L’expert en énergie, Ahmed Mechraoui, a estimé que « l’Algérie a fait le pari stratégique de se tourner vers le secteur minier, rompant ainsi avec sa dépendance historique vis-à-vis des hydrocarbures. Cette décision reflète une volonté de diversification, de l’économie nationale et une prise de conscience des opportunités offertes, par le développement minier ».
Ainsi, selon l’expert, en investissant dans ce secteur, « l’Algérie vise à stimuler la croissance économique, à créer de nouveaux emplois, et à renforcer sa position sur les marchés mondiaux des matières premières».
Raisons pour lesquelles, l’expert n’est pas allé par trente-six chemins pour affirmer que «le secteur névralgique des mines constitue l’un des piliers de l’industrie en Algérie, et ouvre des perspectives d’avenir prometteuses», non sans mentionner les richesses minières de l’Algérie, notamment «Ghara Djebilet pour le fer et le phosphate, dans la région de Béchar, le zinc à Béjaïa, l’or dans le désert, ainsi que d’autres minerais précieux, qui ont été valorisés dans le pays». Pour notre interlocuteur, «l’essor de l’activité minière ne se limitera pas au marché intérieur. Grâce à des infrastructures qui ne cessent d’être modernisées et une capacité de production croissante, le pays est bien positionné, pour devenir un exportateur majeur sur la scène internationale».
Etayant son argumentaire, Ahmed Mechraoui a indiqué que «la demande croissante de produits sidérurgiques, en Afrique, en Europe et en Asie, offre des opportunités significatives, pour l’expansion des exportations algériennes. Jusqu’à la fin de 2024, les exportations, hors hydrocarbures, ont totalisé plus de 6 milliards de dollars, parmi lesquelles une part significative était constituée de produits issus de l’industrie sidérurgique», a-t-il ajouté.
En termes de chiffres, il va sans dire que les prévisions de l’expert en énergie, tiennent la route dès lors que, selon lui, «L’Algérie ambitionne de produire 12 millions de tonnes d’acier, dans la mine de Gara Djebilet d’ici à 2026. Cela nécessite la fourniture de 20 millions de tonnes de minerai de fer (4 millions de tonnes de concentré de fer ».
Pour ne citer que la mine de Ghara Djebilet, notre interlocuteur a indiqué que «mise en exploitation en 2022, cette mine qui est l’une des plus importante au monde avec des réserves de plus de 3,5 milliards de tonnes de fer, va permettre, d’alimenter la sidérurgie nationale et de substituer les importations, en matières premières, estimées à 2 milliards de dollars, et d’exporter des quantités importantes de produits fabriqués, et, aussi, créer quelque 3.000 emplois».
Propos recueillis par Ferhat Zafane
