L’Algérie vient une nouvelle fois de se distinguer sur la scène scientifique internationale grâce au talent et à la persévérance de ses jeunes chercheurs. Hier, Lakhdar Hamidatou, diplômé de l’École nationale polytechnique de Constantine, a été honoré lors de la prestigieuse cérémonie de remise du prix Eni 2024, en présence du président italien Sergio Mattarella, au Palais du Quirinal à Rome.
Le prix ENI, considéré comme l’une des plus hautes distinctions mondiales dans le domaine de l’énergie et de l’environnement, récompense chaque année des chercheurs dont les travaux ouvrent des perspectives concrètes pour la transition énergétique et la protection de l’environnement. Lakhdar Hamidatou s’est vu décerner le prix dans la catégorie «Jeunes talents d’Afrique», une reconnaissance réservée aux chercheurs les plus prometteurs du continent.
Dans son intervention, le lauréat a exprimé sa fierté et sa vision : «Recevoir le prix Eni n’est pas seulement une reconnaissance des réalisations passées. C’est une étincelle pour l’avenir que je m’engage à façonner en matière de transformation et d’innovation énergétiques».
Son projet, qui a retenu l’attention du jury international, consiste en un kit de refroidissement amovible pour panneaux photovoltaïques commerciaux. Cette innovation, validée expérimentalement, repose sur l’utilisation de matériaux biosourcés à changement de phase (PCM), capables de réguler la température des panneaux et d’optimiser leur rendement, tout en utilisant des ressources respectueuses de l’environnement. Une solution qui pourrait, à terme, contribuer à améliorer la performance des installations solaires dans les zones à fort ensoleillement, y compris en Algérie.
Cette distinction ne marque pas un aboutissement mais une étape. Lakhdar Hamidatou bénéficiera d’une bourse pour poursuivre un doctorat dans une université italienne de renom, où il pourra perfectionner ses recherches et envisager de nouvelles applications industrielles.
Une génération engagée
Au-delà du parcours individuel, cette reconnaissance internationale témoigne du potentiel scientifique algérien. Les succès comme celui de Lakhdar Hamidatou sont le fruit d’une volonté de formation d’excellence, malgré les défis rencontrés par le secteur de la recherche. Ils démontrent que l’Algérie n’est pas seulement un pays doté de ressources naturelles, mais aussi d’un capital humain capable de contribuer à la révolution énergétique mondiale.
Depuis sa création en 2008, le prix Eni a reçu plus de 11 000 candidatures issues des quatre coins du globe. L’évaluation, menée par un comité comprenant notamment six lauréats du prix Nobel, confère à cette distinction un prestige particulier. Être primé dans ce cadre place le chercheur algérien dans un cercle très restreint d’innovateurs dont les travaux peuvent influencer les politiques énergétiques et les choix industriels.
Un signal fort pour la recherche nationale
Ce type de reconnaissance internationale devrait encourager les autorités, les universités et le secteur privé à investir davantage dans la recherche appliquée. Les innovations technologiques dans le domaine des énergies renouvelables, telles que celles mises au point par Lakhdar Hamidatou, peuvent non seulement améliorer la compétitivité économique du pays, mais aussi répondre aux enjeux de durabilité et de transition énergétique.
L’exemple de ce jeune lauréat rappelle qu’avec un accompagnement adapté, les chercheurs algériens peuvent rivaliser avec les plus grands laboratoires du monde. C’est un appel à créer un écosystème favorable à l’innovation, où les idées peuvent passer rapidement de la phase expérimentale à la mise en œuvre industrielle. Les réussites individuelles, lorsqu’elles sont soutenues et valorisées, peuvent inspirer toute une génération de jeunes talents, contribuant ainsi à renforcer l’image d’une Algérie tournée vers l’avenir.
En récompensant Lakhdar Hamidatou, la communauté scientifique internationale salue non seulement une invention prometteuse, mais aussi la capacité de l’Algérie à former des chercheurs de haut niveau. Ce succès illustre combien les talents nationaux, lorsqu’ils sont encouragés et reconnus, peuvent devenir les ambassadeurs d’un pays qui veut inscrire son nom dans le futur de la science et de l’énergie.
Assia M.
