Sollicité pour analyser l’aspect économique de la visite du chef d’État libanais en Algérie, le politologue Mustapha Bourzama, a souligné que «le Liban traverse actuellement une crise profonde qui affecte tous les aspects de la vie, y compris la reconstruction après les multiples épreuves qu’il a subies. Cette crise se caractérise par une instabilité économique, politique et sociale, rendant difficile la réhabilitation du pays et de ses infrastructures».
Il a ajouté que «les agressions menées par l’entité sioniste, qui cherche à transformer le Sud et l’Est du Liban en un autre Gaza, ont détruit un grand nombre d’infrastructures civiles et de services publics essentiels. Entre octobre 2023 et décembre 2024, ces attaques ont causé la mort de plus de 4 000 personnes et le déplacement de plus d’un million d’autres».
C’est pourquoi, selon lui, «le Liban a aujourd’hui besoin d’une aide conséquente pour se reconstruire. Cette épreuve de reconstruction implique non seulement la réhabilitation des bâtiments et infrastructures endommagés, mais également le rétablissement des institutions et des structures de gouvernance».
Mustapha Bourzama a particulièrement insisté sur le secteur portuaire, affirmant que «au-delà des travaux d’urgence nécessaires pour garantir les importations vitales du Liban, les ports doivent être reconstruits selon une vision globale et moderne».
Face à cette situation de détresse, l’Algérie est, selon lui, «l’un des rares pays au monde à avoir décidé de venir en aide à ce pays frère».
Cosider et autres
Concrètement, l’expert en questions politiques a estimé que «pour la reconstruction des édifices détruits, l’Algérie dispose de moyens considérables pour intervenir efficacement, notamment à travers des entreprises telles que Cosider, qui a fait ses preuves dans les domaines de la construction et des infrastructures routières».
«Le Liban a également besoin de ressources financières pour se relever», a-t-il souligné, en expliquant que «compte tenu de l’insolvabilité du pays et de son manque de réserves de change, l’aide internationale est essentielle pour assurer un redressement et une reconstruction durables».
Et de conclure : «L’Algérie, par la voix de son président, s’est dite prête à renforcer les relations bilatérales et à aider le Liban à surmonter ses difficultés».
À l’appui de ces intentions, Mustapha Bourzama a rappelé «la reprise, dès le mois d’août, des vols à destination de la capitale libanaise, Beyrouth. Une décision stratégique qui, non seulement contribuera à sortir le Liban de son isolement, mais marquera également un jalon important dans la connectivité aérienne et le renforcement des liens économiques entre les deux pays».
Ferhat Zafane
