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Perspectives de l’économie mondiale en 2019



L'économie américaine tourne à plein régime. Néanmoins, un ralentissement est à prévoir. En soi, c’est logique et en même temps pas très grave. Trois raisons à cela. Premièrement, nous nous attendons à ce que les effets des incitations fiscales instaurées par l'administration Trump diminuent légèrement. De plus, la demande mondiale s'affaiblit. La troisième raison : la Réserve fédérale relève systématiquement les taux d'intérêt depuis plusieurs années. Cela signifie qu'il y a moins de liquidités sur le marché.

Y aura-t-il une récession ?

Dit autrement, le crédit, qui donne de l'oxygène aux entreprises, est moins disponible. La FED veut ainsi éviter la surchauffe de l'économie et contrôler l'inflation. Les missions de la FED sont «emploi maximum», «prix stables» et «taux d'intérêt à long terme modérés». Aujourd'hui, il y a certainement assez de crédits pour relancer l'économie. En décembre, les marchés américains craignaient que la FED n'aille trop loin dans la hausse des taux d'intérêt. On a estimé que la Banque centrale était trop confiante à l'égard de l'économie mondiale et qu'elle ne tenait donc pas compte des conséquences possibles sur l'économie américaine. Les marchés boursiers craignaient en effet que la politique de taux d'intérêt de la FED ne ralentisse beaucoup trop l'économie et ne provoque une récession. Entre-temps, Jerome Powell, le président de la FED, a clairement indiqué qu'il travaillait «en fonction des data». En clair, elle ne relèvera plus systématiquement les taux d'intérêt, mais examinera la situation de l'économie avant de prendre une décision. De plus, la FED baissera les taux d'intérêt en cas de signe de récession. Une déclaration qui a donné des ailes aux marchés boursiers des États-Unis. Quoi qu'il en soit, une récession n’est pas à l’ordre du jour pour l'instant. L'économie américaine est une économie surtout soutenue par la consommation intérieure. Une très grande partie du PIB américain est supportée par les consommateurs américains.

Et ce consommateur continue à consommer pleinement. Tous ces facteurs nous amènent à conclure que l'économie américaine ralentira mais nous ne prévoyons pas de récession à l’heure actuelle. La zone euro se porte moins bien. Les chiffres continuent de décevoir. La fin de l'année 2018 fut décevante et tous les chiffres indiquent un ralentissement de l'activité économique. La croissance du PIB devrait se situer autour de 1,2 % en 2019 et 2020. Les principales causes de ce marché difficile ? la faiblesse du marché extérieur. Les pays européens sont plus dépendants des exportations et des importations. Citons notamment l'économie allemande qui a dégringolé de manière inattendue. En effet, les exportations d'automobiles ont chuté en raison de la baisse de la demande mondiale. Nous constatons également une diminution des investissements des entreprises. Un autre facteur important : l'incertitude politique (Brexit, gilets jaunes, élections européennes, etc.). Mais la consommation intérieure reste saine, ce qui est en soi une bonne nouvelle. La Banque centrale européenne ne compte pas prochainement relever les taux d'intérêt en raison du mauvais climat économique européen. Les taux d'intérêt restent donc historiquement bas pour fournir suffisamment d'oxygène à l'économie. 

 

2019 année dangereuse

En Chine, les chiffres économiques déçoivent et confirment donc un ralentissement. Notons qu'un ralentissement signifie toujours une prévision de croissance du PIB de 6,1 % pour 2019 et 2020. Cela reste considérable. Tout indique que le consommateur cherche son second souffle. Tout comme le marché de l’immobilier d’ailleurs. En outre, l’augmentation des salaires est moins marquée. Pendant ce temps, la Chine fait le maximum pour stimuler son économie en réduisant les impôts et en investissant massivement dans les infrastructures. Ces mesures devraient donc contribuer, entre autres, à compenser les effets négatifs de la guerre commerciale. Nous prévoyons donc une stabilisation de l'économie chinoise vers la fin du premier semestre 2019.

La guerre commerciale avec les États-Unis est encore en phase de négociation. Nous maintenons nos prévisions d’une solution négociée. Mais reste à voir laquelle… et quand les deux parties pourront à nouveau collaborer. Les «marchés émergents» sont en réalité constitués de pays qui ne rentrent plus vraiment dans cette catégorie. Après tout, les différences régionales sont contrastées : les économies asiatiques, en très bonne forme jusqu'à présent, devraient s'affaiblir quelque peu en 2019 en raison de l'impact de la guerre commerciale. Les pays émergents d'Amérique latine se stabiliseront grâce au Brésil, tandis que l'Argentine connaît une profonde récession. Les pays émergents d'Europe devraient également ralentir quelque peu, vu le ralentissement de la croissance dans l'UE et l'importante réforme économique à laquelle la Turquie est confrontée. Les points positifs pour les pays émergents sont la pause possible de la FED, la baisse de la stabilisation des prix du pétrole ou même la baisse possible de l’USD qui sont un facteur favorable à l'évolution de l'inflation dans les pays émergents. 

2018 a été une année faste pour la croissance et les marchés financiers. En 2019, le ciel s'assombrit et les plus pessimistes filent la métaphore en affirmant que l'hiver arrive. 2018 aura été une année sans choc majeur, mais toutes les institutions qui publient des prévisions en janvier avaient prévenu il y a un an. 2019 ne serait pas aussi calme.    

 

2.9% de croissance en 2019 comparé à 3% en 2018

La croissance est donc toujours là, l'écart faible, alors pourquoi tant d'inquiétude?  Il y a d'abord le contexte. Tout bon prévisionniste prend en compte les risques globaux. Or, ils sont toujours plus nombreux. L'agence de notation, Standard and Poors, en liste six. L’escalade des tensions commerciales, la normalisation monétaire, comprenez l'argent moins facile, les difficultés des marchés émergents (difficultés liées à l'appréciation du dollar), la dette chinoise, le populisme et le protectionnisme tendant à affaiblir. L’année 2019 est pleine de danger, alors sur les marchés financiers américains on se passe le mot.  L'hiver arrive... autrement dit, une période à haut risque s'ouvre, et comme pour la série d'où cette tirade est tirée, on ne sait pas d'où il viendra. Mais on le sent arriver.

Les données économiques américaines ont beau être bonnes, les indices de confiance des entreprises et des ménages ne le sont pas, le shutdown n'arrange rien et plusieurs entreprises dont Apple ont publié cette semaine des profits warning, ce qui veut dire : attention mes profits ne vont pas être ceux que vous croyez.  Après des années de croissance ininterrompue, Wall Street attend le moment du retournement.

La coopération internationale les menaces sur la cyber sécurité des entreprises. Car en plus d'être risqués, ces prêts ont été titrisés, c'est-à-dire revendu par petits paquets à d'autres investisseurs, le risque a donc été disséminé dans le circuit financier. Cela fait beaucoup de points communs avec la période pré-crise de 2008. Que ces entreprises surendettées n'arrivent plus à rembourser leurs prêts faute de profit suffisant, c'est l'inquiétude qui monte quand la croissance ralentit. Rassurez vous, l'effondrement n'est pas acquis, mais tremblez, il dépend beaucoup de l'humeur des marchés financiers américains. La Banque des règlements internationaux considéraient dans son rapport de l'an passé que si récession il devait y avoir dans les années qui viennent, ce serait à cause du «cycle financier». Quand Wall Street plonge, tous les agents économiques du monde se disent généralement : attention danger. Ils retiennent leurs investissements, leur consommation, leurs crédits et l'on passe de la crainte de la crise à la crise réelle. On appelle cela les anticipations auto-réalisatrices. 

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