Si la visite officielle en Algérie de l’envoyé spécial personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan De Mistura, montre l’importance de la diplomatie algérienne dans la résolution des conflits et la promotion de la paix, elle est également de bon augure pour le conflit du Sahara occidental qui date de 1975.
Est-ce à dire que la dernière colonie d’Afrique est en voie d’être libérée de l’occupant marocain ? Ce qui est certain, c’est que l’Afrique ne pourra tourner la dernière page de l’histoire du colonialisme qu’en permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination. Pour l’analyste politique Rachid Allouche, que Crésus a joint hier, «la visite de Staffan De Mistura vise avant tout à préparer la prochaine réunion du Conseil de sécurité prévue en octobre, où il présentera un rapport sur ses avancées dans la région». Tout en soulignant que «l’Algérie, en tant que pays voisin et acteur historique de la région, continue de plaider pour une solution pacifique fondée sur le droit international et le respect des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes», notre interlocuteur a tenu à préciser que «durant cette rencontre l’Algérie a renouvelé son appel pour un dialogue direct et sans préalables entre le Maroc et le Front Polisario, espérant une issue favorable au conflit». Une solution qui, selon l’analyste politique, Rachid Allouche, «doit respecter le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément aux résolutions de l’ONU».
Etayant son argumentaire, l’analyste politique Rachid Allouche a affirmé que «la visite de Staffan de Mistura à Alger, en tant qu’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, ne laisse aucune place au doute : le dossier sahraoui est bel et bien une question de décolonisation, et non pas un simple différend territorial que le Maroc tente désespérément de camoufler sous son plan d’autonomie fallacieux». Et de rappeler qu’«Ahmed Attaf, récemment reconduit dans ses fonctions de chef de la diplomatie algérienne a insisté auprès de son hôte sur l’importance du rôle central des Nations unies dans ce processus». Car il faut savoir, a-t-il ajouté, que «le plan de règlement conjoint ONU-UA, accepté par le Maroc et le Front Polisario, et entériné par le Conseil de sécurité, reste la seule solution viable pour parvenir à l’organisation d’un référendum d’autodétermination et clore le processus de décolonisation du Sahara Occidental».
Et d’ajouter que «le soutien absolu de l’Algérie aux efforts du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et de son envoyé personnel, Staffan de Mistura, vise à relancer le processus de règlement politique du conflit au Sahara occidental sur la base de la charte des Nations unies et des principes de la légalité internationale relatifs à la décolonisation». Interrogé sur l’ambition de l’Algérie dans la résolution de ce conflit qui tend à s’éterniser, l’analyste politique, Rachid Allouche, a indiqué que «la conviction profonde qui anime l’Algérie, est que la seule et unique voie pour parachever le processus de décolonisation au Sahara occidental, est la reprise des négociations directes entre les parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, sans conditions préalables et de bonne foi, afin de parvenir à une solution politique».
Plus précis, notre interlocuteur a souligné que «l ‘Algérie continuera à défendre sans relâche le droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même», rappelant «la nature juridique du conflit du Sahara occidental est une question de décolonisation».
Ferhat Zafane
