C’est avec le slogan «quand le monde reste silencieux, nous mettons les voiles» que s’est lancé, hier, une nouvelle flottille chargée d’aide humanitaire depuis Barcelone pour tenter de rompre le blocus illégal de Ghaza. Cette mission, nommée Global Sumud Flotilla est différente des précédentes. Cette vaste action a été rendue possible par la coalition de plusieurs organisations dénonçant le génocide en cours à Ghaza. Parmi elles, on trouve la «Maghreb Sumud Flotilla», l’organisation malaisienne «Sumud Nusantara», mais aussi la Flottille pour la liberté qui avait affrété le Madleen et le Handala.
Pour rappel, le voilier «Madleen», transportant une douzaine d’activistes français, allemands, brésiliens, turcs, suédois, espagnols et néerlandais à bord, avait été intercepté le 9 juin par les forces sionistes à environ 185 kilomètres à l’ouest de la côte de la bande de Gaza. Ses passagers avaient été expulsés peu après. Même sort pour le Handala qui avait également été arraisonné le 26 juillet. Les membres de son équipage ont été appréhendés par l’armée sioniste. Mais cette fois-ci, les organisateurs de cette mission de sauvetage ont changé de tactique. Avec la Global Sumud Flotilla, l’Etat sioniste ne devra pas empêcher un bateau d’entrer, mais toute une flotte.
Mobilisation record
Les chiffres sont impressionnants. Quelque 18 000 personnes de plus de 160 nationalités ont exprimé la volonté de prendre part à cette expédition. Des dizaines de navires ont appareillé de Barcelone avec à leur bord des centaines de militants issus de 44 pays, dans ce que les organisateurs appellent «la plus grande mission humanitaire de l’histoire».
Et Barcelone ne voit partir qu’une partie de la flottille, puisque celle-ci sera rejointe par d’autres bâtiments le 4 septembre qui devront appareiller notamment depuis la Tunisie et la Sicile. Lors d’un point de presse depuis la Plaça del Rei à Barcelone, Saif Abukeshek a déclaré que le nombre exact serait précisé ultérieurement et que les détails des ports et des navires spécifiques ont été retenus pour des raisons de sécurité. Le groupe estime que la flotte mettra entre sept et huit jours pour effectuer le voyage d’environ 3 000 km (1 620 milles nautiques) jusqu’à Ghaza. Selon le site Web de Global Sumud Flotilla, la coalition comprend un éventail de personnes, parmi lesquels l’activiste Greta Thunberg, l’actrice Susan Sarandon et diverses figures politiques comme l’ancienne maire de Barcelone Ada Colau. Il y a également des humanitaires, des médecins, des artistes, des membres du clergé, des avocats et des marins, qui sont unis par la croyance en la dignité humaine, le pouvoir de l’action non-violente et une seule vérité. Le siège et le génocide doivent cesser.
Mettre fin au génocide
Cette initiative intervient dans un contexte de guerre qui dure depuis près de deux ans. L’offensive militaire menée par l’Etat sioniste a provoqué, depuis le 7 octobre 2023, la mort de plus de 63.000 Palestiniens. L’Etat sioniste impose un blocus naval au territoire de Ghaza depuis 2007. Depuis le début mars, l’Etat sioniste a exercé un blocus sur Ghaza par voie terrestre, interdisant l’entrée de l’aide et arguant que le Hamas la détournait. L’ONU a déclaré la semaine dernière qu’un état de famine régnait dans la bande de Ghaza, un territoire dévasté par la guerre, après que ses experts ont averti que 500.000 personnes se trouvaient dans une situation «catastrophique». Les accusations de génocide, relayées devant la Cour pénale internationale et au sein de l’ONU, donnent à cette flottille une portée symbolique supplémentaire.
La volonté affichée par le Premier ministre sioniste, Benjamin Netanyahu, de lancer un assaut sur la ville de Gaza et de mettre en œuvre sa «solution finale» avec l’occupation totale du territoire palestinien rend encore plus importantes et urgentes les initiatives de grande envergure comme celle de la Flottille, qui sera accompagnée d’actions et de manifestations de soutien à travers le monde pour dénoncer le génocide.
Saïd S.
