En réitérant son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, le président américain balaie d’abord d’un revers de la main ses «bonnes intentions» envers l’Algérie, et réaffirme par la même occasion, son mépris envers le droit international, comme il l’a montré avec le génocide de Ghaza.
«Je tiens (…)à réaffirmer que les États-Unis d’Amérique reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, et qu’ils soutiennent la Proposition d’Autonomie marocaine, sérieuse, crédible et réaliste, comme seule base pour un règlement juste et durable de ce différend», a souligné le président américain dans son message adressé au roi du Maroc à l’occasion de la fête du Trône. Trump a affirmé que «les États-Unis d’Amérique attachent un grand prix au partenariat fort et durable qui nous lie au Maroc. Ensemble, nous œuvrons à faire avancer nos priorités communes en faveur de la paix et de la sécurité dans la région, notamment en nous appuyant sur les Accords d’Abraham, en luttant contre le terrorisme et en élargissant le champ de la coopération commerciale qui profite à la fois aux Américains et aux Marocains».
Quasiment le même «message» qu’il a adressé le 8 juillet dernier au président Abdelmadjid Tebboune, avec en moins cet «appui» sur les Accords d’Abraham. Avec Tebboune, Donald Trump a également insisté sur la paix dans la région tout en évitant d’évoquer explicitement le Sahara occidental. «Ensemble, nous avons accompli des avancées en faveur de la stabilité régionale, de la lutte contre le terrorisme et du renforcement de la sécurité aux frontières, au bénéfice de notre sécurité et de nos relations économiques», avait-il écrit dans son message au chef de l’Etat, rappelant que la coopération algéro-américaine est «aujourd’hui dans une phase où nous œuvrons à construire un avenir plus sûr et plus prospère pour les Américains comme pour les Algériens». Un message également porté sur l’aspect économique, ce qui semble beaucoup plus intéresser Trump au détriment d’une vraie paix régionale. En insistant avec Mohamed VI sur les accords d’Abraham, Trump semble lui rappeler la condition sine qua non, qui a conduit les Etats-Unis, lors de son premier mandat, à «soutenir» le plan marocain. «Je me réjouis d’avance de pouvoir poursuivre notre collaboration pour la promotion de la stabilité, de la sécurité et de la paix régionales», conclut le Président des États-Unis d’Amérique.
Son message intervient au lendemain de la visite de Massad Boulos, son conseiller principal pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient dans la région, ses déclarations au sortir de l’audience que lui a accordée le président Tebboune, sont quasiment une copie conforme au message de Trump du 8 juillet. Boulos qui était accompagné de Joshua Harris, sous-secrétaire adjoint au Département d’Etat, a dit avoir écouté le point de vue du président de la République concernant «les défis cruciaux auxquels l’Afrique et la région tout entière sont confrontées, ainsi que les nombreuses opportunités qui s’offrent à nous», sans trop s’y étaler soulignant juste que les Etats-Unis et l’Algérie «partagent un intérêt commun pour un monde plus pacifique et plus stable». De quelle paix parlent Trump et ses conseillers, si d’un côté ils soutiennent sans conditions le criminel Netanyahou et son armée génocidaire, tout en soutenant un autre occupant de la dernière colonie d’Afrique, le Sahara occidental, classé territoire non autonome par l’ONU ? La lecture faite par l’ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, à propos de «changement de position» de Trump par rapport au dossier sahraoui, s’avère fausse. Donald Trump est un homme d’affaire.
Et la paix et la sécurité dans le monde sont le dernier de ses soucis. S’il veut amener l’Algérie à accepter «un arrangement» ou un recul sur ses positions de principe, c’est seulement par la voie de la légalité internationale qu’il faut passer. La question du Sahara occidental est une question de décolonisation. Trump ne le sait que trop bien.
M.A.
