Une entreprise égyptienne du nom de Lezzet a commencé à fabriquer et à commercialiser un produit agroalimentaire du nom d’El Morgania à tout point de vue identique à El Mordjene.
A l’heure où l’Algérie commence à fabriquer et à exporter des produits à l’étranger qui obtiennent des succès grandissants, il semble que certains pays contrefaisant les produits algériens connaissent un succès croissant à l’exportation. Bien que l’Algérie ait réussi à tripler ses exportations hors hydrocarbures depuis 2017, la contrefaçon représente un défi majeur pour son économie. A titre d’exemple, une entreprise égyptienne du nom de Lezzet a commencé à fabriquer et à commercialiser un produit agroalimentaire du nom d’El Morgania à tout point de vue identique à celui fabriqué par l’entreprise algérienne Cebon avec sa célèbre pâte à tartiner El Mordjene. Le produit égyptien contrefait est très bien imité, ce qui rend difficile leur distinction des originaux. Le produit égyptien y ressemble à tout point de vue à la marque algérienne avec un logo rouge avec la marque cette fois-ci de Lezzet. Son illustration d’une femme avec un voile.
En dessous, il est écrit en plus petit : Les Nugatte grillées. Sur les côtés (partiellement visibles), plusieurs pictogrammes de certifications, mais le texte n’est pas lisible en détail avec le slogan : «Préparez-vous à la nouvelle tentation ! La légende est de retour mais avec un goût que vous n’avez jamais essayé auparavant ! Nouveau chez Lezzet». La société algérienne, à n’en pas douter, va prendre les choses en main du point de vue juridique pour faire stopper cette arnaque à grande échelle. Les autorités publiques et principalement le ministère du Commerce extérieur sont appelés à agir de concert avec la société Cebon pour interdire la vente de ce produit contrefait et qui porte atteinte à l’image de marque de la firme algérienne sans compter les conséquences financières qui en découlent. La contrefaçon est une source d’évasion fiscale, ce qui menace l’équilibre économique des Etats. Les services douaniers algériens disposent, depuis le 15 juillet 2002, d’un cadre réglementaire pour lutter contre ces fléaux. En partenariat avec leurs homologues internationaux, les services des douanes assurent une veille se traduisant par des alertes à la contrefaçon. Les douanes algériennes ont été primées par l’Organisation mondiale des douanes en 2007 et en 2008 pour leurs efforts contre la contrefaçon. La contrefaçon au sens juridique est un délit qui consiste à porter atteinte aux différents droits de la propriété intellectuelle.
Pour rappel, le 13 septembre 2024, son importation est interdite dans l’Union européenne sur la base du règlement no 2292/2022, du fait qu’elle contient du lait, qui bien que produit en France, est transformé en Algérie. Le ministre français de l’Agriculture a justifié cette interdiction, basée sur une «demande d’information» : «L’Algérie ne remplissant pas l’ensemble des conditions nécessaires pour permettre à un pays tiers d’exporter vers l’Union européenne des marchandises contenant des produits laitiers destinés à la consommation humaine dans le respect des exigences européennes en matière de santé animale et de sécurité sanitaire des aliments». Victime de son immense succès en France l’année dernière, El Mordjene a été immédiatement suspendu. La veille du blocage de la cargaison, l’enseigne Carrefour a indiqué vouloir commercialiser le produit une fois qu’il aura passé les obstacles administratifs. En Angleterre, ce produit algérien cartonne- la boîte est vendu à 10 euros – et n’a pas laissé indifférents producteurs et concurrents du monde entier. Plébiscitée par de nombreux Tiktok Eurs, la pâte à tartiner El Mordjene est devenue un phénomène de consommation en France. Sur les réseaux sociaux, on a pu voir des palettes entières s’écouler en un temps record et des clients vanter la texture et le goût «incroyable» de ce produit algérien. Seulement voilà, l’Union européenne a décidé d’en interdire la vente sur le continent. Ce qui n’empêche pas des sites internet de proposer illégalement la fameuse pâte à tartiner de la marque Cebon. Dans un message posté sur page Facebook, le 11 septembre dernier, la marque Cebon a précisé qu’elle ne disposait d’aucune boutique en ligne officielle. «Aucune autorisation n’a été accordée à des tiers pour créer des sites de vente en ligne à notre place, que ce soit en Algérie ou à l’international.
Des procédures légales seront engagées afin de poursuivre toute tentative d’usurpation», a indiqué l’entreprise. Il est donc crucial pour l’Algérie de prendre des mesures pour protéger ses produits et lutter contre la contrefaçon. Cela pourrait inclure la mise en place de lois et des réglementations plus strictes pour lutter contre la contrefaçon et protéger les marques algériennes et offrir un soutien aux entreprises locales pour qu’elles puissent se défendre contre la contrefaçon et améliorer la qualité de leurs produits. En prenant ces mesures, l’Algérie peut protéger ses industries et garantir la pérennité de ses exportations.
Mahmoud Tadjer
