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PERSPECTIVES DE CROISSANCE AU MAGHREB, Une croissance de 3, 4% en 2019



Proches géographiquement comme linguistiquement, les pays nord-africains ne manquent pas d’atouts pour séduire les PME hexagonales. Point sur les défis et les avantages des marchés, algérien, tunisien et marocain.

La Banque Mondiale (BM) table encore, sur une croissance de 3,4% en 2020 et 3,6% en 2021, pour notre pays. S’agissant des résultats pour 2018, la BM a souligné qu’une récolte agricole abondante et une conjoncture touristique favorable ont contribué à stimuler la croissance en Tunisie en 2018, que l’on estime avoir atteint 2,6%. Même constat pour le Maroc, dont la croissance s’établirait à 3,2%. La BM a considéré, aussi, que le niveau élevé de la dette extérieure libellée en devises dans certains pays importateurs de pétrole (tel le cas de la Tunisie) donne à penser que ceux-ci risqueraient de souffrir d’une forte appréciation du dollar américain. La Banque table encore, sur une croissance importante en Egypte à hauteur de 5,6%, durant l’année 2019, favorisée par l’amélioration de l’activité touristique et de l’industrie du gaz naturel. Pour ce qui est du Maroc, le taux de croissance s’élèverait à 2,9% et, pour l’Algérie, il atteindrait 2,3%. Selon les estimations de l’institution financière mondiale, la croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, s’est améliorée en 2018, pour atteindre un taux de 1,7%, grâce à l’accélération de l’activité à la fois dans les pays exportateurs et importateurs de pétrole. En 2019, elle s’attend à une croissance de l’ordre de 1,9%, dans la région MENA, favorisée par des facteurs intérieurs, tels les réformes des politiques publiques notamment, et ce, «en dépit du ralentissement du commerce international et du durcissement des conditions de financement extérieur. Ces prévisions reposent sur le double postulat que les tensions géopolitiques ne s’intensifient pas de façon considérable et que les conflits affectant certaines économies auront des répercussions limitées sur le reste de la région», a encore noté la BM.

Algérie : un marché vierge

A deux heures de vol de Paris, l’Algérie est la 4e économie du continent. Mais sur ce marché de plus de 40 millions d’habitants, le parcours n’est pas sans embûches. Avec la chute des prix du pétrole en 2014, le déficit de ce pays riche en hydrocarbures s’est aggravé. Les autorités cherchent donc à favoriser la production locale et ont récemment interdit près de 900 produits à l’importation, allant des pièces mécaniques aux denrées alimentaires. Autre frein à prendre en considération : la règle du 51-49 %, exigeant un partenaire algérien à hauteur de 51 % pour tout investissement dans le pays. La longueur des délais de paiement ne doit également pas être oubliée : «Les difficultés sont réelles, mais c’est un marché vierge», souligne Michel Bisac, président de la section Algérie du CNCCEF, «où tout reste à faire». Agroalimentaire, nouvelles technologies, sous-traitance automobile, énergies renouvelables, services…, sont autant de domaines potentiellement porteurs pour les PME ou les ETI qui ont l’habitude de l’international. L’idéal pour elles étant de venir, selon lui, dans le sillage des grandes entreprises, notamment dans le secteur automobile. Autre clé, «il faut être attentif au choix du partenaire et se faire accompagner» par des organismes tels que Business France, les chambres de commerce ou les conseillers au commerce extérieur. Enfin, «il faut venir avec un fonds de roulement suffisant», précise cet expert. Un marché qui exige en somme de la patience et de la résistance, ainsi qu’une bonne connaissance du pays.

Maroc : un éventail d’opportunités

Première terre d’accueil des IDE français sur le continent africain, ce pays d’environ 35 millions d’habitants, recèle tout un éventail d’opportunités. Avec une économie ouverte à l’international et forte de plusieurs accords de libre-échange, notamment avec l’Union européenne et les Etats-Unis, il ambitionne aujourd’hui de devenir un hub vers les marchés africains. Depuis plus d’une décennie, le Maroc s’est lancé dans une vaste stratégie de modernisation. Cela, en améliorant son climat des affaires (il a grimpé à la 60e place dans le classement Doing Business 2019) mais aussi en engageant une série de plans de développement. Ainsi, des écosystèmes automobile et aéronautique aux énergies renouvelables, en passant par les infrastructures, sans oublier l’agroalimentaire ou encore la digitalisation de l’économie, les opportunités d’affaires abondent. Et de nombreuses pépites tricolores réussissent déjà dans le pays, comme la société de conseil 42 Consulting ou le spécialiste des visites virtuelles d'habitations. Pour autant, il faut garder en tête que les entreprises doivent affronter une forte concurrence, notamment espagnole, italienne, turque et chinoise. Autre paramètre à prendre en compte, la longueur des délais de paiement : selon Coface, en 2017, ceux-ci étaient en moyenne de 99 jours. Pour y faire face, l’entreprise doit avoir «les reins financièrement solides», prévient Charafa Chebani, directrice du pôle CFCIM-Business France. «Il faut l’intégrer dans son business plan», précise-t-elle. Enfin, l’une des clés de base reste l’importance dans les affaires de la relation humaine et de la confiance. «Il faut venir, rencontrer des personnes, passer du temps avec elles, les revoir et entretenir la relation», explique Laurent Dupuch, président du comité Maroc du CNCCEF.

Tunisie : vers la reprise

Longtemps considérée comme une success-story africaine, la Tunisie a dû faire face ces dernières années à plusieurs chocs, dont la révolution de janvier 2011 et les attentats de 2015 qui ont fait fléchir le tourisme. Mais la croissance se renforce (environ 3 % en 2018), le tourisme redémarre et l’investissement montre des premiers signes de reprise, notait le FMI fin 2017. Les atouts ne manquent pas dans ce pays qui cherche à attirer des investisseurs étrangers : 11 millions de consommateurs, une main-d’œuvre qualifiée et compétitive, une porte d’entrée vers d’autres pays africains… Les secteurs porteurs non plus : les services aux entreprises et ce, au-delà des traditionnels centres d’appels, la santé, l’agroalimentaire, les infrastructures, le numérique, sans oublier les énergies renouvelables, censées atteindre 30 % du mix énergétique à l’horizon 2030. Le taux de croissance en Tunisie devrait s’établir à 2,9% en 2019, grâce aux réformes entreprises et à l’amélioration de l’activité touristique, c’est ce qui ressort du rapport Perspectives pour l’économie mondiale.

 

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