Ces blocages ont des répercussions considérables sur l’économie et l’image du pays, car ils sont un frein à l’investissement, faisant que les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, hésitent à s’engager dans un environnement où les obstacles institutionnels sont légion.
Dans un post sur sa page Facebook, le député de la communauté nationale à l’étranger, Abdelouahab Yagoubi, a soulevé une certaine problématique aux graves conséquences. Il s’agit, notamment, de l’inapplication des instructions du président de la République. Dans son post adressé au ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, le député souligne que «le 30 mars 2024, lors de son entretien périodique avec les médias, le président de la République a annoncé la possibilité pour tous les citoyens algériens résidant à l’étranger d’obtenir leur passeport dans un délai de deux mois. Cette déclaration a suscité un grand soulagement parmi des milliers de nos concitoyens privés de leurs droits fondamentaux à l’identité». Malheureusement, la mise en œuvre de ces instructions présidentielles «demeure entravée», en raison du «retard dans la révision de certains textes réglementaires en vigueur», notamment «ceux exigeant la résidence légale dans le pays d’accueil ». Ces «contraintes réglementaires continuent de faire obstacle à l’application effective des instructions du président de la République», regrette le représentant du peuple. Et de noter que «la persistance de ce retard prive des milliers de citoyens – individus, familles et enfants – de leurs droits constitutionnels, les exposant à des difficultés juridiques et administratives compromettant leur stabilité sociale et professionnelle, et pouvant même les mettre dans des situations précaires ou les exposer à l’exploitation et au chantage». De son côté, l’Organisation nationale des retraités affiliés à la Caisse nationale des retraites exprime «sa grande surprise et son profond regret face au retard que l’administration de la Caisse Nationale des Retraites, du ministère du Travail et de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, accuse dans la gestion du dossier des retraités», ainsi que «la poursuite des atermoiements et le manque de transparence concernant l’application des augmentations ordonnées par le président de la République depuis plus d’un an». D’autant que la décision de revalorisation des pensions et retraites était attendue le mois de mai passé, car promise depuis le discours du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion avec les cadres de la nation, il y a plus d’une année. En vain.
Deux exemples qui en appellent à d’autres. Comme, nous le soulignons, hier, sur ces mêmes colonnes, la nouvelle allocation touristique, dont le montant est fixé à 750 euros par personne adulte, n’est toujours pas entrée en vigueur, pourtant annoncée en décembre 2024 par le chef de l’Etat. Aussi, la question est de savoir qui entrave les engagements du président de la République. Certes, les décisions présidentielles non appliquées peuvent être dues à plusieurs facteurs, notamment des blocages institutionnels, des conflits d’intérêts entre différents acteurs (par exemple, le gouvernement et le parlement), ou encore des résistances au sein de la bureaucratie. Mais, il n’en demeure pas moins que ces retards sont le résultat de comportements institutionnels qui vont de la bureaucratie excessive à des attitudes suspectes, parfois motivées par des intérêts personnels ou un esprit de défiance. En somme, une inertie institutionnelle qui met en lumière les contradictions entre l’ambition présidentielle et la réalité administrative. Ces blocages ont des répercussions considérables sur l’économie et l’image du pays, car ils sont un frein à l’investissement, faisant que les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, hésitent à s’engager dans un environnement où les obstacles institutionnels sont légion. Pourtant, le Président Tebboune n’a cessé de revenir avec insistance sur la question de l’application des décisions prises en Conseil des ministres. Aussi, a-t-il exigé des rapports détaillés sur l’état d’avancement de l’application de ses décisions. Il a, également, ordonné, dans ce sillage, «le recensement, le suivi et l’évaluation de toutes les décisions prises en Conseil des ministres, en relevant ce qui n’a pas été encore appliqué».
Ce travail de suivi et d’évaluation doit cibler, en priorité, les décisions ayant un caractère urgent. Si le président Tebboune a évoqué ce point, cela démontre les retards constatés dans la concrétisation des objectifs et l’application de ses instructions. D’ailleurs, il a annoncé, novembre 2021, la création d’une «inspection générale» qui sera mise sous tutelle de la Présidence de la République afin de «contrôler l’activité des responsables».
Badis B.