Lorsque Thomas Watson, PDG d’IBM, accepta en 1937 la Médaille du Mérite de l’Aigle allemand des mains d’Adolf Hitler, il scellait le rôle traitre de sa compagnie dans l’Holocauste.
Synthèse S. M.
Les machines à cartes perforées d’IBM – ancêtres de l’informatique moderne – permirent au régime nazi de recenser, tracer et déporter systématiquement les Juifs d’Europe. Aujourd’hui, un parallèle troublant émerge avec Microsoft, accusé de fournir l’infrastructure technologique facilitant le génocide des Palestiniens à Ghaza.
Comme IBM hier, Microsoft participe activement à l’architecture répressive israélienne. Ses services cloud Azure et ses outils d’intelligence artificielle sont intégrés aux systèmes militaires israéliens depuis des années, avec une intensification dramatique. Les données révèlent une augmentation de 200 fois de l’utilisation des outils Microsoft par l’armée de l’occupant sioniste entre octobre 2023 et mars 2024. Cette collaboration dépasse la logique commerciale : elle s’inscrit dans un système d’apartheid sioniste documenté depuis des décennies.
Microsoft Azure : colonne vertébrale numérique de la machine de guerre
– 133 millions de dollars : montant du contrat signé en 2021 entre Microsoft et le ministère israélien de la Défense, faisant de l’occupant sioniste le deuxième client militaire de l’entreprise après les États-Unis.
– 13,6 pétaoctets de données palestiniennes stockées sur les serveurs Azure, doublant depuis mars 2024 pour alimenter des systèmes comme Lavender ou Where’s Daddy ?, utilisés pour cibler des militants présumés à Ghaza.
Une intégration militaire totale
Microsoft héberge et maintient des systèmes critiques pour l’armée sioniste :
– Le portail des réservistes, essentiel à la mobilisation humaine du génocide.
– Les bases de données des unités 8200 et 9900 du renseignement militaire, impliquées dans la surveillance de masse des Palestiniens.
– Les plates-formes d’entraînement militaire comme OneSim d’Elbit Systems, simulant des scénarios de combat contre des Palestiniens.
«L’empreinte de Microsoft est présente dans toutes les infrastructures militaires majeures en Israël», reconnaît un rapport du mouvement BDS, soulignant que le cloud Azure traite des charges de travail «ultra-sensibles qu’aucune autre entreprise ne gère».
L’hypocrisie institutionnalisée : discours éthique vs pratiques mortifères
En 2020, Microsoft annonçait son retrait d’AnyVision, start-up sioniste de reconnaissance faciale, suite à des accusations de surveillance en Cisjordanie. Un audit commandité par Microsoft concluait pourtant à l’absence de preuves, mais l’entreprise invoqua des «difficultés éthiques» pour justifier son désengagement. Pendant ce temps, elle développait en secret des partenariats bien plus profonds avec l’armée sioniste.
La complicité dans l’apartheid
Microsoft fournit la technologie derrière des outils d’oppression quotidienne :
– L’application Al Munaseq, hébergée sur Azure, gère le système de permis restrictifs pour les Palestiniens en Cisjordanie, tout en collectant des données biométriques.
– La reconnaissance faciale «conçue en territoires occupés», selon Yoram Ya’akobi (directeur du centre R&D de Microsoft Israël), contrôle les déplacements des Palestiniens à Jérusalem.
IBM, Microsoft : même modèle, même déni
Comme IBM dans les années 1930 – dont la filiale Dehomag fournissait les machines permettant la gestion des camps de concentration – Microsoft utilise un réseau de sous-traitants et de filiales pour masquer sa responsabilité. Les revenus des contrats israéliens transitent par des entités juridiques opaques, tandis que l’entreprise affirme ignorer les applications militaires de ses technologies.
En 2002, IBM avait rejeté les accusations sur son rôle dans l’Holocauste, arguant que «la plupart des documents étaient détruits». Microsoft réplique aujourd’hui par le silence : malgré les 10 000 heures de support technique fournies à l’armée sioniste depuis octobre 2023, l’entreprise refuse tout commentaire sur ses contrats.
Ghaza : laboratoire d’un génocide algorithmique
L’enquête de l’Associated Press révèle que les systèmes Microsoft alimentent des ciblages meurtriers :
– 1 000 lycéens palestiniens identifiés à tort comme «militants potentiels» par des algorithmes défaillants.
– Des erreurs de traduction (comme le mot arabe pour «paiement» confondu avec «déclencheur de grenade» ont conduit à des frappes létales.
Le rapport accablant d’Amnesty International (décembre 2024) documente comment la technologie Microsoft facilite les trois actes constitutifs du génocide :
- Meurtres de masse : 50 000 Palestiniens tués, dont 13 319 enfants.
- Atteintes physiques et mentales : famine organisée, destruction des hôpitaux.
- Conditions de vie inhumaines : 78% de l’eau coupée par Mekorot, partenaire de Microsoft.
La boucle est bouclée : hier IBM équipait les bureaux de la Hollerith-Abteilung à Auschwitz, aujourd’hui Microsoft déploie l’intelligence artificielle pour optimiser le ciblage des bombes à Ghaza. L’ «innovation» se révèle être un outil de perpétuation de l’oppression, avec la même hypocrisie – celle des discours humanistes couvrant des pratiques mortifères.
Comme le souligne Amnesty International, les États complices «violent leur obligation d’empêcher le crime de génocide». Microsoft, en fournissant l’infrastructure du massacre, s’inscrit dans cette chaîne de responsabilité. L’histoire jugera, comme elle a jugé IBM.
Mais Ghaza, elle, ne peut attendre.
S.M.
