Les propriétaires des autobus de transports de passagers vétustes ont un délai de six mois pour les remplacer par des véhicules neufs.
Un drame sans précédent a endeuillé la capitale avant-hier en fin d’après-midi. Un bus de transport de passagers a chuté d’un pont dans le lit de l’oued El-Harrach, causant la mort de 18 personnes et blessant 24 autres, selon un bilan officiel de la Protection civile. Ce terrible accident, survenu à 17h46, a déclenché une mobilisation massive des secours, tandis que l’émotion gagne le pays.
Dès l’alerte reçue, les services de la Protection civile de la wilaya d’Alger ont déployé un dispositif d’envergure : 25 ambulances, 16 plongeurs et 4 embarcations semi-rigides ont été mobilisées pour mener les opérations de secours et d’évacuation. Les blessés ont été pris en charge sur place, puis transférés vers l’hôpital Zmirli d’El-Harrach. Quant aux corps des victimes, ils ont été acheminés vers la morgue du même établissement.
Les causes exactes de l’accident restent à déterminer. Selon les premiers éléments, le bus aurait dévié de sa trajectoire avant de chuter du pont. Une enquête est ouverte pour faire toute la lumière sur ce drame. Le ministre des Transports, Saïd Sayoud, s’est rendu sur les lieux peu après les faits. Il a indiqué que la vitesse excessive semble la première cause, tout en précisant que le véhicule était à jour de ses contrôles techniques.
Face à l’émotion suscitée par l’accident, des mesures immédiates ont été annoncées. Sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, tous les bus de transport en mauvais état ou ayant plus de 30 ans de service seront progressivement retirés de la flotte nationale. Une période maximale de six mois est accordée aux propriétaires pour renouveler leurs véhicules. Le ministère des Transports s’est engagé à faciliter cette transition. Il a, également, déclaré, dans un communiqué, que désormais, toute enquête liée à un accident mortel de la route inclura une vérification des auto-écoles concernées, afin d’examiner les conditions d’obtention des permis de conduire. Selon le ministre de la Santé, Abdelhak Saïhi, qui s’est rendu sur les lieux, les victimes venaient de plusieurs wilayas, dont 13 d’Alger. Treize blessés sont toujours sous surveillance à l’hôpital Zmirli. Il a également salué le courage de dix citoyens qui, sans hésiter, ont plongé dans l’oued pour venir en aide aux passagers. Tous ont été examinés médicalement et se portent bien. Parmi les survivants, deux jeunes filles ont pu être extraites du bus grâce à l’intervention rapide des habitants, et se trouvent actuellement dans un état stable.
Une compensation d’un million de dinars
Par ailleurs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné d’octroyer une aide financière exceptionnelle d’un million de dinars aux familles endeuillées. L’annonce a été faite par le ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, qui a précisé que les modalités de versement seront communiquées prochainement dans une note officielle.
Le président Tebboune, selon les propos du ministre, a également réaffirmé sa volonté d’accélérer les réformes dans le secteur du transport public, devenu un point de tension pour les citoyens.
Une opinion publique en colère
Cette tragédie a déclenché une vague de questionnements sur les réseaux sociaux et au sein de l’opinion publique. Nombreux sont ceux ayant exprimé leur colère dénonçant la vétusté des bus, le manque de pièces de rechange, l’état des routes, les retards dans leur entretien, et le laxisme dans les examens de contrôle technique. D’autres ont dénoncé l’imprudence de certains conducteurs de bus, parfois peu formés, ou peu soucieux des règles de sécurité, notamment en ce qui concerne la vitesse et la surcharge.
Une tragédie révélatrice
Ce drame met en lumière les failles persistantes dans la sécurité routière et la vétusté d’une partie du parc de transport public. Il relance également le débat sur la formation des conducteurs et le respect des règles de conduite. Les autorités ont promis des réformes, mais l’émotion reste vive au sein de la population, endeuillée par cette perte tragique. L’Algérie pleure aujourd’hui un lourd tribut payé à l’imprudence routière et à un système de transport qui appelle, plus que jamais, à être profondément réformé.
Islam K.
