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Le Hirak se pervertit !



À mesure que les semaines passent, l'on remarque que le ritualisme du hirak se transforme, peu à peu, en un solide rempart au profit d’un système résiduel avec lequel il désire définitivement en finir. Et comme dit l’adage, l’excès déboute souvent sur son contraire. «Trop de... tue le...» Nous sommes, après tout ce temps de mobilisation, en présence d’un cas de perversion de la douce folie de la foule, conséquence d’un «vagabondage» hebdomadaire soustrait à un manque d’un quelconque plan politique...

C’est le résultat de pratiques tatillonnes, d’un manque d’idées, d’un manque de projets d’hommes et de femmes politiques, d’une résolution consensuelle, et pas forcément unanime tant la société est composite et plurielle. Tant d’amateurisme politique trahissant une situation desséchée où c’est tout juste qu’on s’agrippe au pied de la lettre pour user d’insultes et de slogans n’ayant aucun effet quant à la feuille de route imposée par les décideurs... et ce malgré une pléthore de rhétoriques dans les slogans brandis. «La caravane passe...» fut, rappelons- nous, la première devise du système, plaquée dans la revue El Djeïch, titrant un édito unique en son genre et s’adressant à ceux qui avaient, à l’époque – il n’y a pas si longtemps pourtant – osé extérioriser un sentiment de changement.

Pour ce hirak, les séquelles enfouies, relatives au manque de confiance total tiré du vécu de la nation, remontent en surface et s’interprètent par le fait que tout le monde désire être leader, président de la République, ministre et j’en passe... Tout le monde se voit comme son propre Yerling. Les autres, ayant profité de l’ancien système et dans l’objectif de se refaire une virginité, les abonnés de l’ex-Alliance présidentielle en embuscade, choisiront le bon timing pour couper l’herbe sous les pieds de la crédulité citoyenne. Le fanatisme islamiste ne manquera pas de vendre et d’acheter en jouant d’abord la carte de la tolérance et se contentant d'une discrétion inaccoutumée. Ce courant revient avec une nouvelle peau, badissiya novembariyya -dit-on-, avec toute la dureté, voire le danger de son conservatisme criant, sa sournoiserie à la SS et son terrorisme assassin. Le désaccord des Algériens quant à leur représentativité pour un éventuel dialogue sera fatal. Aux yeux de l’opinion internationale, tout va bien. Le mouvement aère la vitrine nationale d’un momentané souffle de liberté sur lequel le pouvoir s’appuie pour démontrer le fait démocratique dans une société ankylosée qui ne va peut-être pas tarder à abdiquer. On saura vite que la démocratie ne prendra jamais en présence d’une mégalomanie ancrée des loubards déguisés et un goût unanime au pouvoir.

Un goût désormais transmis au simple citoyen.

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