L’Agence a enregistré 15 508 projets d’investissement, représentant un montant global estimé à 50,8 milliards de dollars, avec des perspectives de création de 378 000 emplois.
Le Directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a récemment livré un diagnostic approfondi de l’environnement de l’investissement en Algérie, tout en esquissant les grandes lignes des réformes en cours.
Invité sur la télévision nationale, Omar Rekkache, a indiqué que l’Algérie est actuellement dans la première phase de mise en œuvre du guichet unique, un mécanisme destiné à simplifier les démarches des investisseurs. Cette première étape permet déjà d’accéder aux avantages fiscaux et parafiscaux ainsi qu’au foncier.
Mais la grande transformation se profile avec la seconde phase, attendue prochainement. «Cette phase vise à permettre à l’investisseur d’obtenir toutes les autorisations nécessaires en un seul lieu», a-t-il annoncé. Cela comprend le permis de construire, la licence d’exploitation et l’accès au financement. Une réforme de fond qui, selon lui, nécessitera des ajustements juridiques majeurs.
L’objectif est clair : «Eliminer définitivement la bureaucratie, accroître la transparence et optimiser les délais». Une fois cette phase opérationnelle, l’investisseur pourra accomplir l’ensemble des formalités – de l’enregistrement du projet à l’obtention du permis de construire – au sein d’un même espace administratif intégré.
Sur le dossier du foncier non exploité, Rekkache a tenu à clarifier les intentions du gouvernement. «Ce n’est pas une mesure punitive, mais une manière de réaffecter ces terrains à des projets réellement prêts à être réalisés», a-t-il affirmé.
Désormais, l’attribution du foncier économique se fait exclusivement via une plateforme numérique, avec un système de notation qui favorise les projets solides. L’attribution provisoire reste conditionnée à la présentation de preuves concrètes : fonds disponibles, études techniques, etc.
«Certains ont accaparé des terrains pendant 15 à 20 ans sans jamais lancer de projet, empêchant d’autres, prêts et sérieux, d’investir», a dénoncé Rekkache. Le message est limpide : les blocages ne seront plus tolérés, et seuls les porteurs de projets crédibles seront désormais soutenus.
Le Directeur général de l’AAPI se veut résolument optimiste quant à l’évolution du climat des affaires en Algérie. Il observe un retour manifeste de la confiance des investisseurs, d’abord locaux, mais également étrangers. «L’investisseur étranger ne vient que s’il voit un engouement local réel», a-t-il souligné.
La stabilité du cadre législatif, garantie par le Président de la République, constitue un facteur majeur d’attractivité, précise Rekkache, rappellant également que les principaux obstacles qui freinaient les investissements étrangers ont été levés.
Selon lui, la transformation de l’environnement d’investissement ne relève pas d’une simple déclaration d’intention, mais d’une vision stratégique claire. «Le Président n’a pas seulement fixé un objectif, il a également mis en place les moyens, les mécanismes et les directives nécessaires pour l’atteindre», a-t-il souligné.
Une dynamique réelle
L’ampleur de la dynamique en cours se traduit par des chiffres impressionnants. Selon un rapport dévoilé par Omar Rekkache, 15 508 projets d’investissement ont été enregistrés, représentant une valeur totale de 50,8 milliards de dollars. À terme, ces projets devraient générer 378 000 emplois à travers le pays. Sur ce total, 702 projets ont déjà dépassé la phase de réalisation et sont officiellement entrés en production.
Au-delà des frontières, l’Algérie affiche de nouvelles ambitions. «L’État a multiplié les initiatives à l’étranger, notamment la création de banques en Afrique et l’organisation d’expositions permanentes», a précisé le directeur de l’AAPI. L’Agence, selon lui, accompagne activement les investisseurs locaux qui souhaitent se projeter à l’international.
L’un des axes stratégiques vise à renforcer la compétitivité de l’économie nationale à l’échelle mondiale. Rekkache affirme que plusieurs entreprises algériennes font déjà jeu égal avec des groupes européens, et certaines demandent désormais de très grandes superficies industrielles, parfois entre 40 et 50 hectares. Il estime que «dans deux à trois ans, les résultats de ces projets seront spectaculaires».
Rekkache a également insisté sur l’importance d’une répartition plus équitable des investissements à l’échelle nationale. «La demande se concentre toujours sur Blida, Boumerdès et Alger, ce qui n’est plus viable. Alger ne peut plus accueillir d’usines», a-t-il mis en garde. Désormais, les terrains dans la capitale seront réservés exclusivement à des projets de services. Pour corriger ce déséquilibre, l’État mise sur l’aménagement de nouvelles zones industrielles dans des wilayas moins sollicitées.
Le Directeur général de l’AAPI a indiqué qu’un travail est en cours avec les banques publiques et les organisations patronales pour réduire le coût du crédit et faciliter les financements nécessaires à la réalisation des projets.
«Si tous ces éléments sont réunis, atteindre l’objectif de 20 000 projets d’investissement est tout à fait réalisable, et peut même être atteint avant l’échéance prévue», a-t-il affirmé.
Islam K.