Le 23 juillet 2025 s’est tenu à Rome le cinquième sommet intergouvernemental Italie–Algérie, coprésidé par la Présidente du Conseil italienne Giorgia Meloni et le Président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Visant à renforcer la coopération bilatérale, cette rencontre a été rehaussée par la tenue du Forum Entrepreneurial Italie–Algérie, coprésidée par le Président Tebboune et la présidente du Conseil des ministres italiens, Georgia Melloni. Une manifestation couronnée par la signature de plus de 40 accords bilatéraux de coopération, confirmant l’exceptionnalité du partenariat stratégique entre Alger et Rome.
La dimension énergétique
L’énergie a occupé une place centrale dans l’agenda du sommet, comme en témoigne la participation de l’administrateur délégué d’ENI, Claudio Descalzi, et du PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi. Néanmoins, cette dimension énergétique, qui caractérise historiquement les relations entre l’Italie et l’Algérie, n’éclipse pas les autres accords conclus. En dépit du fait que la dimension énergétique demeure au cœur des relations entre les deux pays, les échanges commerciaux se étendus à une collaboration économique plus large au fil des ans.
Rome a toujours maintenu des relations solides avec Alger, renforcées au début du nouveau millénaire avec la signature du Traité d’amitié, de coopération et de bon voisinage. Suite à ce traité, une longue série d’accords ont été signés dans les secteurs d’intérêt bilatéral (notamment énergie, commerce, sécurité, migration et culture), ainsi que la présence d’un grand nombre d’entreprises italiennes opérant en Algérie.
En 2022, en réponse à la crise énergétique européenne, conséquence du conflit russo-ukrainien, les relations algéro-italiennes sont entrées dans une nouvelle phase. L’Algérie s’est engagée à augmenter significativement ses livraisons de gaz vers l’Italie, devenant un fournisseur alternatif stratégique au marché italien. En 2024, le commerce algérien avec l’Italie a atteint une valeur totale de 15,9 milliards de dollars, dont 10,7 milliards en exportations de gaz et de pétrole raffiné, certes, en baisse de 23,5% par rapport à l’année précédente en raison de la chute des prix du gaz, mais avec un excédent commercial de 8,6 milliards de dollars en faveur de l’Algérie. Principal fournisseur de gaz de l’Italie, l’Algérie couvre t environ 36% du total des importations italiennes de gaz par gazoduc. L’Italie représente le premier marché d’exportation du gaz algérien, toujours via gazoduc, avec une part supérieure à 40%.
La portée des accords
La coopération algéro-italienne s’est ainsi développée en une relation stratégique fondée sur le long terme. Les derniers accords sont venus consolider les précédents. Ils portent sur les énergies renouvelables, les infrastructures électriques et le développement local, témoignant d’une volonté de diversification et d’une projection vers une transition propre.
Un apport à la Méditerranée
Dans le cadre de la promotion de la transition énergétique dans les pays méditerranéens, la coopération entre l’Algérie et l’Italie devrait aller bien au-delà du secteur énergétique, en s’étendant au développement local et à la coopération industrielle, notamment les technologies de la transition. Une coopération guidée par une approche synergique. Diplomatie, politique et industrie doivent travailler main dans la main pour promouvoir des priorités nationales et internationales partagées. En fournissant des compétences ciblées dans les technologies des énergies renouvelables, la modernisation des réseaux et la gestion durable des ressources, l’Italie peut contribuer concrètement au développement des infrastructures locales.
Des projets collaboratifs et co-développés, tels que des hubs transfrontaliers pour les énergies renouvelables ou des initiatives de recherche conjointes, pourraient renforcer la coopération entre les deux pays, garantissant une transition cohérente et efficace. Cette approche soutient non seulement les objectifs de décarbonisation de l’Algérie, mais consolide aussi le rôle des deux pays en tant que partenaires clé et hub des renouvelables pour l’avenir méditerranéen.
Badis B.
