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Le harak, une évolution à brise-raison…



Il y a 28 semaines, des jeunes, saignés de leurs richesses, de leur liberté, des jeunes assoiffés d’équité et de justice, des jeunes fouettés par la flammèche d’un veto juvénile, camisolés tantôt par la misère, tantôt par l’espoir qu’on leur recelait dans l’esthétique d’un beau lendemain programmé à la saint-glin-glin… ces jeunes-là se sont lancés, quitte à ce que cette étincelle devienne poussière par la suite, dans un mouvement de désaveu de tout le système en place. 

Légitime. 

Ô combien légitime, oui, et ô combien poétique tant que ce mouvement nous permettait, nous Algériens, d’avoir notre propre printemps de Prague, ô que oui !, sans pour autant s’immoler par le feu, loin d’une révolution de velours ou je ne sais quoi, loin d’un soulèvement des jeunes de Pékin livrant «bataille» à un char militaire… Se maintenir dans la sagesse d’une moue pacifique pour une Algérie à visage de justice. 

On gerbait le mandat de trop du président de la prédation qui nous intoxiquait. On nous taxait du seul pays où la Mafia avait une République, une nationalité et des frontières. 

Les États ne nous considéraient qu’à travers le prisme de convoitise, de la rapacité. «De faire fortune et vivre pour soi, c’est-à-dire rétrécir son cœur entre sa boutique et sa digestion», comme le décrivait si joliment Flaubert. Un plan sers-toi-et-tais-toi leur a été concocté pourvu que les nôtres…  Bref ! 

Bien évidemment que l’étranger en raflait et en raffolait. S’en servait ayant pour complices des décideurs dénués de toute conscience pour ce pays. 

Pour ce peuple. 

Son histoire. 

Ce harak est par conséquent le COR de l’histoire qui tonne encore une fois, qui va étouffer la main noire et faire briser le code de l’omerta. Aujourd’hui contre le colonisateur national, oui-oui-oui- contre le colonisateur national masqué… exactement comme ce fut hier contre les porteurs des bienfaits de la civilisation. 

À l’image des aînés : cette jeunesse a dit non ! 

Ce non longtemps mariné sur le feu doux de la peur de l’expérience sanglante, des vulnérabilités d’un pays riche mais dont les enfants s’appauvrissent d’année en année. 

Mais la différence entre les ainés et aujourd’hui réside justement dans cette prise de conscience montée de travers. 

Ce manque de locomotive génératrice. 

D’une arme efficace : la pensée. 

Cette arme est l’intelligence de la population de sociologues, politologues, sages doués de raison, stratèges, historiens… Toute cette matière grise devait sortir de derrière son ombre pour épicer ce qui se marine dans la prétention de la jeunesse… 

Pas les adorateurs du dieu des vents, vaguant là où leur auguraient les courants de l’heure, non !

Le système est totalitaire, soit, une monarchie sans roi et sans royaume, soit. 

Le pouvoir est absolu, soit encore. 

Mais la raison l’emportera. L’histoire qui n’a de cesse à se redire, le redira. De la langue de nos penseurs. Jamais sans eux. 

Si l’histoire n’aime guère les raccourcis, elle a besoin d’intellectuels pour passer son chemin. Ces intellectuels dont nous seront redevables, j’espère, doivent s’inscrire dans l’ADN de ce harak pour que ce dernier purge ses zones obscures, et ne soit pas le havre des dogmes de recruteurs, d’artificiers politiques ou religieux rêvant d’avoir la peau de ce pays et sa jeunesse. Et l’histoire s’en souviendra des uns et des autres… 

Par S. Méhalla

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