Alors que les tensions commerciales et le différend sur le pétrole avec la Russie s’intensifient, le président américain, Donald Trump, a proposé, vendredi, Sergio Gor, son chef du personnel présidentiel, au poste d’ambassadeur des États-Unis en Inde. Une proposition en dépit des controverses en cours entourant le passé de Gor et une querelle publique avec Elon Musk au sujet de la falsification présumée de documents fédéraux. Une nomination intervenant à un moment où les relations entre les États-Unis et l’Inde sont confrontées à des tensions importantes liées à des différends commerciaux et des achats de pétrole russe. Trump a menacé d’augmenter «substantiellement» les tarifs douaniers sur les produits indiens après le maintien par l’Inde de son commerce énergétique avec la Russie, qui représente désormais 39% des importations de pétrole de l’Inde contre 2,5 % avant la guerre.
Parcours et qualifications
Selon le rapport du New York Times, Gor a travaillé auparavant pour le sénateur Rand Paul et a entretenu des relations étroites avec l’entourage de Trump, notamment avec Donald Trump Jr. Il a aidé à créer une maison d’édition qui a versé des millions à Trump pour la production de livres lorsqu’il était hors du pouvoir et a dirigé un super comité d’action politique (PAC) soutenant le président en 2024, fortement soutenu par Isaac Perlmutter, ancien cadre de Marvel Entertainment.
Une trajectoire semée d’embûches
La nomination est compliquée par les accusations publiques du PDG de Tesla Inc. (NASDAQ:TSLA), Elon Musk, selon lesquelles Gor «a délibérément menti sur son lieu de naissance sur des formulaires fédéraux», le qualifiant de «crime grave».
Le différend a dégénéré après que Gor aurait poussé Trump à retirer la nomination de Jared Isaacman à la NASA, ce qui a encore tendu les liens de Musk avec la Maison-Blanche. Une attitude ayant amené Elon Musk a le qualifier de «serpent».
Selon les médias américains, Gor est né en Ouzbékistan en 1986, dans l’ex-Union soviétique. Son nom de famille était à l’origine Gorokhovsky, qu’il a abrégé. Cependant, la Maison-Blanche maintient que Gor a fait l’objet d’une enquête de sécurité appropriée et qu’il détient l’habilitation de sécurité nécessaire.
Un envoyé spécial en Asie
En plus d’avoir été nommé ambassadeur en Inde, Gor a également été désigné envoyé spécial pour les affaires d’Asie du Sud et d’Asie centrale. Selon le site officiel du Département d’État américain, «le Bureau des affaires d’Asie du Sud et d’Asie centrale supervise la politique étrangère des États-Unis et ses relations avec l’Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, le Kazakhstan, le Kirghizstan, les Maldives, le Népal, le Pakistan, le Sri Lanka, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan». Le cumul de ces deux fonctions est inhabituel, et il n’est pas encore clair ce que cela impliquera pour l’Inde.
Quel impact sur les relations avec l’Inde
Si l’on se fie aux propres mots de Trump, le signal peut être interprété de deux façons. «Pour la région la plus peuplée du monde, il est important que j’aie quelqu’un en qui j’ai une totale confiance pour exécuter mon agenda et nous aider à RENDRE L’AMÉRIQUE À NOUVEAU GRANDE !», a-t-il écrit sur Truth Social. Or, comme Trump est agacé par New Delhi en raison de son commerce avec la Russie et de son refus d’ouvrir son secteur agricole aux importations américaines, il n’est pas encore clair quel est exactement son «agenda». Si certains estiment que la proximité de Gor avec Trump donnera plus de poids aux négociations avec l’Inde, ce n’est pas l’avis d’autres. Citant une source anonyme «familière du dossier», le site américain Politico relève que «le président envoie un signal fort au gouvernement Modi en envoyant un émissaire très proche de lui. Sergio est un signe clair que les négociations doivent être sérieuses et que tous les messages viennent directement du président».
Néanmoins, cité dans le même article, Steve Bannon, ancien conseiller de Trump, reste sceptique. «A-t-il une connaissance approfondie des questions de politique indienne ? Non, mais c’est un apprenant rapide», a-t-il affirmé.
R.N.
