Avec une croissance solide et une inflation en net recul, l’économie nationale a poursuivi son expansion en 2024.
Les indicateurs sont au vert pour l’économie algérienne. Soutenue par des investissements publics importants et une consommation des ménages dynamique, le produit intérieur brut hors hydrocarbures a progressé de 4,8 %, un rythme très appréciable. Le taux d’inflation a poursuivi sa décrue, passant de 9,3% en 2023 à 4% en 2024 grâce, en grande partie, à la bonne performance du secteur agricole, qui a contribué à stabiliser les prix des denrées alimentaires. Ce sont là les principales conclusions consignés dans le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de l’Algérie pour le printemps 2025. Intitulé «Accélérer les gains de productivité pour une croissance diversifiée et résiliente», ce rapport vient confirmer la tendance déjà noté par la BM dans le rapport de novembre dernier sur «la situation économique de l’Algérie automne 2024» dans lequel la BM a mis en avant la performance du taux de croissance au-dessus de 3% dans un contexte où le secteur des hydrocarbures a connu une baisse de production. «Cela démontre que cette croissance est assez diversifiée, touchant l’ensemble des secteurs», avait noté la BM.
La baisse de la production d’hydrocarbures, conjuguée à la hausse des importations, a entraîné le retour d’un léger déficit du compte courant, une diminution des réserves de change et un creusement du déficit budgétaire. Selon ce dernier rapport, les exportations d’hydrocarbures en 2024 ont enregistré une baisse de 38%. Toutefois, en dehors du secteur des hydrocarbures, le rapport a relevé une accélération de la production, avoisinant les 5 %, grâce notamment à la bonne performance de plusieurs filières, en particulier une excellente saison céréalière.
Pour les finances publiques, la BM a souligné que le déficit commercial engendré par une baisse des exportations, en 2025, suivant celle des prix du pétrole, «se résorberait progressivement par la suite». Cette baisse «serait en partie compensée par un effort de consolidation budgétaire, avant un redressement des recettes en 2026». Concernant les perspectives, la BM prévoit pour 2025 un rebond de la production et des exportations d’hydrocarbures, notamment grâce au relèvement des quotas de production de pétrole au sein de l’Opep+. Le rapport a noté également que «la croissance du PIB réel devrait ralentir à 3,3% en 2025», à mesure que les secteurs extractifs, qui représentent l’ensemble des activités économiques liées à l’extraction des ressources naturelles, «se redressent et que les investissements publics se stabilisent». Ces résultats confirment la capacité progressive de l’économie algérienne à se diversifier et à générer de la croissance en dehors du secteur énergétique, tout en mettant en lumière la nécessité de consolider cette transition par des réformes structurelles durables.
Les prérequis de la BM
L’Algérie maintient une trajectoire de croissance solide. Toutefois, ses équilibres budgétaires et extérieurs restent très sensibles à l’évolution des prix du pétrole et du gaz, a noté le rapport. A ce titre, le Banque mondiale a identifié plusieurs priorités, pour favoriser la croissance à long terme. Il s’agit notamment de l’amélioration de la productivité et l’orientation progressive de l’emploi vers des secteurs davantage productifs, afin, justement, de réduire la dépendance à la dépense publique et aux hydrocarbures, tout en renforçant la capacité de l’économie à absorber les chocs. Le rapport met aussi en évidence l’importance des gains de productivité, en particulier dans l’industrie manufacturière et les services, pour libérer le potentiel de croissance de l’Algérie. Une réorientation vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée, soutenue par un rééquilibrage budgétaire progressif, des réformes ciblées, pour stimuler l’investissement privé et une stratégie de développement des compétences, «sera déterminante pour bâtir une économie plus résiliente», a précisé la Banque mondiale.
Le document de la BM a, enfin, insisté sur «la nécessité de renforcer le cadre de politique macroéconomique et la gouvernance économique, d’investir dans le capital humain et de promouvoir l’investissement étranger, afin de faciliter la diffusion des technologies productives et des pratiques de gestion performantes, autant de leviers essentiels pour accompagner la transition des pays à revenu intermédiaire vers le statut de pays à revenu élevé».
Saïd S.
