Les magistrats de la première chambre pénale de la cour d’Alger se prononceront ce mercredi dans l’appel introduit par le collectif des avocats de l’influenceur Wahida Guerroudj et son frère Abdelghafour poursuivis pour avoir violenté et filmé leur victime.
Par Redouane Hannachi
Le procureur général a requis, au cours de son réquisitoire devant les juges de la première chambre pénale de la cour d’appel d’Alger l’aggravation des peines contre l’inculpée Wahida Guerroudj et son frère Abdelghafour car il a estimé que les faits retenus contre les deux mis en cause sont formels notamment en ce qui concerne l’intention de porter atteinte à leur victime. L’inculpée a reconnu au cours de son passage à la barre avoir violenté et maltraité sa victime. L’incriminée a par contre nié avoir utilisé dans ses vidéos publiées et diffusées le discours de la haine. Interrogé, son frère a déclaré aux magistrats : «Il a sali l’image de ma sœur…». Appelée à la barre pour donner sa version des faits, la victime a maintenu ses déclarations : «J’ai vécu l’enfer. J’ai failli être tué par la mise en cause et son frère pour de graves allégations que je n’ai jamais prononcées», a-t-il assuré. Pour rappel, le président de la section des flagrants délits du tribunal de Chéraga a condamné Wahiba Guerroudj à une peine de trois ans de prison ferme et une amende de 50 millions de centimes car elle a été reconnue coupable des graves faits qui lui ont reprochés au cours de l’enquête préliminaire et l’instruction judiciaire notamment agression musclée au vu et au su des citoyens.
Placée en détention provisoire à la prison de Koléa dans la wilaya de Tipasa au terme de sa présentation devant le procureur de la République près le tribunal de Chéraga puis devant le juge chargé de la comparution immédiate au niveau de la même juridiction, elle n’a pas eu la partie facile suite aux preuves légales et matérielles réunies dans la vidéo publiée sur les réseaux sociaux. L’incarcérée sans foi ni loi filmait sa victime alors qu’elle l’agressait physiquement et verbalement. La furieuse apparaît en train d’insulter, d’intimider et de maltraiter un jeune homme. Ce dernier a été enlevé, séquestré, tabassé et gardé plusieurs heures avec la complicité de son frère K. Abdelghafour. Ce dernier a été quant à lui reconnu coupable de complicité dans l’agression musclée et insultes proférées à l’encontre de la victime. Il a été condamné à une peine de 5 ans de prison ferme assortis de 50 millions de centimes de dommages et intérêts qu’il doit verser au plaignant suite aux préjudices qui lui ont été causés. Ce dernier n’est autre que le manager de la locataire de la prison de Koléa. Lors de son passage à la barre, l’accusée a avoué avoir maltraité la victime et a tout fait pour échapper à la responsabilité pénale qui pèse sur elle. Elle a déclaré devant le président : «Je regrette mon geste. J’ai commis une grave erreur en publiant la vidéo sur les réseaux sociaux. Je voyais rouge, je n’ai pas contrôlé mon acte. J’aurais dû ne pas le faire. J’ai agi sous la colère après ce que j’ai vu sur son Smartphone (son manager)».
«Je le considérais comme un membre de ma famille. Il m’a choqué par les photos et images publiées sur son portable. J’avais une entière confiance en lui. Je n’ai jamais douté un instant qu’il allait se comporter de la sorte», a-t-elle tenté de justifier. La mise en cause a tenu à préciser que son manager était venu chez elle en compagnie de sa compagne qui répond au pseudonyme de «Degla». Après avoir échangé sur plusieurs sujets, elle a su que le manager gère plusieurs pages Facebook, en utilisant des noms fictifs et qu’il était en contact avec des influenceurs en fuite à l’étranger et a tout fait pour salir son image. Pis encore, son manager se livrerait à des comportements inappropriés dans sa maison, se filmant dans des positions indécentes et utilisant ses effets personnels et ses vêtements. De son côté, le manager a réfuté les allégations de l’inculpée. Il a affirmé au président : «Dès mon arrivée au domicile sur invitation de la prévenue, son frère m’a immédiatement assené un coup de poing au visage. Puis sous la menace d’un objet contondant, il m’a forcé à rentrer dans la cuisine. Il a ajouté qu’une fois arrivée, l’accusée a commencé à l’interroger sur l’argent des abonnements et des publicités. Elle s’est ensuite mise à l’agresser verbalement en le traitant de lâche.
Il affirme qu’elle l’a filmé en le giflant. «je ne pouvais rien faire», a-t-il dit. La victime a par ailleurs affirmé que le frère de la détenue à la prison de Koléa était armé d’un couteau et a tenté de l’agresser, mais l’intervention in extremis de leur mère lui a permis de prendre la fuite.
R.H.
