L’ancien sénateur Abdelouahab Benzaïm a ravivé le débat sur l’avenir de l’allocation chômage en proposant, dans une récente publication sur sa page officielle Facebook, une réforme en profondeur de ce dispositif social. Sa suggestion : transformer cette aide mensuelle, perçue aujourd’hui par près de deux millions de citoyens, en une «prime de stage temporaire». L’idée part d’un constat largement partagé par les experts et les acteurs économiques. Si l’allocation chômage a constitué une mesure de soutien social décisive en période de crise, son impact sur l’insertion professionnelle reste limité.
Beaucoup de bénéficiaires, notamment parmi les jeunes diplômés, continuent de percevoir cette aide sans perspective réelle d’intégration dans le monde du travail. «Il est temps de passer d’un mécanisme d’assistance à un mécanisme d’insertion active», affirme l’ancien sénateur. Selon les grandes lignes de la proposition, l’allocation chômage actuelle serait remplacée par une prime de stage temporaire. Le montant mensuel passerait de 15 000 à 20 000 dinars, avec l’obligation pour les bénéficiaires de s’engager dans un stage pratique d’une durée de cinq heures par jour. Ces stages seraient ouverts dans l’ensemble des secteurs publics et privés, en fonction des besoins en main-d’œuvre.
Pour Abdelouahab Benzaïm, les retombées seraient multiples. Du côté des bénéficiaires, il s’agirait d’acquérir une véritable expérience professionnelle reconnue, d’améliorer leurs chances de réussite aux concours et d’accéder plus facilement à l’emploi. L’allocation revalorisée constituerait par ailleurs une bouffée d’oxygène dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie.
Un impact positif pour l’économie nationale
L’ancien parlementaire met également en avant les avantages pour l’économie nationale. L’intégration de près de deux millions de stagiaires dans les secteurs clés — santé, éducation, administration, agriculture, bâtiment ou encore services — permettrait de combler une partie du déficit en ressources humaines. «Nous devons transformer cette dépense sociale en investissement productif», insiste-t-il. Selon lui, l’effet serait direct sur la croissance et la productivité, en apportant une contribution tangible au développement national.
La mise en œuvre d’un tel programme nécessiterait cependant un cadre juridique et réglementaire solide. Le ministère du Travail, en coordination avec les agences de l’emploi, serait chargé de superviser le dispositif, tandis que des conventions de partenariat devraient être signées entre l’État et les secteurs économiques concernés. Un système numérique assurerait le suivi des présences, des performances et de la durée des stages. Afin d’encourager l’adhésion du secteur privé, des incitations telles que des exonérations fiscales ou des avantages spécifiques sont également envisagées.
Reste la question des risques. L’exploitation potentielle des stagiaires par certaines entreprises figure parmi les principales inquiétudes. Benzaïm propose à cet égard un encadrement strict et un suivi rigoureux pour éviter les dérives. Sur le plan financier, l’augmentation de l’allocation représenterait une charge supplémentaire pour le budget de l’État. Mais l’ancien sénateur estime que cette dépense serait compensée par la réorientation d’une partie des fonds sociaux vers un mécanisme jugé plus productif et porteur de résultats.
En conclusion, Abdelouahab Benzaïm présente cette réforme comme un «double pari» : offrir une opportunité réelle d’insertion professionnelle aux jeunes demandeurs d’emploi et contribuer, en parallèle, à la relance de l’économie nationale. Son initiative intervient dans un contexte où la question du chômage reste une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics comme pour la société, et où de nouvelles pistes de réforme suscitent un intérêt grandissant.
K.Z.
