Alger est intrinsèquement opposée à toute forme d’ingérence étrangère et prône exclusivement le règlement des différends par le dialogue.
«L’Algérie demeurera, en dépit des tentatives visant à semer le trouble sur son rôle pivot dans la région, un facteur efficient dans la sécurité et la paix au Sahel, et continuera, à faire tout ce qui est en son pouvoir, afin d’asseoir les fondements du dialogue et engager des approches régionales constructives au service de la sécurité et de la stabilité dans la région». Cette affirmation faite lors des travaux du séminaire «Le Sahel africain : les défis sécuritaires et de développement à l’aune des rivalités géopolitiques dans la région», tenu à Alger le 25 mai 2025, par le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministère de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), révèle l’importance, l’intérêt et l’attention que porte l’Algérie à la sécurité et à la stabilité de son voisinage composé de trois pays de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) et du Tchad.
Ce message, adressé implicitement aux membres de l’Alliance des Etats du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger), illustre, également, toute l’importance qu’accorde l’Algérie au dialogue, la solidarité et le développement socioéconomique de la région sahélo-sahélienne. «L’Algérie a déployé et continue de déployer de gros efforts diplomatiques afin de contribuer au rétablissement de la stabilité politique et sécuritaire dans la région du Sahel, ces efforts privilégient les solutions pacifiques aux crises, rejettent le recours à la force et encouragent le dialogue et la négociation», a ajouté le général d’armée Saïd Chanegriha. Et de relever que «l’Algérie restera un artisan de la paix et de la sécurité dans le Sahel» et «continuera à œuvrer inlassablement pour l’instauration du dialogue et la promotion d’approches régionales constructives, en vue de consolider la sécurité et la stabilité dans la région». Un appel à dépasser les clivages et les tensions dont les seuls perdants ne sont que les pays de la région. En effet, le message du général d’armée, Saïd Chanegriha, marque un tournant qualitatif dans l’approche algérienne envers le Sahel africain, en faisant de la sécurité un instrument de construction de la paix, et non une simple réaction militaire.
Les vertus du dialogue
D’autant que l’Algérie a toujours mis en exergue «son attachement à ses principes fondamentaux fondés sur le bon voisinage, le respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats, et à privilégier les approches pacifiques basées sur le dialogue pour la résolution des conflits». Une manière, également, de mettre en avant les vertus du dialogue et de la réconciliation. En somme, un appel à l’apaisement. Un appel ayant reçu un écho favorable du côté de Bamako. En effet, dans un article paru le 30 mai, le quotidien «Maliweb» a mis en avant l’importance du dialogue. La porte du dialogue reste entrouverte, insiste-t-il. «Il a été souligné que, malgré la gravité de la crise, les liens diplomatiques entre l’Algérie et certains membres de l’AES ne sont pas totalement rompus.
Les contacts avec le Niger et le Burkina Faso subsistent, tandis que des rencontres ponctuelles de haut niveau témoignent de la volonté d’éviter une rupture totale», relève la publication. Tandis que le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a appelé, vendredi lors d’un déplacement à Kidal, à un retour à la raison. «Nous ne sommes pas dans une logique d’escalade (…). L’heure est à la coopération stratégique, pas à la provocation», a-t-il déclaré en substance selon Maliweb. Dans cette logique, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a, bel et bien, affirmé, lors de son entretien au quotidien français L’Opinion, février dernier, que «l’Algérie ne cherche pas à administrer le Mali que nous considérons comme un pays frère auquel notre main sera toujours tendue», affirmant que «les frères maliens ont compris que l’Algérie n’est pas seulement un voisin mais plutôt un frère». D’autant que l’Algérie reste un partenaire stratégique incontournable pour le Mali, notamment sur les questions de lutte contre le terrorisme et de coopération économique.
Le temps de la diplomatie
Pour Alger, le tout sécuritaire est tout sauf une panacée. Dans une approche pragmatique, le Président Tebboune a reconnu le «fait» AES (Alliance des Etats du Sahel). «Pour nous, l’AES est une entité qui existe et avec laquelle nous travaillerons». Une approche saluée d’autant que la région est transformée en un champ de rivalités stratégiques entre puissances internationales et régionales, notamment après le recul des puissances traditionnelles et l’émergence de nouveaux acteurs comme la Russie, la Turquie ou certains pays du Golfe.
Une approche que les Etats-Unis d’Amérique désapprouvent et qui n’hésitent plus à partager avec les acteurs de la région des informations et des moyens de renseignement vitaux. Lors d’un briefing téléphonique jeudi à partir de Nairobi, au Kenya, le général Michael Langley, commandant d’Africom, a présenté la nouvelle approche de son équipe visant à favoriser des solutions africaines face aux risques contemporains.
Badis B.
