La coopération sécuritaire transfrontalière a été mise en avant comme une priorité, avec un appel à une approche intégrée basée sur le renforcement des capacités nationales, l’échange d’informations et la surveillance coordonnée des frontières.
Lors de la séance, jeudi, du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la paix en Afrique de l’Ouest, le groupe «A3+», composé de l’Algérie, de la Somalie, de la Sierra Leone et du Guyana, a renouvelé son engagement ferme à soutenir les pays de la région dans leur lutte contre le terrorisme, la consolidation de la confiance politique et l’accélération du développement économique et social.
Au nom du groupe, le représentant permanent de la Sierra Leone auprès de l’ONU, Michael Imran Kanu, a souligné l’importance d’appuyer les États membres et les mécanismes régionaux, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans leurs efforts visant à restaurer la stabilité et à garantir une paix durable.
Le groupe a également insisté sur l’application immédiate et complète de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, qui vise à renforcer la lutte contre le terrorisme. Il a rappelé l’obligation pour tous les États membres de respecter leurs engagements, en particulier dans la prévention et la lutte contre le financement des groupes terroristes.
Le représentant a alerté sur une montée sans précédent des violences terroristes et de l’extrémisme dans la région, avec des attaques coordonnées menées par des groupes armés aux liens étroits avec les réseaux internationaux de trafic et de criminalité organisée. Ces groupes exploitent des armes sophistiquées et les nouvelles technologies, ce qui suggère un soutien extérieur et un financement continu.
Face à cette menace multidimensionnelle, le groupe A3+ a appelé à intensifier le travail diplomatique pour renforcer la confiance politique dans la région, tout en saluant le rôle central joué par la CEDEAO. La coopération sécuritaire transfrontalière a été mise en avant comme une priorité, avec un appel à une approche intégrée basée sur le renforcement des capacités nationales, l’échange d’informations et la surveillance coordonnée des frontières.
Coordination entre l’UA et la CEDEAO
Par ailleurs, le groupe s’est félicité du renforcement de la coopération entre l’Union africaine et la CEDEAO, notamment dans les domaines de la sécurité et du dialogue politique, et a encouragé à exploiter pleinement les mécanismes africains existants, tels que le Comité des services de renseignement et de sécurité africains et le Centre africain de lutte contre le terrorisme.
La nomination d’un envoyé spécial de l’Union africaine pour la région du Sahel a été saluée comme une avancée majeure vers une réponse africaine plus cohérente et efficace face aux défis sécuritaires.
Sur le plan humanitaire, le groupe a mis en garde contre la détérioration de la situation due aux déplacements massifs de populations et aux tensions communautaires, qui représentent une menace sérieuse pour la stabilité régionale. Il a également pointé du doigt l’impact aggravant des crises climatiques, notamment les inondations et la sécheresse, appelant à une intervention urgente pour éviter un effondrement humanitaire plus grave.
Ces appels interviennent alors que la région du Sahel est confrontée à une complexité croissante, mêlant insécurité, crises humanitaires et défis socio-économiques. La pauvreté endémique, le chômage élevé, ainsi que les tensions ethniques et sociales, alimentent un cercle vicieux où le terrorisme prospère sur les frustrations locales.
Le groupe A3+ a ainsi rappelé la nécessité d’adopter une approche globale, intégrant à la fois les aspects sécuritaires, politiques, économiques et sociaux pour assurer une paix durable. Il a souligné que seule une mobilisation régionale et internationale coordonnée, respectueuse des souverainetés nationales, pourra offrir des solutions pérennes.
Enfin, l’engagement renouvelé d’«A3+» reflète l’importance que ces pays accordent à la stabilité du continent africain, soulignant que la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel est une priorité qui requiert solidarité, vigilance et coopération renforcée entre toutes les parties prenantes.
A.M.
