour ne pas heurter Washington, Netanyahou pourrait se dire prêt à étudier l’option, tout en imposant des conditions intenables : exclusion de l’Autorité palestinienne, maintien d’une présence militaire sioniste dans des zones tampons, liberté d’action pour l’armée. Une tactique déjà utilisée pour vider de leur contenu les précédentes initiatives diplomatiques. Dans son discours devant l’Assemblée générale, Trump a rejeté toute responsabilité sur le Hamas, sans évoquer la tragédie humanitaire des civils ghazaouis ni la responsabilité de l’entité sioniste dans la poursuite du conflit. Pour le chercheur en relations internationales Hossam Chaker, cette position reflète «l’absence totale de processus politique» et confirme que les options américaines visent avant tout à renforcer une équation de domination sioniste. Le dirigeant du Jihad islamique, Mohamed al-Hindi, a lui aussi affirmé que Washington n’était pas sérieux dans sa volonté de mettre fin à la guerre, et se désengageait même de ses propres propositions. Selon Chaker, l’objectif réel de Trump est de gagner du temps pour l’entité sioniste et de présenter l’implication arabe comme une voie de sortie, alors qu’elle reviendrait à décharger Tel-Aviv de ses responsabilités et à consacrer la logique de destruction.
Une manœuvre dénoncée
En réalité, l’administration américaine tente de manipuler les chefs d’États arabes, en les poussant à endosser un rôle sécuritaire qui bénéficierait d’abord à l’entité sioniste. La mise en place de forces arabes dans Ghaza, combinée à un désarmement de la résistance, offrirait à l’armée sioniste un retrait partiel sans contrepartie politique, tout en permettant à Trump de se poser en artisan de la paix. Mais derrière cette façade, il s’agit bien de prolonger la guerre, d’affaiblir la résistance palestinienne et d’ouvrir la voie aux projets de colonisation et de déplacement forcé défendus par l’extrême-droite sioniste.
Pour de nombreux analystes, cette stratégie ne sert ni la paix, ni la stabilité régionale, mais vise seulement à piéger les capitales arabes dans un engrenage où elles assumeraient le coût humain, financier et politique de la guerre, pendant que l’entité sioniste poursuit ses objectifs.
Assia M.
