Environ 1,5 millions d’étudiants s’apprêtent aujourd’hui à rejoindre les campus pour l’entame d’une nouvelle année universitaire marquée par une réorientation majeure vers les filières scientifiques et technologiques.
La cérémonie d’ouverture qui aura lieu à partir de l’université Ahmed Benyahia El Ouancharissi de Tissemsilt sera présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, qui avait annoncé auparavant que «65 % des nouveaux bacheliers ont été orientés vers les filières scientifiques, technologiques et d’ingénierie». Et pour garantir une reprise des cours dans les meilleures conditions, le premier responsable du secteur avait présidé la semaine dernière, au siège de son département ministériel, une réunion de coordination à distance entre les cadres du ministère et les présidents des collèges universitaires régionaux, à l’effet de garantir la disponibilité des structures pédagogiques (salles de cours, amphithéâtres, laboratoires, etc.) et les équiper du nécessaire pour accueillir les étudiants dans des conditions adéquates. Il a été également question du suivi de la mise en œuvre de l’enseignement en anglais, l’organisation du volume horaire, l’amélioration et l’organisation des documents pédagogiques mis en ligne et enfin le suivi de la situation des annexes des écoles supérieures pour les enseignants. Cette année universitaire sera marquée par d’importants changements.
En effet, en présentant les grandes nouveautés du secteur, Kamel Baddari a indiqué que « la grande nouveauté de cette année académique s’accompagne de la création de 600 nouveaux parcours liés aux sciences, à l’intelligence artificielle et aux technologies émergentes, traduisant l’ambition de l’Algérie de s’inscrire pleinement dans l’économie de la connaissance. Parallèlement, a-t-il précisé «26 filières traditionnelles jugées obsolètes ont été supprimées», illustrant une rationalisation de l’offre de formation pour mieux répondre aux besoins du marché du travail. Autre spécificité, le volet linguistique qui constitue un axe majeur des réformes entreprises, concerne la généralisation progressive de l’anglais dans l’enseignement supérieur. Concernant le renforcement des capacités d’accueil, la livraison de 28 000 nouvelles places pédagogiques et 9 500 lits supplémentaires dans les cités universitaires est actée. Ainsi, la capacité totale atteindra 1 616 000 places pédagogiques pour près de 1 940 000 étudiants attendus, tandis que la capacité d’hébergement s’élèvera à 737 840 lits répartis sur 491 résidences universitaires. L’extension du réseau des Écoles Normales Supérieures constitue un autre volet important de cette nouveauté, avec un passage à 49 centres de formation à travers le pays grâce à la création de 25 annexes et 24 nouvelles unités au sein des universités.
L’objectif affiché est ambitieux : former 32 000 enseignants d’ici l’année scolaire 2030-2031 pour répondre aux besoins croissants du secteur éducatif. Au plan pédagogique, les programmes ont été révisés pour intégrer des modules en lien direct avec les enjeux contemporains, notamment l’intelligence artificielle, les bases de programmation, l’ingénierie inversée, les logiciels libres et l’entrepreneuriat. C’est pourquoi, conformément aux instructions du président Abdelmadjid Tebboune, deux matières ont été intégrées dans le tronc commun des écoles nationales supérieures à Sidi Abdallah : l’histoire de l’Algérie et l’éducation à la citoyenneté.
C’est dire que cette rentrée universitaire marquera un tournant pour l’université algérienne, qui mise sur l’intelligence artificielle, l’innovation, l’internationalisation et une meilleure insertion professionnelle des diplômés, s’inscrivant dans une vision moderne et prospective de l’enseignement supérieur.
Ferhat Zafane
