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Maîtriser la finance : une vraie question



La finance a toujours eu mauvaise presse et une mauvaise image, en particulier les banques. Une vieille formule disait que les banquiers sont des gens qui vous prêtent lorsque vous leur avez fait la démonstration par A + B que vous n’en avez pas besoin. Cette boutade était une critique de la banque commerciale traditionnelle, celle qui gère des dépôts et fait des crédits, avant même que les banques ne développent leurs activités de marchés de capitaux. Ces dernières sont depuis régulièrement critiquées pour leur spéculation sans limite sur les marchés, et leur sauvetage ultime par les contribuables sous le prétexte imagé de «too big to fail».

Bref, les banques apparaissent souvent comme des parasites de l'économie réelle…Qu’en est-il vraiment et quel est leur rôle dans l'économie à l’heure de la globalisation ?

Rappelons tout d’abord que la finance peut être au service de l’économie avant de se servir elle-même : lorsqu’un avionneur européen fabrique des appareils en zone euro et les vend principalement en zone dollar, avec un temps de fabrication de plusieurs années, il est important pour son entreprise de disposer d’une banque capable de lui assurer un cours du dollar compétitif à la fin de la durée de son cycle de production. La banque en question utilise les marchés financiers pour absorber ce risque de baisse du dollar qui représente un danger pour l’avionneur face à son concurrent américain, en le transférant à une contrepartie pour laquelle ce risque est favorable.

Rappelons aussi que les dérives de la finance proviennent souvent des lacunes de la réglementation, lacunes qui sont désormais bien identifiées (un peu tard il est vrai…) et plutôt bien corrigées : les principales lacunes du système de contrôle « dit Bâle », avant la crise, résidait dans l’absence de répertoire et de quantification précise des risques de certains produits (e.g. les produits de titrisation à base de subprimes) et la confiance aveugle dans leur rating octroyé par des agences de notation elles-mêmes non régulées.

Saluons à ce titre l’initiative récente d’union bancaire en zone euro qui part d’un principe simple : les banques doivent constituer un système de garantie indépendant des Etats en cas de faillite de l’une d’entre elles, ce qui les oblige de facto à une connaissance approfondie de leurs risques et interconnexions.

Aujourd'hui, alors que le cœur de la crise s'est déplacé des banques vers la dette des Etats ou le «shadow banking», la question de la maîtrise de la finance est moins au centre du débat public. 

Elle reste cependant fondamentale pour que la finance demeure au service de l'économie, et les derniers épisodes de régulation peuvent nous rendre, à ce titre, mesurément optimistes. 

J-M. B

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