Par Rédaction de Crésus
Le quotidien Ouest-France consacre son «grand entretien» à Céline Bardet, juriste internationale spécialisée dans les crimes de guerre. Elle rappelle que le retour de la guerre en Europe, il y a trente ans en ex-Yougoslavie, a marqué toute une génération de juristes et contribué à la création du Tribunal pénal international.
Bardet souligne que les violences sexuelles sont désormais reconnues comme armes de guerre et crimes contre l’humanité, une avancée juridique majeure entérinée dès les années 1990 avec les tribunaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda. Elle dénonce toutefois les failles persistantes : lenteurs judiciaires, manque de moyens, absence de réelle volonté politique et difficultés à protéger les victimes.
Elle insiste aussi sur la dimension universelle du phénomène : des Balkans à la Syrie, de la Libye à l’Ukraine, le viol reste utilisé comme outil de domination et de destruction des communautés. «C’est une arme moins visible que les bombes, mais dont l’impact est tout aussi dévastateur», souligne-t-elle.
Enfin, Céline Bardet pointe les dangers de la désinformation et du négationnisme, qui brouillent les récits et freinent la justice internationale. Pour elle, la lutte contre ces violences exige une mobilisation mondiale durable, au-delà des effets d’annonce.