Le Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA) organisera, ce mercredi 20 août, une conférence historique intitulée «La dimension unitaire du Congrès de la Soummam», en parallèle de la Journée nationale du Moudjahid. L’événement, inscrit dans le cadre des commémorations du double anniversaire des attaques du Nord-Constantinois (1955) et du Congrès de la Soummam (1956), se tiendra dans la salle des conférences de la wilaya de Béjaïa, en coordination avec les autorités locales.
Animée par le Dr Mohamed Lahcen Zeghidi, co-président de la commission conjointe d’historiens algériens et français, la conférence mettra en lumière l’importance stratégique et symbolique de la rencontre d’Ifri Ouzellaguen, véritable pierre angulaire de l’organisation de la Révolution algérienne. Le HCA souligne que cette initiative dépasse le simple cadre commémoratif. Elle ambitionne de rappeler la pertinence toujours actuelle des principes établis en 1956 : unité nationale, légitimité institutionnelle et construction démocratique. En ce sens, l’événement s’inscrit dans la dynamique de la «nouvelle Algérie», fondée sur les valeurs de pluralisme, de mémoire et de continuité historique. La conférence marquera également la seconde phase du programme de jumelage entre les communes de Timimoun et d’Akbou, dans une volonté de rapprocher les territoires à travers la valorisation d’une mémoire collective partagée.
Un tournant fondateur
Il y a 69 ans, presque jour pour jour, le 20 août 1956, le village d’Ifri (wilaya de Béjaïa) accueillait dans une stricte clandestinité le premier congrès du Front de Libération Nationale (FLN). Une réunion décisive, à laquelle prirent part de grandes figures de la Révolution : Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane, Zighoud Youcef, Krim Belkacem, Amar Ouamrane, Lakhdar Bentobbal, ainsi que de nombreux autres moudjahidine. Sous la présidence de Ben M’hidi, avec Abane Ramdane en tant que secrétaire du Congrès, les participants procédèrent à une analyse rigoureuse des deux premières années de guerre, dressant un état des lieux précis de la situation militaire, logistique, sociale et politique. Le Congrès déboucha sur des résolutions historiques : création de six wilayas militaires, mise en place d’un Conseil national de la Révolution et d’un Comité de coordination et d’exécution, lancement d’une presse révolutionnaire, organisation de tribunaux et de services sociaux pour les victimes de guerre… autant de jalons annonçant la naissance d’un État algérien moderne. Cette rencontre constitua une étape cruciale dans la structuration de la lutte armée et dans la projection vers l’indépendance. Aucun aspect n’y fut négligé : soutien aux orphelins, moyens de communication, organisation militaire et encadrement politique. Le Congrès de la Soummam a ainsi donné cohérence et légitimité au mouvement indépendantiste. Il permit au FLN de s’imposer face à d’autres forces politiques et de gagner en crédibilité sur la scène internationale. Aujourd’hui encore, le Congrès de la Soummam est commémoré comme un acte de souveraineté et d’organisation dans une guerre marquée par la souffrance mais aussi par une détermination inébranlable.
Des cérémonies sont organisées chaque année à Ifri, haut lieu de mémoire, afin de rappeler l’unité d’un peuple en marche vers sa liberté. En ces temps de mutations, la remémoration de ce moment fondateur s’impose comme un rappel nécessaire de l’unité et de la clairvoyance qui ont conduit à la libération de l’Algérie. La voix des bâtisseurs de la Soummam résonne encore, comme un appel à poursuivre, avec lucidité et détermination, la marche vers un avenir partagé.
Islam K.
