Contact
  • Banner Redmed 748x90

Monde

Derniere minute

L’intégration maghrébine, une solution indiscutable



L’Unité du Maghreb en fait rêver plus d’un, et ce depuis bien des décennies. Depuis cette date, les avancées ont été assez lentes, l’UMA (Union du Maghreb Arabe) est créé en 1989 mais demeure peu efficace, de nombreux traités de coopération sont signés mais très peu sont appliqués, en une phrase : Le Maghreb stagne. Face au manque de développement et aux contraintes économiques que rencontre la région, la mise en place d’un marché commun semble être la seule solution. Les grandes instances internationales telles que le FMI poussent régulièrement les pays du Maghreb -Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie-à développer une politique d’intégration régionale qui serait grandement favorable aux économies locales et mondiales. 

Début 2014, la Banque maghrébine d’investissement et de commerce extérieur (BMICE) était relancée, espérons qu’à terme, cela puisse aboutir à l’exploitation de l’important potentiel du Maghreb et de ses 100 millions d’habitants. Une région face à de nombreuses contraintes Les pays du Maghreb sont actuellement confrontés aux mêmes contraintes d’économie et de développement. Face à une population jeune avec un nombre croissant d’actifs, le chômage est plutôt élevé et va en augmentant.

D’après les chiffres officiels de 2013, le taux de chômage était de 10,3% en Algérie, 9,2% au Maroc, et 17,2%  en Tunisie. Sur le plan social, la région reste très marquée par la corruption à toutes échelles et le clientélisme, et ce malgré les efforts pour faire disparaître ces pratiques. Pour ce qui est du commerce international, le Maghreb «uni» tel que pensé en 1958 avait pour première vocation de constituer un front uni contre l’impérialisme, capable de vivre en autarcie régionale. Or, les impératifs économiques et politiques auxquels ont été confrontés ces pays nouvellement indépendants les ont contraints à développer plus de partenariats avec l’Europe et ainsi créer une certaine concurrence entre pays du Maghreb.

Les relations verticales, Nord-Sud, ont été clairement favorisées, c’est pourquoi aujourd’hui, plus de 64% des exportations maghrébines sont à destination de l’Union européenne. Le commerce intra-zone est quant à lui délaissé et représente moins de 3%, soit le plus faible du monde. Il existe plusieurs facteurs à ce manque d’intégration régionale. Premièrement, les états du Maghreb ont cultivés une tendance à établir des politiques protectionnistes sur leurs économies respectives, notamment à l’aide de tarification douanières parfois élevées et de règles commerciales assez restrictives.

Ainsi, l’attribution de licence d’importation au Maroc ou en Algérie est difficile si la production en question est déjà développée dans le pays, on cherche à favoriser le marché public en toutes circonstances. Dans la même optique, on peut également citer la politique algérienne des «51-49» qui s’applique de la même manière aux pays frontaliers qu’aux pays étrangers. Le protectionnisme n’est pas bon ou mauvais en soi, simplement, il peut constituer un grave obstacle à l’intégration économique et donc à la croissance. Deuxièmement, on peut, dans une certaine mesure, attribuer cette situation de «Non-Maghreb» à un manque de volonté réelle de la part des acteurs économique, ou du moins à un réveil tardif. En effet, il aura fallu attendre les débuts de crise mondiale pour que les principaux entrepreneurs maghrébins se réunissent pour songer à faire pression sur les États dans l’optique d’une meilleure intégration. Troisièmement, et non des moindres,  la région fait face, et ce depuis de nombreuses décennies, à de grands obstacles politiques. 

Au vu de différentes variables, la mise en place concrète d’un marché économique maghrébin semble essentielle à la poursuite du développement de la région. Le Maghreb a incontestablement besoin de s’émanciper des pays étrangers -nombre considérable d’importations européennes-et de relancer l’emploi. Avant toute chose, la multiplication d’échanges et investissements interétatiques aurait un impact considérable sur le chômage de masse qui s’est installé dans les pays du Maghreb, notamment celui des jeunes -diplômés ou non -qui est souvent source d’instabilité.

Selon le SG de l’Union du Maghreb Habib Ben Yahia, la création d’une telle zone de commerce privilégiée pourrait créer entre 40 000 et 50 000 emplois et relancer la croissance régionale d’environ 2%. Un marché maghrébin unifié, fort de ses 100 millions de consommateurs, permettrait l’apparition d’économies d’échelles-soit la baisse des coûts unitaires de production en accroissant le nombre de biens produits-et augmenterait par conséquent les profits des entreprises. Ces mêmes profits pourraient également être accrus en raison d’une politique commune menée des instances supra-étatiques régionales qui établiraient une division des taches, afin d’uniformiser les exportations à l’étranger et de briser le climat de concurrence entre pays.

La concurrence micro-économique, entre entreprises, serait au contraire source de grandes avancées pour tous. En effet, cela constituerait d’abord une forte incitation à l’innovation pour accroître les profits, eux-mêmes utilisés pour réinvestir, dans les entreprises elles-mêmes- recruter plus de main d’œuvre, former celle-ci, acheter des machines, … – ou alors dans d’autres secteurs, et ainsi de suite… Une région économiquement active deviendrait également plus attrayante pour les investisseurs étrangers, permettant une relance forte de la croissance. Sur le court terme, la Banque Mondiale estime le manque à gagner du «non-Maghreb» entre 3 et 9 milliards de dollars directs. Or, la région du Maghreb est aujourd’hui confrontée à de nombreux défis, économiques d’abord, mais également sécuritaires et seule l’intégration économique, amenant croissance, développement et cohésion sociale, pourrait lui permettre de les surmonter. La première étape de cette intégration consisterait d’abord en l’abaissement de tout obstacle aux échanges puis de mettre en place une liberté de circulation de marchandises, services et capitaux -en d’autres termes une zone de libre-échange qui évoluerait progressivement vers un marché commun maghrébin. La deuxième étape quant à elle, consisterait pour les États de la région à adopter les mêmes politiques commerciales vis-à-vis des États tiers (tarifs, droits de douanes, etc…) dans le but de créer une véritable puissance économique qui deviendrait compétitive à échelle mondiale. Une fois ce stade atteint, la création d’une union monétaire, en adoptant une même devise, pourrait être envisageable, toujours dans le but de faciliter les échanges et d’assurer une stabilité économique et financière.

Néanmoins, les éléments cités au-dessus ne peuvent être effectués sans efforts de la part des États eux-mêmes, mais  également de la part des particuliers. En effet, il est essentiel que les administrations de chaque pays développent une réelle volonté d’avancer dans l’intégration par la mise en place de politiques favorables à l’investissement et aux initiatives intermaghrébines, que cela soit par le biais de subventions ou bien d’allègements fiscaux. Mais également par l’adoption de mesures étatiques communes, sur les plans économiques et politiques, qui passent notamment par l’adhésion à des organes tels que l’OMC (adhésion de l’Algérie en cours) ou par le renforcement ou la relance d’anciens projets de collaboration. De leur côté, les grandes entreprises et les jeunes entrepreneurs se doivent de solliciter plus activement la création de cet énorme marché économique que représente le Maghreb. De plus en plus de projets d’IDE intermaghrébins ou d’installation complète d’entreprises émanent de plus en plus, majoritairement de Tunisie et du Maroc, cependant ils restent dérisoires. Enfin, un travail d’information doit être effectué, par les autorités locales ainsi que les médias et les grandes figures économiques de la région pour sensibiliser les populations, en particulier les jeunes, à ce besoin d’union qu’éprouve le Maghreb.

 

  • Pub Laterale 2
  • Banner Salem 2