L’utilisation des eaux traitées pour irriguer les anciennes palmeraies s’inscrit dans une vision intégrée de développement durable et de préservation des nappes souterraines. C’est ce qu’a indiqué hier le ministre des Ressources en eau, Taha Derbal.
Lors de sa visite dans la wilaya de Timimoune, le ministre a inauguré la nouvelle station d’épuration des eaux usées dans la wilaya. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de gestion durable des ressources hydriques, visant à revitaliser les palmeraies ancestrales de la région et à encourager l’agriculture locale à travers l’irrigation à partir des eaux traitées.
Dotée d’une capacité de traitement de plus de 13 000 m³ par jour, la station emploie un procédé tertiaire de traitement, permettant une réutilisation sans restriction de l’eau pour l’irrigation agricole. Selon les déclarations du ministre, cette infrastructure jouera un rôle essentiel dans la protection de l’environnement, la lutte contre les maladies hydriques, mais aussi dans la sécurité alimentaire et la création d’emplois agricoles.
Dans le cadre de cette visite, le ministre a également inspecté le projet de réhabilitation de la grande foggara de la commune de Metarfa, un système d’irrigation ancestral situé à 120 km au sud de Timimoune. Ce patrimoine hydraulique, vital pour l’agriculture oasienne, fera l’objet d’une enveloppe financière de 200 millions DA, allouée en première tranche par le ministère.
Le système des foggaras bénéficie d’une attention particulière des autorités, à leur tête le président de la République, a souligné le ministre, insistant sur l’importance de préserver de moderniser ces infrastructures traditionnelles pour assurer la résilience agricole face aux défis climatiques.
Une gestion intégrée et rationnelle de l’eau
Au cours de la même visite, Taha Derbal a mis en service un forage profond destiné à l’alimentation en eau potable de l’aéroport de Timimoune, contribuant à améliorer la desserte en eau potable du chef-lieu de la wilaya. Il a également assisté à une présentation sur les indicateurs du service public de l’eau dans la région, abordant les progrès réalisés, les difficultés persistantes et les projets à venir.
Il a donné des instructions claires pour accélérer les études de raccordement de l’ensemble des rejets aux stations d’épuration, dans une logique de gestion intégrée et rationnelle de l’eau.
Pour rappel, ces initiatives locales s’alignent avec les directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui, en janvier 2025 lors de la célébration du 50ᵉ anniversaire de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), avait fixé comme objectif la récupération de 30% à 40% des eaux traitées par les STEP d’ici 2027. Ce programme ambitieux vise à irriguer jusqu’à un million d’hectares de terres agricoles grâce à la réutilisation des eaux épurées.
Selon les services du ministère de l’Hydraulique, plusieurs axes ont été définis pour atteindre cet objectif, notamment le rattrapage du retard en matière d’infrastructures d’assainissement, la mise en place d’un mécanisme efficace de gestion et de formation et la réhabilitation du patrimoine hydraulique existant.
Des projets économiquement viables
Grâce à ces efforts, le réseau national d’assainissement avait atteint près de 97 000 kilomètres à fin 2023, permettant notamment l’élimination d’un grand nombre de rejets illicites et de fosses septiques non conformes.
Cette visite ministérielle, marquée par l’inauguration de plusieurs projets structurants, s’inscrit dans le cadre de la volonté des pouvoirs publics d’orienter la politique de l’eau vers des modèles durables, résilients et économiquement viables. L’accent mis sur la réutilisation des eaux usées, la préservation des ressources souterraines, et la valorisation des savoir-faire traditionnels comme les foggaras, témoigne d’un engagement fort en faveur du développement équilibré des régions sahariennes.
Islam K
