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T É N È S



Ténès, capitale du Dahra central, est une ville côtière de la mer Méditerranée, située au nord de l'Algérie, à mi-distance d'Alger (à environ 215 km à l'est) et d'Oran (à environ 230 km à l'ouest). Orléansville, chef lieu départemental situé au Sud, est distant de 53 km.

Climat méditerranéen avec été chaud.

En langue vernaculaire le nom «TNS» voulant dire «lieu de halte» car les Numides au début de leurs installations passaient la nuit au Nord du plateau de TENES, craignant la navigation nocturne et ses dangers, et s'approvisionnaient en eau potable dans les nombreuses sources de ce nouveau lieu. La rivière ALLALA, anciennement Oued ER-RIHAN (rivière des Myrtes), en sortant de l'étroit défilé des gorges, où elle s'engage au Nord de MONTENOTTE, contourne le Vieux-Ténès par la droite pour aller se jeter dans la mer à moins d'un kilomètre, traversant une petite plaine côtière, délimitant ainsi les deux parties. C'est le cours d'eau le plus important de la région avec l'oued TAGHZOULT à l'Ouest. Le massif calcaire du Cap Ténès, au Nord-est de la ville est essentiellement formé de calcaires blancs, ces calcaires sont azoïques et de même nature que ceux du CHENOUA à 90 km à l'Est. Il s'agit du premier pointement de la chaîne calcaire littorale kabyle en Algérie. Elle culmine à 642 mètres d'altitude, mais le mont TAZANOUNT, au Sud-est du Cap TENES est le point le plus élevé du littoral du DAHRA central avec ses 779 m.

HISTOIRE

L’histoire de TENES a commencé il y a 3000 ans, avec les occupations successives des Phéniciens, des Berbères, des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Arabes, des Turcs et des Français. TÉNÈS, ville vieille de 3000 ans, comme le rapporte l’Anglais SHAW : «Au temps de Moïse, les gens de TÉNÈS étaient des magiciens renommés. Le Pharaon d’Egypte en aurait fait venir quelques-uns, parmi les plus habiles, pour les opposer à un thaumaturge israélite qui battait tous les magiciens du bord du Nil». Et TENES était déjà connue en ce temps-la. En l’an 1302, les Andalous commencent la construction de TENES « EL HADHARA » (la ville civilisée) appelée plus tard «Vieux Ténès » par les français, et où se trouve la mosquée de Sidi MAIZA (considérée comme la 3e du pays et datant du début du 10e  siècle.

Au début du 16e  siècle, les Espagnols sont chassés par les Turcs. Le vieux TENES (TENEZ à l’époque), situé à un quart de lieue (1 km) au Sud du rivage, est habité par des indigènes. Cette bourgade, chétive et sale, fut cependant à une certaine époque du moyen-âge la capitale d’un petit royaume jusqu’à sa conquête et sa destruction par KHEIR-ED-DINE en 1518 : elle est entourée de remparts construits en larges pierres. Les Français, qui y pénétrèrent sans s’y installer le 27 décembre 1842, ont réparé sa mosquée, dont le minaret pointu se voit au loin ainsi que son caravansérail, et l’on doté d’une fontaine.

Présence Française 1830 -1962

En 1841, après dix années d’hésitation, le gouvernement français se décide à poursuivre résolument la colonisation et charge le Maréchal BUGEAUD de mener cette entreprise à bonne fin. Le 22 décembre le colonel CHANGARNIER occupe TENES sans coup férir ; il devait y passer l’hiver. N’y trouvant que des abris insuffisants et aucune ressource pour sa cavalerie, il abandonne la place.

Mais en 1843, le Maréchal BUGEAUD, arrêtant un plan de colonisation calqué sur ses objectifs de campagne, décide l’occupation de la plaine du CHELIF et la création du port de TENES, débouché naturel de cette plaine.

Le 27 avril, le maréchal marque l’emplacement d’ORLEANSVILLE ; le lendemain, il part pour TENES, ouvrant devant lui la route qui doit relier ces deux villes et dont le tracé a été presque entièrement conservé. Le 16 mai, 243 commerçants et industriels sollicitent des concessions pour s’établir à TÉNEÈS. Le Maréchal y avait laissé le colonel CAVAIGNAC avec de nombreux travailleurs militaires.

On construit immédiatement des baraques, des puits, des fortifications, des magasins pour l’armée, des fours ; on transporte des bois, on créé des jardins ; on fouille les ruines romaines dont on emploie les matériaux sans égards à leurs inscriptions et à leur premier usage, dit M. BERARD, ancien capitaine de corvette, puis colon à TENES : on transforme les vieilles citernes en caves, en magasins, en prison et la ville est créée. En 1845, un soulèvement éclate aux portes de la cité ; mais après deux ans de lutte dans le DAHRA, le célèbre agitateur BOU-MAZA est vaincu et pris et, depuis, TENES n’a plus été inquiétée.

Mohammed BEN OUADAH dit cheikh BOUMAZA (1822/1879) : Le 10 janvier 1847, il soutient dans l'oasis des OULED DJELLAL un combat meurtrier contre le général HERBILLON. A bout de ressources, rentré dans le Dahra, il décide de se rendre le 13 avril au colonel SAINT-ARNAUD. Emmené en France, il est interné à Paris, où on lui donne un appartement aux Champs-Élysées, près de l'hôtel de la princesse BELGIOJOSO, qui se charge de son éducation ; il reçoit du gouvernement une pension de 15 000 francs et ne tarde pas à devenir tout à fait à la mode. Il est question de lui donner le commandement d'un corps « indigène » en Algérie, mais les actes de cruauté qu'on lui reproche, sans preuves, font abandonner cette hypothèse. Il s'enfuit de Paris dans la nuit du 23 février 1848 à la faveur de la révolution de 1848, mais est arrêté à Brest et enfermé au fort du HAM. Il est remis en liberté le 22 juillet 1849, par le prince Louis Napoléon, qui lui rend même sa pension. En 1854, il quitte définitivement la France et commande un corps de bachi-bouzouks dans la campagne d’Anatolie. Il reçoit au mois d'août 1855 le grade de colonel dans l'armée ottomane. Il séjourne plusieurs années à Bagdad, et meurt après 1879.

Le Vieux TÉNÈS, constitué en centre le 31 juillet 1851, a été annexé à Ténès le 17 juin 1854. TÉNÈS prospéra relativement jusqu’en 1869 ; elle était, en effet, le seul point d’embarquement des céréales du DAHRA et de la plaine du CHELIF, et pendant la guerre de Crimée (1853/1856) notamment, on expédia de ce port, des quantités considérables de grains, de fourrage, etc.

LES PORTES - Source site TENES –

La ville de TENES était protégée par des murs fortifiés dans lesquels avaient été aménagé des portes qui permettaient l'accès à la ville : Portes de CHERCHELL, de la Marine, de France, de MOSTAGANEM, d'ORLEANSVILLE et une petite porte à coté de la Gendarmerie (la petite ouverture faite dans le mur à coté des Gendarmes, permettait aux habitants d'en bas d'accéder plus facilement à Ténès intra muros ...)

TENES est divisé on deux parties : 

Le Vieux TENES qui, s'il faut en croire la légende, fut un repaire de voleurs et de bandits, et dont les masures, collées sur un promontoire d'une surface très inégale enveloppée par l'Oued ALLALAH, remplacent les demeures des colons phéniciens ; ses murs, que le temps effrite, abritent une population indigène de 1 200 individus ; 

Le Village de TENES, à 2 km en aval, à l'embouchure de l'Oued ALLALAH (2 083 hab.), a été créé en 1843; il est bâti sur le plateau de 50 mètres de hauteur, où les Romains fondèrent la ville de CARTENNA. A l'Est de ce plateau, on plonge dans la vallée de l'Oued précité toute couverte de jardins et de prairies ; à l'horizon, on aperçoit un vaste amphithéâtre de montagnes se terminant par l'énorme masse grise du cap de TENES. Du côté de la mer, l'escarpement est presque à pic ; sur la partie occidentale du promontoire, il existe une multitude d'excavations régulières pratiquées dans le roc, qui servaient d'hypogées.

La ville est bien alignée, plantée de beaux arbres ; les maisons sont propres, coquettes, entourées de jardinets. Remparts ; quatre portes monumentales ; par celle de l'Est, on descend au quartier de la Marine, habité par des pêcheurs. Ruines, mosaïques, colonnes, tombeaux, médailles (un grand nombre à l'effigie de Constantin), ont été découverts lors de l'établissement de la ville nouvelle. TÉNÈS fut l'entrepôt maritime de toute la région du DAHRA ; le port, qui s'ouvre au Nord-est de la cité, couvert par des récifs que des jetées enracinent à la côte, est un bassin de 24 hectares où les navires sont en sûreté. Sur le littoral, de plus de 100 kilomètres de longueur, qui s'étend au Sud-ouest de TÉNÈS jusqu'à l'embouchure du CHELIF, il n'y a point de villages français.

 

« Cette cité rentre dans l'histoire lorsque les Phéniciens de Carthage y installent un comptoir appelé CARTENNAE (la ville...). Le site fut choisi pour diverses raisons (embouchure d'un fleuve, abri naturel, etc...) mais en premier lieu parce que ces hardis marins ne naviguaient que le jour. Il leur fallait donc une étape, un havre, chaque nuit. C'est la raison pour laquelle leurs comptoirs sont peu éloignés les uns des autres. Mais, commerçants invétérés et avisés, ils profitaient de celles-ci pour entretenir des relations d'affaires (souvent du troc), avec les autochtones. Donc il existait déjà des habitants à CARTENNAE lorsqu'ils ouvrirent leur comptoir puisqu'ils commerçaient avec les autochtones. Une date approximative pour "faire bien", il est admis que les Phéniciens ont séjourné en Afrique du Nord un millénaire, 1.000 ans ! Et ils ont été délogés par les Romains un siècle, 100 ans avant J.C., calculez vous-même ! Ils trouvaient dans ce comptoir, des céréales, du bois, de l'ivoire, du cuir, de l'or, du miel, des meules en calcaire et il existait à proximité des minerais de cuivre, de fer et de plomb. Les Romains leur succédèrent, mais eux occupent le pays entier. Une route relie CARTENNAE à CASTELLUM TINGITI. Route gardée par des petits postes fortifiés, les castrums, dont nous retrouverons les ruines. CARTENNAE devint une cité importante (700 m sur 400 m) que nous reconstruirons dans les mêmes proportions, à quelque chose près. Lorsque le général CHANGARNIER découvrit la ville, le 27 décembre 1842, il signala l'importance des ruines trouvées sur le plateau. Celles-ci servirent en majorité de matériaux de construction pour édifier les bâtiments élevés par le génie : hôpital, casernes, remparts, etc. De l'époque romaine deux faits intéressants :

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