Cette tendance à la hausse a débuté en 2023 avec l’intensification des violences, en particulier en Somalie et dans la région du Sahel.
Le nombre de victimes des cellules terroristes affiliées aux «groupes djihadistes islamiques» en Afrique a dépassé les 22 000 morts en 2024, selon un rapport du Centre d’études stratégiques pour l’Afrique (ACSS). Le rapport révèle que la région du Sahel a été la plus touchée. Les groupes terroristes en Afrique ont provoqué la mort de plus de 150 000 personnes au cours de la dernière décennie, et continuent de représenter une source majeure d’instabilité sur cinq fronts du continent, selon ce que rapporte le site «DefenseWeb». Dans son rapport, le Centre africain d’études stratégiques a révélé qu’entre 2016 et 2019, 10 774 personnes ont trouvé la mort suite à des attentats terroristes, principalement dans le Sahel, la Somalie, le Mozambique, l’Afrique du Nord et le bassin du lac Tchad. Ce chiffre est monté à 13 950 décès annuellement entre 2019 et 2022, avant d’atteindre les 22 315 décès par an entre 2022 et 2025. Un niveau qualifié de «record de létalité». Cette tendance à la hausse a commencé en 2023 avec l’intensification des violences, en particulier en Somalie et dans la région du Sahel. En effet, selon la même source, l’escalade de la violence au Sahel et en Somalie a entraîné une hausse de 60% des morts liées aux groupes islamistes, selon l’ACSS. Le rapport précise que le Sahel à lui seul a comptabilisé 10 685 morts en 2024, soit environ la moitié des victimes du terrorisme sur le continent, suivi par la Somalie, qui a enregistré 7 289 morts, soit près du tiers du total. Avec le bassin du lac Tchad (Nigéria, Cameroun, Tchad et Sud-Est du Niger), ces trois régions comptent, à elles seules, 99% des décès liés aux islamistes militants en Afrique cette dernière année.
Mainmise sur les territoires
Le rapport note également une intensification des combats et opérations armées dans les cinq principales zones d’activité des groupes extrémistes en Afrique : le Sahel, la Somalie, le nord du Mozambique, l’Afrique du Nord et le bassin du lac Tchad. Le nombre de morts s’est élevé à 15 678, soit une hausse de 14% par rapport à l’année précédente.
Selon l’étude, près de 950 000 kilomètres carrés de terres peuplées ont échappé au contrôle des États africains en raison de l’emprise des groupes extrémistes. Cette superficie équivaut à peu près à celle de la Tanzanie, et une grande partie de ces territoires se trouve dans la région du Sahel. Au cours de la dernière décennie, la Somalie et les pays du bassin du lac Tchad ont été les deux théâtres les plus touchés par la violence, chacun représentant généralement au moins un quart des victimes annuelles. Toutefois, le Sahel a surpassé ces régions depuis 2022, devenant la zone la plus meurtrière.
En conséquence, la Somalie et le Sahel sont désormais les régions ayant enregistré le plus de morts liées aux actes terroristes au cours des dix dernières années (plus de 49 000 chacune), tandis que le bassin du lac Tchad a enregistré environ 39 000 décès durant la même période.
Les théâtres de la mort
Alors que la situation s’est détériorée dans quatre des cinq théâtres, l’Afrique du Nord a connu une amélioration sur la dernière décennie, avec une baisse régulière des événements violents et des morts liées aux groupes islamistes, depuis 2016, année où la région avait connu un pic avec 3 731 morts. Au cours des trois dernières années, le nombre de morts en Afrique du Nord s’est établi à un peu plus de 30 par an. En Algérie, 13 incidents violents ont été enregistrés en 2024, faisant 17 morts, dont trois liés à une petite cellule armée composée de combattants étrangers, probablement affiliés à Daech. Ces individus seraient venus de Syrie pour collecter des fonds au profit du réseau djihadiste mondial. Le rapport souligne enfin que la Libye reste un point de transit ainsi qu’un centre de soutien logistique et financier pour les groupes actifs dans le Sahel. Les autorités libyennes ont arrêté deux ressortissants syriens qui facilitaient le passage de combattants de la Syrie vers le Mali via le territoire libyen.
Synthèse Badis B.
