La décision d’une hausse de 411 000 barils par jour avait déjà été intégrée dans les prix.
Le prix du pétrole a bondi de plus de 3 % hier, après que l’Opep+ a décidé d’augmenter sa production en juillet du même volume qu’au cours des deux mois précédents. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés ont décidé samedi d’augmenter la production de 411 000 barils par jour en juillet, marquant ainsi le troisième mois consécutif de hausse identique. Un communiqué publié samedi sur le site de l’Opep, l’alliance explique que cet ajustement de la production de 411 000 barils par jour en juillet 2025, est conforme «à la décision convenue le 5 décembre 2024 de commencer un retour progressif et flexible des ajustements volontaires de 2,2 millions de barils par jour à partir du 1er avril 2025». Il est, par ailleurs, justifié par «des perspectives économiques mondiales stables et des fondamentaux sains actuels du marché, comme en témoignent les faibles stocks de pétrole».
En milieu de journée d’hier, le prix du pétrole brut West Texas Intermediate sur le New York Mercantile Exchange s’établissait à 63,01 dollars le baril, en hausse de 3,7 % par rapport à la clôture précédente. Le brut Brent sur l’Intercontinental Exchange a gagné 3,4% pour atteindre 64,90 dollars le baril. Pour rappel, les deux indices ont chuté de plus de 1% la semaine dernière. Le pétrole s’échangait autour de 60 dollars pour le WTI et de 62 dollars pour le Brent. Les cours du pétrole avaient tourné à la baisse suite à un rapport de Reuters suggérant que l’Opep+ pourrait envisager une augmentation plus importante de la production de pétrole en juillet. Le marché qui s’attendait à ce que l’organisation discute d’une hausse de production plus importante a été plutôt rassuré par la décision de l’Opep+. Le marché pétrolier a le «sentiment que la décision de l’Opep+ aurait pu être pire», a estimé John Evans, analyste chez PVM. Selon des traders pétroliers, la décision d’une hausse de 411 000 barils par jour avait déjà été intégrée dans les prix à terme du Brent et du WTI. «S’ils avaient opté pour une augmentation surprise plus importante, l’ouverture des prix lundi aurait été franchement catastrophique», a commenté Harry Tchilinguirian, analyste chez Onyx Capital Group, sur LinkedIn.
D’autres hausses en perspective
Pour les analystes des matières premières de Morgan Stanley, cités par Bloomberg, avec cette dernière annonce, il y a peu de signes que le rythme des augmentations de quotas ralentisse. Même si cela maintiendra les prix du pétrole à un niveau plus bas, Morgan Stanley prévoit que l’Opep+ rétablira la totalité des 2,2 millions de bpj de production précédemment réduits d’ici octobre, ajoutant que cela bénéficiera principalement à l’Arabie saoudite. Abondant dans le même sens, ING Group prévoit que l’Opep+ poursuivra ces augmentations importantes de l’offre. ING Group prévoit également que le brut Brent atteindra en moyenne 59 dollars le baril au quatrième trimestre, car l’offre sera plus importante. De son côté, la banque d’investissement Goldman Sachs anticipe, plutôt, une augmentation plus faible et à court terme en août, citant les fondamentaux solides de la demande de pétrole et les risques géopolitiques. La banque d’investissement a indiqué dans une note qu’elle s’attendait à ce que l’alliance cesse de réduire sa production en raison de «fondamentaux pétroliers spot relativement tendus, de statistiques d’activité mondiales fiables supérieures aux attentes et du soutien saisonnier de la demande de pétrole cet été».
Les perspectives d’évolution des prix du pétrole restent très incertaines, et beaucoup dépendra de l’évolution de l’économie mondiale durant cette période de volatilité de la politique américaine. L’évolution de la politique de l’Opep+ est également incertaine et importante.
Saïd S.
