La lecture de la section sur l’Etat sioniste rend difficile d’accorder un quelconque crédit à un tel document.
Il accable l’Algérie et blanchit l’entité sioniste, les deux poids, deux mesures de Département d’Etat américain. Ce dernier vient de rendre public son rapport 2024 sur les droits de l’homme dans le monde. Brossant un tableau de la situation des droits humains dans le monde, pays par pays, le rapport annuel du département d’État est généralement publié au printemps. Le retard dans sa publication semble obéir à la volonté de Trump de l’adapter à ses désidératas. D’ailleurs, ce rapport est, dès sa parution, contesté de toute part. «Les mesures prises par l’administration Trump pour édulcorer et politiser ces rapports compromettent leur objectif même et nuisent à la crédibilité du département d’État lui-même», a fustigé la semaine dernière le sénateur démocrate Chris Van Hollen, selon un communiqué.
Outil politique
Le rapport annuel du département d’État américain sur la situation des droits humains dans le monde, publié le mardi 12 août, a été drastiquement expurgé, s’autorisant des critiques sélectives en fonction de la politique étrangère de la Maison-Blanche. L’administration Trump «a considérablement réécrit et réduit le rapport annuel du gouvernement américain sur les violations des droits humains dans le monde», résume la BBC. Selon le Washington Post, le département d’Etat utilise les rapports sur les droits humains comme un outil politique, en mettant l’accent sur les problèmes de liberté d’expression qui ont principalement touché ses alliés, tout en minimisant les graves rapports de torture et d’abus dans les pays partenaires.
Un exemple édifiant
La section sur l’entité sioniste, par exemple, est beaucoup plus courte que celle de l’édition de l’année dernière, rédigée sous l’administration Biden, et ne contient aucune mention de l’agression contre la bande de Ghaza. Le document fait abstraction de la grave crise humanitaire à Ghaza, fait l’impasse sur les exactions, la famine, le ciblage des journalistes, les bombardements indiscriminés sur les populations civiles, les villes et villages rasés, les bombardements contre les hôpitaux, les tortures. Dans son rapport, le département US dresse un tableau idyllique de l’entité sioniste. Le cynisme du rapport est poussé à son paroxysme puisqu’il attribue toutes les exactions au seul fait des Palestiniens et à l’évènement du 7 octobre. Le rapport mentionne que «les organisations terroristes Hamas et Hezbollah continuent de cibler sans discrimination des civils israéliens, en violation du droit des conflits armés», passant sous silence les presque 63 000 civils victimes de l’armée sioniste depuis le 7 octobre 2023.
Quand le bourreau devient victime
Dans son rapport, le département US s’émeut que des «otages revenus de captivité du Hamas ont témoigné avoir été privés de nourriture, d’eau et de soins médicaux en quantité suffisante, et avoir subi d’autres formes de violences physiques et psychologiques». Le département US semble être le seul à ne pas voir ce que toute la planète constate, à savoir l‘utilisation par l’entité sioniste de la faim comme arme de guerre mettant en péril la vie de près 500 000 civils palestiniens à Ghaza. Faisant la promotion du système judiciaire sioniste, le rapport explique, en théorie, que le droit israélien interdisait généralement les arrestations et détentions arbitraires et garantissait le droit de toute personne de contester la légalité de son arrestation ou de sa détention. En pratique, les faits sont autres.
Assassinat de journalistes
Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, des milliers de Palestiniens arrêtés puis détenus par Israël dans le cadre de la guerre qu’il mène à Ghaza l’ont été en grande partie au secret et ont été soumis, dans plusieurs cas, à un traitement pouvant s’apparenter à de la torture, y compris des abus sexuels sur des femmes et des hommes. Alors qu’un black-out médiatique est instauré sur Ghaza et que, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), quelque 192 journalistes ont été tués depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023, le département US fait l’éloge de loi sioniste qui selon le rapport garanti la liberté d’expression, y compris pour les membres de la presse et des autres médias. Allant à l’encontre de toutes les institutions internationales qui condamnent l’Etat sioniste pour violation du droit international et des droits humains, le département US nie l’évidence.
Deux poids, deux mesures
Une évidence que le département US nie concernant le cas de l’Algérie. Dans leur rapport, les rédacteurs accablent l’Algérie qu’ils accusent de tous les maux. C’est ainsi qu’on apprend l’existence de «disparitions, torture ou peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, arrestation et détention arbitraires, restrictions graves à la liberté d’expression et à la liberté des médias, notamment violences ou menaces de violence contre les journalistes, arrestations et poursuites injustifiées contre des journalistes, et censure, restrictions de la liberté religieuse, traite des personnes, y compris le travail forcé, et violences ou menaces contre des militants syndicaux ou des membres de syndicats».
Toute une panoplie inexistante au sein de l’entité sioniste, présentée comme le chantre des droits de l’homme. Décidément, le monde est à l’envers.
Saïd S.
