Joint hier par la rédaction de Crésus, le politologue Mustapha Heddam a déclaré que «la lettre du président français à son chef du gouvernement a jeté un pavé dans la mare des relations entre les deux pays, en ce sens que, jusque-là, il avait adopté une position plutôt réconciliatrice, contrairement à son ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui avait fait une fixation maladive sur l’Algérie et les Algériens». Poursuivant son argumentaire, notre interlocuteur a tenu à souligner que «l’extrême-droite, qui fait la pluie et le beau temps notamment en ce qui concerne l’Algérie, refuse d’admettre que l’ère des colonies est révolue.
La politique française, otage des injonctions de ces courants extrémistes, est incapable de produire une politique étrangère tenant compte de la métamorphose que vit l’Algérie, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune». S’étant trompée une nouvelle fois, selon lui, sur les changements majeurs en Algérie, «la France, du moins une certaine frange nostalgique de l’Algérie française, semble oublier que l’époque de l’Algérie de papa relève d’un passé douloureux et n’a plus raison d’être», a-t-il précisé. Il a ajouté que «ces extrémistes, qui continuent d’évoluer dans le moule colonialiste, sont hélas convaincus que la pression peut imposer sa volonté».
Propos recueillis par F.Z.
