Devant régir la vie politique du pays, la loi sur les partis politiques et celle relative aux élections ont fait l’objet d’intenses concertations au sein des partis à forte représentativité, afin d’instaurer un cadre plus structuré et d’encourager la transparence. À cet effet, deux groupes de travail chargés d’élaborer les propositions de loi sur ces deux sujets ont, après près de deux mois de concertations, achevé leurs travaux. La mouture finale devra être soumise aux autorités compétentes au mois de septembre prochain. Des partis tels que le FLN, le RND, El Moustakbal et El Bina, formant la majorité parlementaire, ont en commun plaidé, entre autres, pour des propositions consensuelles garantissant la transparence et l’intégrité, afin de combler les lacunes existantes dans la pratique politique et électorale.
Transparence et démocratie interne
Joint hier par nos soins, le chargé de communication du RND, Belkacem Djir, a indiqué que «pour tirer des leçons des scrutins passés, le RND a formulé des propositions concrètes pour l’amendement de la loi sur les partis politiques et la loi électorale». Plus précis, mais sans être prolixe, Belkacem Djir a insisté sur la nécessité d’apporter des modifications substantielles aux articles relatifs à la lutte contre l’argent sale. En filigrane, il a évoqué l’impératif de repenser les modalités du processus électoral afin d’en garantir l’intégrité et la transparence. L’objectif est d’aboutir à une réforme en profondeur capable de renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral et d’assurer ainsi une participation importante aux différents scrutins. Concernant la loi sur les partis politiques, notre interlocuteur a surtout mis l’accent sur «la démocratie interne au sein des partis, la transparence financière, le respect des règles électorales et l’adaptation aux évolutions sociétales, tout en veillant à la conformité constitutionnelle».
Renforcer la lutte contre la corruption
Pour sa part, le député et responsable de la communication du Mouvement El Bina, Mohamed Hamou, a fait savoir que sa formation politique a surtout mis l’accent sur l’interdiction du nomadisme politique des élus du peuple. «En instaurant des lois plus strictes contre la corruption et l’achat des voix, et en ouvrant la voie au renouvellement des élites, cela permettra une plus large participation des compétences nationales à la gestion des affaires publiques», a-t-il souligné. «Pour ce qui est de la loi électorale, nous avons suggéré des modifications visant à garantir un processus électoral plus transparent et inclusif, en tenant compte des spécificités locales et en facilitant l’accès au vote pour tous les citoyens en âge de voter», a-t-il ajouté.
Ouverture du champ politique
De son côté, le Front des forces socialistes (FFS), par la voix de son membre du Conseil national, Djamel Baloul, s’est dit extrêmement attaché au fait que «la nouvelle loi sur les partis politiques doit impérativement réhabiliter les partis comme acteurs essentiels dans la gestion des affaires publiques».
«Nous devons garantir l’accès des Algériennes et des Algériens à la participation politique, en facilitant l’ouverture du champ politique et médiatique», a-t-il indiqué, estimant qu’«il est crucial de lever toutes les contraintes liées aux autorisations d’activités politiques et d’accès aux médias». Il a ajouté qu’un élu qui quitte son parti doit systématiquement perdre son mandat. Désireux de connaître la position du Front de Libération nationale, Samir Bouhadja, que nous avons sollicité, nous a appris qu’une conférence de presse est prévue «dans les prochains jours» afin d’éclairer l’opinion publique à ce sujet.
Ferhat Zafane
