Un Conseil des ministres leur a été presque exclusivement consacré au mois de juin dernier, des prix de transports étudiés avec promotions de vols à la portée de tout le monde ainsi que des facilités douanières et administratives accordées et pourtant la grande ruée des Algériens de l’étranger n’est pas au rendez-vous, contrairement à l’année dernière.
De leur côté, les compagnies aériennes et maritimes ont lancé des promotions et des offres permettant aux membres de la diaspora de passer l’été en Algérie sans se soucier du budget à dépenser. Les vacances d’été sont une période de forte affluence pour la diaspora, qui profite de la période estivale pour rendre visite à leur famille et se ressourcer. Les visites de la diaspora peuvent être motivées par des raisons familiales, culturelles, ou encore pour des raisons touristiques.
Pourtant cette année, les Algériens résidant à l’étranger et plus particulièrement venant de France qui composent la majeure partie de cette communauté ont été moins nombreux à se rendre en Algérie. Alors que le mois de juillet s’achève, la grande ruée n’est toujours pas là, contrairement aux années précédentes. Selon le député Mohamed Hani, membre de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, «il y a moins de membres de la communauté nationale établie à l’étranger qui sont entrés en Algérie dans la première partie de cet été 2025». Pourtant, s’étonne le parlementaire, les prix du transport aérien et maritime sont «très largement accessibles» par rapport aux tarifs appliqués ces dernières années. Selon Hani, s’il y a moins d’émigrés qui ont choisi leur pays d’origine comme destination de vacances c’est peut-être à cause de la cherté de l’offre touristique en Algérie. Les prix appliqués par des infrastructures touristiques sont excessivement chers, pour des installations et une qualité de service qui ne sont pas toujours au top. «Il faut débourser au moins de 12.000 DA pour une chambre d’hôtel en Algérie, c’est cher», pointe-t-il. De son côté, le député des Algériens de France, Abdelouahab Yagoubi, affirme qu’il ne possède aucune statistique pour le moment. «Je n’ai aucune statistique», dit-il.
Pour l’heure, aucune statistique officielle ne permet pour le moment de le confirmer ou de l’affirmer avec certitude, mais l’impression est partagée par de nombreux observateurs. Mustapha Zebdi, président de l’Association algérienne de protection et de défense des consommateurs (Apoce), pointe la cherté des billets d’avion au début de la saison estivale, et les prix élevés des hôtels, pour expliquer la baisse du nombre de touristes issus de la diaspora cette année en Algérie. «La cherté des hôtels algériens n’est pas un phénomène récent. Nous avons déjà soulevé ce problème depuis des années. En Algérie, les prix des hôtels sont élevés par rapport à ceux pratiqués ailleurs. Une chambre d’hôtel à 20.000 DA par nuit, c’est excessif», explique-t-il. L’année dernière, le pays a accueilli 3,3 millions de touristes, dont 2,2 millions de touristes étrangers et 1,1 million de visiteurs appartenant à la diaspora algérienne.
L’État vise à accueillir plus de 12 millions de visiteurs étrangers en 2030. Pour atteindre cet objectif, il a adopté plusieurs mesures, notamment une exemption de visa pour les touristes étrangers visitant le Sud, ainsi qu’une possibilité de renouvellement automatique des visas à l’arrivée. En juin dernier, lors d’un Conseil des ministres, le dossier de l’accueil des membres de la diaspora algérienne à l’étranger qui viennent passer les vacances d’été en Algérie a été évoqué.
M.T.
