Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a affirmé, hier devant les députés de l’Assemblée populaire nationale , à l’occasion de sa présentation du projet de loi de règlement budgétaire de l’exercice 2022, que «le projet de loi qui comporte les résultats de l’application de la loi de finances, a montré que le budget a réalisé des recettes de 7.244,86 milliards de DA en 2022 et des dépenses budgétaires de 10.494,02 milliards de DA dans la même année, dont 7.443,85 milliards de DA de dépenses de fonctionnement et 3.050,17 milliards de DA au titre des dépenses d’équipement, soit une consommation de 90,38% ».
Des chiffres qui indiquent, selon lui, que «ces dépenses ont connu une baisse de 1.116,16 milliards de DA, comparativement aux prévisions de la loi de finances complémentaire de 2022, soit 9,61 %, contre une hausse du montant enregistré en 2021, de 2.586,79 milliards de DA, soit 32,41 %, dont 77,60% du budget de fonctionnement et 22,40 % du budget d’équipement».
Concernant les comptes spéciaux du trésor, le ministre a souligné que «ceux-ci ont enregistré un solde positif de 2.169,83 milliards de DA vers la fin de l’année de fonctionnement 2022, contre un solde positif de 477,25 milliards de DA fin 2021».
C’est pourquoi, précise le ministre, «le projet de loi portant règlement budgétaire constitue un outil pour vérifier la concordance entre les prévisions des lois de finances et les résultats enregistrés dans le budget de l’Etat pour l’exercice financier, ainsi que les conditions de mise en œuvre des procédures en ce qui concerne les objectifs fixés».
Et d’ajouter que l’examen de ce texte se veut «une échéance fondamentale qui permet d’évaluer le respect des orientations financières et économiques de l’Etat, de consolider les principes de bonne gouvernance, de transparence et de reddition des comptes dans la gestion des deniers publics, conformément aux priorités nationales».
Plus précis, le ministre des Finances a souligné que «les aspects les plus importants qui nécessitent une attention particulière sont le niveau du déficit et son impact sur la stabilité économique et la souveraineté financière de l’Etat, l’efficience du recouvrement fiscal, la nécessité de renforcer les mécanismes d’amélioration des ressources financières de l’Etat, ainsi que la rationalisation des dépenses publiques et la garantie de leur orientation vers les objectifs stratégiques».
De leur côté, les députés, nombreux à vouloir intervenir, ont exprimé diverses préoccupations concernant la gestion des finances publiques et le rôle de contrôle du Parlement.
Pour ne citer que le député de la communauté algérienne établie à l’Etranger, Abdelouahab Yacoubi, qui a appelé à une gestion budgétaire plus rigoureuse des dépenses, a souligné que «la loi de règlement budgétaire est un outil essentiel pour vérifier la concordance entre les prévisions des lois de finances et les résultats enregistrés dans le budget de l’État», non sans appeler à une «plus grande responsabilité dans l’utilisation des ressources publiques».
Tandis que la députée du Front El- Moustakbal, Aïcha Bentorki, a critiqué le texte en vigueur relatif au contrôle de l’application des lois par le Parlement, estimant que «les prérogatives actuelles sont insuffisantes», et que «le Parlement ne dispose que de possibilités limitées pour contrôler les dépenses publiques, ce qui entrave son rôle dans la vérification de la bonne utilisation des fonds».
Pour rappel, Abdelkrim Bouzred, a présenté au mois de février dernier, devant la commission des finances et du budget de l’APN, ce projet de loi. Il faut également savoir que les débats se poursuivront durant la matinée d’aujourd’hui avant l’intervention du ministre du secteur pour répondre aux préoccupations des députés. Nous y reviendrons dans notre édition de demain.
Ferhat Zafane
