La campagne agricole 2025-2026 en Algérie vise l’autosuffisance en blé dur d’ici 2026 et en orge et maïs d’ici 2026. Des efforts sont également déployés pour développer les terres irriguées, notamment dans le Sud, avec un objectif de 1 million d’hectares d’ici 2027. Selon un récent rapport «Grain et Feed» du Département américain de l’agriculture (USDA), qui cite ces chiffres, les superficies emblavées en Algérie seront maintenues à environ 2 millions d’hectares et celles de l’orge à 1 million d’hectares pour l’année 2025/26. La production du blé pour la prochaine campagne s’établit à 3 millions de tonnes cultivées sur un peu plus de deux millions d’hectares. Cette performance marque une progression de 11% par rapport à la saison précédente (2,7 mt) et amorce un retour aux niveaux proches de la moyenne quinquennale, après deux années consécutives affectées par la sécheresse. Cette croissance céréalière s’inscrit désormais dans une réalité palpable grâce à l’irrigation ciblée, au déploiement de nouvelles variétés adaptées et à un dispositif de rachat public.
De son côté, le ministère de l’Agriculture, a lui aussi indiqué que les cultures devraient être récoltées sur 150.000 hectares dans le Sahara, soit 40.000 hectares de plus que l’année dernière. On ne sait pas encore si ces 150.000 hectares sont tous réservés au blé ou s’ils comprennent d’autres cultures. Dans l’ensemble, 5% à 8 % des cultures céréalières de l’Algérie sont cultivées dans les zones désertiques. Toutefois, la production d’orge pour 2025/26 devrait atteindre 1,35 million de tonnes en raison de l’abondance des pluies de printemps dans les régions productrices d’orge. Les chiffres témoignent de l’ampleur du défi. En 2024, la production céréalière algérienne a atteint approximativement 22,2 millions de quintaux. L’objectif fixé pour 2025 a plus que triplé, avec une production visée de 71 millions de quintaux. Cette progression spectaculaire repose sur un ensemble de mesures concrètes plutôt que sur des ambitions théoriques. Le pays mise notamment sur l’expansion considérable des terres agricoles irriguées, dont la superficie totale devrait atteindre 3 millions d’hectares d’ici quatre ans. La campagne de semis d’octobre 2024 a commencé dans des conditions sèches, mais l’humidité du sol s’est améliorée en janvier 2025, dépassant les niveaux de la saison précédente, même si elle reste inférieure à la moyenne sur 20 ans. Au cours de la période de végétation (de janvier à la mi-mai), les précipitations ont été inégales et les champs se sont asséchés en avril. Les six dernières semaines ont apporté plus d’humidité, ce qui pourrait augmenter les rendements dans les zones fertiles, mais des pluies prolongées jusqu’à la mi-mai augmentent les risques de maladies et de problèmes de récolte.
Le renforcement des infrastructures de stockage constitue un autre axe prioritaire. Actuellement dotée de capacités permettant d’entreposer 4 millions de tonnes de céréales, l’Algérie prévoit de plus que doubler ce chiffre pour atteindre 9 millions de tonnes à l’horizon 2026. Cette quête d’autosuffisance algérienne pourrait rebattre les cartes sur le marché céréalier international. Les fournisseurs traditionnels de l’Algérie, principalement la France, le Canada, les États-Unis et la Russie devront reconsidérer leurs stratégies commerciales face à la disparition programmée de ce client majeur. Pour la France notamment, qui a longtemps bénéficié de relations commerciales privilégiées avec Alger dans ce secteur, l’impact économique pourrait s’avérer significatif. La transition de l’Algérie du statut d’importateur à celui d’acteur autonome constitue ainsi un signal fort pour l’ensemble des opérateurs du marché céréalier mondial.
Selon les déclarations du ministre de l’Agriculture Youcef Cherfa, le pays cessera complètement ses importations de blé dès 2026. Cette annonce marque un tournant radical pour le pays traditionnellement importateur net de cette céréale stratégique. L’autosuffisance en blé représente donc un objectif prioritaire pour garantir la stabilité sociale et économique de la région.
M.T.