Alger a accueilli, hier, la 7ᵉ édition des Rencontres afro-européennes des huissiers de justice, un événement qui confirme son rôle croissant sur la scène juridique internationale.
Dans son discours, à l’ouverture des travaux, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a souligné l’importance de cette rencontre, «un acquis majeur pour la grande famille juridique et judiciaire, tant au niveau régional qu’international». Cet événement réunit plus de 180 participants venus de 33 pays répartis sur les continents africain, européen, asiatique et américain, un record pour ce type de manifestation professionnelle, dépassé seulement par le Congrès mondial des huissiers de justice. Le ministre a salué la qualité de cette participation, soulignant qu’elle reflète la compétence et la détermination de l’Algérie à affirmer sa place sur la scène internationale. «Ce n’est pas un hasard si l’Algérie célèbre cet important événement, elle qui maintient une présence africaine remarquée et affirme sa position internationale sur tous les plans», a-t-il déclaré. Au cœur des débats, l’évolution du rôle de l’huissier de justice dans un monde en constante mutation. Le ministre a insisté sur le fait que le rôle de l’huissier va bien au-delà de la simple signification ou exécution d’actes. «Il s’étend bien au-delà, faisant de lui un acteur central du processus juridique à toutes les étapes du contentieux», a-t-il affirmé. Il a également rappelé son importance dans la sécurité juridique et sociale, en consolidant la confiance entre les citoyens et les institutions judiciaires. Dans un contexte de transformations économiques, ce professionnel est aussi un partenaire clé des acteurs économiques, notamment dans l’exécution des contrats et la promotion de la médiation professionnelle, hors du cadre procédural classique. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de réforme engagée par le gouvernement algérien. Le ministre a mis en avant le nouveau Code de procédure civile et administrative, qui introduit des règles innovantes et a insisté sur la nécessité pour les huissiers d’adhérer à la feuille de route tracée par le législateur algérien.
Dans cette optique, la modernisation et la digitalisation du métier sont devenues des impératifs. «La loi incite fortement à la modernisation et à la digitalisation du travail de l’huissier de justice, notamment à travers la certification électronique», a précisé le Garde des Sceaux, soulignant l’importance de la transparence comme garantie pour les investisseurs et les opérateurs économiques. Cette 7e édition confirme l’engagement de l’Algérie à jouer un rôle actif dans la coopération juridique internationale. Elle illustre également la volonté du pays de promouvoir l’échange d’expériences et de compétences, tout en consolidant sa position de carrefour juridique entre l’Afrique, l’Europe et au-delà. «Pour relever les défis actuels, il est nécessaire d’être prêt, de faire preuve d’assiduité et d’adaptation», a indiqué le ministre.
L’huissier, un acteur de confiance
Par ailleurs, Mohamed Reda Dahemri, président de la Chambre nationale des huissiers de justice, estime que le choix de l’Algérie pour abriter cette rencontre prestigieuse consacre les efforts de redéploiement de la profession sur la scène internationale après plusieurs années d’absence. «Il s’agit d’une reconnaissance de la place qu’occupe l’Algérie dans le monde juridique et professionnel. Nous avons aujourd’hui une représentation au bureau exécutif de l’Union internationale et nous entendons jouer un rôle moteur dans son développement», a-t-il déclaré. La conférence se veut également un carrefour d’échanges entre les continents, en favorisant la coopération entre les huissiers d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine.
Ce positionnement est en phase avec l’ambition algérienne de devenir un pôle régional et international dans le domaine de la justice, de la formation juridique et de la modernisation des professions judiciaires. Mohamed Reda Dahemri insiste sur le rôle d’interface que peut jouer l’Algérie grâce à sa situation géographique stratégique et ses relations privilégiées avec l’ensemble de ses partenaires. L’un des axes majeurs de cette rencontre est la transformation numérique du métier d’huissier de justice, notamment à travers l’intégration de la notification électronique dans le projet de nouvelle loi de procédure civile. «L’huissier de justice doit devenir un acteur de confiance, à la fois pour les citoyens, les entreprises et les institutions», explique Dahemri.
Islam K.
