Des autorisations d’importation de pneus et de pièces de rechange ont été accordées à 1.800 opérateurs. Une enveloppe de 900 millions de dollars a été allouée pour le premier semestre 2025 pour l’importation de pneus et de pièces de rechange, mais une grande partie de ce montant n’a pas été utilisée.
Depuis le tragique drame d’Oued El-Harrach, le sujet de la disponibilité des pneus est sur toutes les lèvres. Il fait, même, l’actualité. Outre leur indisponibilité sur le marché, les usagers de la route se plaignent de leur prix vertigineux. A ce sujet, le Président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), Mustapha Zebdi, a révélé des informations préoccupantes concernant le dossier de l’importation des pneus et pièces de rechange, sur la base de sources qualifiées de fiables issues du ministère du Commerce. Dans une publication sur sa page officielle, Mustapha Zebdi a précisé qu’une enquête approfondie a été menée par les services du ministère du Commerce intérieur de la Régularisation du marché sur les autorisations délivrés pour la domiciliation bancaire en vue de l’importation, et sur les opérations d’approvisionnement réellement effectuées au cours de l’année 2025 ainsi que celles des années précédentes. L’enquête a mis en évidence d’importants dépassements et défaillances. Selon la même publication, des autorisations d’importation de pneus et de pièces de rechange ont été accordées à 1.800 opérateurs. Selon la publication de l’APOCE, sur les quelque 1800 opérateurs autorisés à importer des pneumatiques et pièces de rechange au premier semestre 2025, seule une minorité a pleinement respecté ses engagements contractuels. Sur ce global, «500 opérateurs n’ont pas tenu leur engagement. Ils n’ont rien importé», affirme Mustapha Zebdi citant des sources fiables au ministère du Commerce. En outre, 700 autres bénéficiaires d’autorisations se sont contentés d’importer le minima, sans, pour autant, atteindre les quotas qui leur avaient été attribués. Soit des quantités insuffisantes. En revanche, seules 600 opérateurs, soit environ un tiers, ont respecté leurs obligations en mettant sur le marché national les quantités exigées.
Un impact financier direct
Une situation qui révèle un dysfonctionnement dans le respect des procédures et soulève des interrogations sur les mécanismes de contrôle et la rigueur du suivi dans ce secteur. En outre, cette situation a eu un impact financier direct. «Une enveloppe de 900 millions de dollars a été allouée pour le premier semestre 2025 pour l’importation de pneus et de pièces de rechange, mais une grande partie de ce montant n’a pas été utilisée», révèle le même responsable. Cependant, une part importante de ces fonds n’a pas atteint l’objectif escompté, en raison du non-respect des engagements par certaines entreprises. Pire. En dépit de cet état de fait, la même somme «sera à nouveau mise à disposition pour le second semestre 2025», souligne Mustapha Zebdi. Cette situation contraindra les autorités à allouer à nouveau la même somme (900 millions de dollars) pour le second semestre de l’année afin de couvrir les besoins du marché. Ce qui double la charge financière pour le Trésor public.
Des opérateurs blacklistés
En réponse à ce manquement, «les autorités prévoient de placer les entreprises n’ayant pas respecté leurs engagements sur une liste noire, afin de garantir une meilleure efficacité à l’avenir». L’intervenant a affirmé que cette situation a poussé le ministère du Commerce à inscrire les opérateurs contrevenants sur une «liste noire» en guise de sanction. Cette mesure vise à assainir le secteur et à garantir que seuls les opérateurs sérieux et fiables puissent accéder aux ressources publiques et aux licences d’importation. Et cela, en attendant la mise en place de mesures plus strictes contre les contrevenants et qui se rendent coupables de manquements aux quotas fixés ou de manipulations dans les opérations d’importation.
Ces révélations surviennent alors que les plaintes des consommateurs se multiplient concernant la rareté des pièces de rechange et la hausse des prix des pneus sur le marché. Les résultats de cette enquête constituent ainsi une véritable alerte pour le gouvernement quant à la nécessité de revoir en profondeur le marché de l’importation des pièces de rechange et des pneus.
D’autant que la production nationale est encore en pleine gestation. Alors que les besoins du marché national en matière de pneumatiques sont estimés à plus de 7 millions d’enveloppes par an
Badis B.
