Le ministère des Transports mettra en œuvre plusieurs solutions afin d’améliorer l’offre, la qualité et la sécurité des transports collectifs urbain et semi-urbain à travers le pays.
Saïd Sayoud, qui s’est entretenu jeudi dernier avec les cadres du secteur, notamment les directeurs des transports au niveau des wilayas, a annoncé «un soutien» public pour «l’acquisition de nouveaux bus». Le ministère, en collaboration avec l’Agence algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI) travaille également à un mécanisme pour «importer des bus âgés de moins de cinq ans, comme solution temporaire». En effet, la mise hors service des bus les plus anciens est visiblement une urgence pour le secteur des transports. La réunion organisée jeudi au siège du ministère a permis de dégager plusieurs axes de travail. Ainsi, selon le communiqué du ministère, Saïd Sayoud, a ordonné une «prise en charge effective» au profit des «wilayas souffrant de manques» d’autobus. Et ces aides de l’Etat devront prendre plusieurs formes, notamment «le soutien à l’acquisition de nouveaux véhicules». Toutefois, en parallèle de ces nouvelles aides publiques, le secteur exige aussi le renforcement des procédures d’entretien du matériel, et l’amélioration de gestion des programmes de transports au niveau local. Le communiqué note qu’il est «nécessaire de généraliser un mode de gestion modèle» pour toutes les entreprises de transport urbain et semi-urbain du pays. Par ailleurs, les responsables locaux des transports, sont invités à programmer des «opérations de contrôle périodique et continu afin d’améliorer l’état des véhicules destinés aux passagers».
Concrètement, il apparaît que le ministère des Transports souhaite réformer en profondeur la gestion des entreprises publiques de transport avant de procéder à la livraison des nouveaux autobus. Ainsi, on apprenait jeudi que le secteur, en collaboration avec l’Agence algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI), opte pour un plan d’importation de «bus âgés de moins de cinq ans». Une solution «temporaire», en attendant la montée en puissance de l’industrie locale, nuance toutefois le ministère. Des commandes pour des véhicules neufs auprès de trois constructeurs, locaux ou implantés en Algérie, sont prévues. Le communiqué souligne à ce propos qu’il «attend» la réception des bus produits localement dans les usines «Higer» à Sétif, «Daewoo» à Chlef, et au niveau de l’Entreprise industrielle de l’Armée Nationale Populaire.
Pour rappel, la possibilité d’importer des autobus d’occasion avait été offerte aux secteurs privés, mais sans réelle réponse. Le ministre des Transports, Saïd Sayoud, lors d’une prise de parole en mai dernier, avait en effet regretté que les propriétaires des compagnies de transports privées ne participent pas suffisamment aux efforts. L’Etat avait autorisé «l’importation de bus de moins de 5 ans», mais les acteurs du secteur «n’ont pas profité de cette opportunité». Certains acteurs du secteur privé avaient au contraire «demandé une suppression du paiement des impôts (…) c’est abusé au regard des mesures que nous avons proposées (…) nous leurs demandons une nouvelle fois de participer aux processus de modernisation voulue par l’Etat ».
Et sur un autre plan, la réunion de jeudi aura été l’occasion pour le ministre de réclamer plus de rigueur et d’efforts. Le communiqué du secteur explique à ce titre que Saïd Sayoud insiste sur la rationalisation de l’utilisation des fonds publics. «Le budget sectoriel doit être utilisé efficacement en l’orientant vers des projets d’investissement ayant un impact direct sur l’amélioration du service public». Le ministre, qui appelle aussi à «simplifier les exigences des cahiers des charges et à éliminer les complexités», exige que les directeurs des transports des wilayas devront dorénavant soumettre des rapports mensuels détaillés au ministère. Un moyen, comprend-t-on, de renforcer le suivi des projets de chaque wilaya, «d’effectuer des évaluations périodiques et de comparer objectivement les performances afin d’améliorer la coordination et de traiter les lacunes» du secteur.
Nadir K.