Depuis 2015, les crises mondiales se sont amplifiées mais pas la solidarité financière internationale.
Représentant le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Nadir Larbaoui, participe, aujourd’hui à Séville (Espagne), à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4).
Cette 4e Conférence internationale des Nations Unies sur le financement du développement, qui se tient jusqu’au 3 juillet, réunira des gouvernements et des organisations internationales, ainsi que des institutions financières, des entreprises et des représentants de la société civile, dans le but d’examiner les réformes urgentes nécessaires au financement des besoins mondiaux en matière de développement. La FFD4 a pour objectif d’établir un cadre mondial renouvelé de financement permettant de mobiliser des volumes de capitaux plus importants à moindre coût.
Le document préliminaire appelle à des mesures visant à promouvoir des investissements axés sur les ODD et à réformer l’architecture financière internationale, afin de permettre le changement dont le monde a urgemment besoin. Ces conférences internationales sur le financement du développement constituent le seul forum où les grands décideurs se réunissent au plus haut niveau pour renforcer la coopération internationale.
La FFD4 représente, donc, une opportunité unique de réformer le financement à tous les niveaux, y compris en donnant une impulsion à la réforme de l’architecture financière internationale, et de relever les défis qui freinent l’investissement urgent nécessaire à la réalisation des ODD. Parallèlement au programme officiel de la FFD4 qui comprendra six tables rondes multipartites, plus de 300 événements auront lieu entre le 30 juin et le 3 juillet 2025 à Séville.
Un contexte difficile
Dix ans après le sommet d’Addis-Abeba (FFD3), qui avait abouti à l’Agenda d’action pour le financement du développement durable, les attentes sont grandes. Car depuis 2015, les crises mondiales se sont amplifiées mais pas la solidarité financière internationale. Les pays du Sud ont vu leur marge de manœuvre budgétaire se réduire, étranglés par des dettes toujours plus lourdes, souvent envers des créanciers privés intransigeants, et par une aide publique au développement (APD) en recul.
Dans de nombreux pays, le poids des remboursements absorbe une part disproportionnée des ressources publiques, au détriment des besoins sociaux essentiels. Dans son dernier rapport annuel, le United Nations Sustainable Development Solutions Network (SDSN) a mis en avant qu’à l’échelle mondiale, aucun ODD ne devrait être atteint en 2030 au regard du rythme actuel des différentes avancées, avec toujours moins de 20 % des cibles étant sur la bonne voie pour être atteintes en 2030.
Le rapport met en lumière le besoin urgent de repenser l’architecture financière internationale pour contribuer à l’atteinte des ODD. Le financement des opérations des Nations unies est notamment évoqué comme une priorité, alors que les conflits, les déplacements de populations et les catastrophes climatiques sont toujours plus intenses, tout comme l’augmentation des financements directs des États membres en faveur des ODD, et la mise en œuvre des mesures fiscales nécessaires à leur atteinte.
ODD, l’engagement de l’Algérie
L’Algérie est l’un des pays les plus avancés du continent africain en matière de progrès vers les ODD, si l’on se réfère à l’indice de développement humain. Cette performance résulte d’investissements massifs et continus dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé et la protection sociale. Entre 2021 et 2023, l’Algérie a dédié un montant de 6 500 milliards de dinars aux projets inscrits dans le cadre du développement durable. Par ailleurs, 2 800 milliards de dinars ont été consacrés en 2024 pour la réalisation des infrastructures de base et la valorisation des ressources naturelles dans le respect des normes environnementales à l’image des stations de dessalement d’eau de mer et des projets portant sur le développement des énergies renouvelables.
L’importance des enveloppes financières dégagées illustre, parfaitement l’engagement du pays pour le développement durable. Un engagement, d’ailleurs, salué par la Coordonnatrice résidente du système des Nations unies en Algérie, Savina Ammassari, à l’occasion de la deuxième édition du Sustainable Economy Forum (SEF) organisé samedi à Alger.
Elle a indiqué que «le modèle de développement de l’Algérie centré sur les droits sociaux, constitue un exemple prometteur. Elle contribue d’ores et déjà à la réflexion sur une nouvelle architecture financière internationale, plus juste, plus inclusive et mieux adaptée aux réalités du 21e siècle».
Saïd S.