La résolution, adoptée lors la réunion de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), tenue hier à Jeddah pour examiner l’agression sioniste continue contre le peuple palestinien, a exprimé son rejet et sa ferme condamnation de l’annonce par l’État sioniste de son plan visant à imposer une occupation et un contrôle militaire total sur la bande de Ghaza, ainsi que de tout projet visant à déplacer le peuple palestinien sous quelque prétexte que ce soit. La résolution considère ces projets comme «une escalade grave et inacceptable, une tentative de consolider une occupation illégale et d’imposer un fait accompli par la force».
La résolution appelle au respect du droit international humanitaire, du droit international des droits humains et des résolutions de l’ONU. Elle tient, par ailleurs, l’État sioniste pleinement responsable des crimes de génocide, de la catastrophe humanitaire sans précédent et de la famine qui sévit dans la bande de Ghaza. Comme elle exige l’ouverture de tous les points de passage et l’autorisation immédiate et inconditionnelle d’entrée de l’aide humanitaire sans entraves et en quantité suffisante, y compris nourriture, médicaments et carburant, tout en garantissant la liberté d’action des agences de secours et des organisations internationales et humanitaires, en premier lieu l’UNRWA.
Des sanctions envisagées
La résolution souligne l’importance d’une réaction internationale responsable face au constat du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), adopté par les Nations unies, qui a confirmé officiellement pour la première fois l’existence d’une famine à Ghaza. À ce titre, la résolution rend l’État sioniste directement responsable de ce crime et de ses conséquences, et appelle la communauté internationale à une action urgente en activant tous les mécanismes d’urgence internationaux afin de garantir l’acheminement immédiat et suffisant de l’aide humanitaire et alimentaire à Ghaza.
Dans cette résolution, les ministres de l’OCI insistent sur la nécessité de soumettre le dossier des crimes de famine et du blocus sioniste de Ghaza à la Cour pénale internationale. Ils demandent également l’activation des mécanismes de la Cour internationale de Justice et invitent les États membres à soutenir l’exécution des mandats d’arrêt déjà émis, ainsi qu’à envisager des sanctions contre l’occupant sioniste, y compris l’arrêt des transferts d’armes et la révision des relations diplomatiques et économiques.
Les ministres saluent les efforts de médiation menés par l’Égypte, le Qatar et les États-Unis pour parvenir à un cessez-le-feu et à un échange de prisonniers, tout en accusant l’entité sioniste de refuser les propositions de trêve pourtant acceptées par la partie palestinienne. La résolution condamne également les attaques contre les infrastructures civiles, l’assassinat de journalistes et l’attaque contre la liberté de la presse (238 journalistes tués), le terrorisme des colons, ainsi que les violations répétées des lieux saints islamiques et chrétiens. Elle met en garde contre les discours de radicalisation comme la vision dite du «Grand Israël», considérée comme une menace directe à la paix et à la sécurité internationales.
La question des prisonniers palestiniens a aussi été abordée. La résolution cite les menaces adressées à Marwan Barghouti et réclame une enquête indépendante sur les cas de torture, de disparitions forcées et d’exécutions sommaires, tout en appelant à assurer une protection internationale pour les détenus et le peuple palestinien face à ce qu’elle qualifie de «crimes d’occupation et de déplacement systématique».
Al-Qods a occupé une place particulière dans la réunion. Le Conseil salue les efforts du roi Abdallah II de Jordanie en sa qualité de gardien des lieux saints, ainsi que ceux du roi Mohammed VI par le biais du Comité d’Al-Qods et de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Al-Charif. Les conclusions de la conférence internationale tenue en juillet à Dakar sont rappelées comme un outil de mobilisation supplémentaire pour préserver l’identité culturelle, religieuse et démographique de la ville sainte.
L’Algérie saluée
La dimension diplomatique a été mise en avant, l’OCI se félicitant des positions d’États ayant reconnu ou annoncé leur intention de reconnaître l’État de Palestine en septembre prochain et exhortant les autres à franchir ce pas. L’Algérie, le Pakistan et la Somalie, membres non permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont été particulièrement salués pour leur action diplomatique en faveur de la Palestine. Le texte souligne les efforts de l’Algérie, sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune dans le cadre de sa présidence du Conseil de sécurité, ainsi que ceux du Pakistan pour promouvoir l’unité de la Oumma islamique.
Enfin, les ministres mandatent le secrétaire général de l’OCI pour assurer le suivi de cette résolution, qui comprend 38 points, et en présenter les résultats lors de la prochaine session du Conseil.
Saïd S.
