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MARENGO (1e partie)



MARENGO est situé au centre-nord de l’Algérie à 75 km au Sud-ouest d'Alger et à 12 km au Sud-ouest de TIPASA. Climat de type méditerranéen, caractérisé par un été chaud et sec et un hiver doux et humide. 

La partie occidentale de la Mitidja, dépression limitée au Sud par l'Atlas Tellien au Nord par la chaîne des collines du Sahel, collines de faible hauteur (268 m au point le plus haut, dominé par « Le tombeau de la Chrétienne ») se trouvait privée de tout exutoire vers la mer sur une distance de 40 kilomètres entre l'Oued Nador à l'Ouest et l'Oued Mazafran à l'Est. Les eaux provenant de l'Atlas ne pouvant atteindre la mer, une vaste zone marécageuse s'était formée, zone comprenant en son point le plus bas le sinistre lac Halloula. 

La superficie de ce dernier variait considérablement entre les périodes de pluies et les périodes de sécheresse. Il était une des causes essentielles de l'insalubrité de la région, laquelle était couverte de broussailles et de palmiers nains. 

En 1830, cette partie de la Mitidja n'était pas peuplée, le paludisme et le choléra régnaient en maîtres. Elle ne comprenait pour toutes voies de communication que de rares sentiers qui se frayaient un chemin dans les broussailles. Vivaient à sa périphérie des tribus parmi lesquelles celle guerrière des Hadjoutes. 

Période Ottomane 1515 –1830 HADJOUT nom initial, issu d’une tribu Maghzen au service du Beylik habitant la région. 

Les HADJOUTES : Tribu guerrière qui vivait au dépend des tribus avoisinantes, sur un vaste territoire concédé par le Beylik (Définition du Maghzen = à la solde de celui-ci en contrepartie d'exonération et de services) :  Les Turcs avaient installé, autour de leurs bordjs (SEBAOU, TIZI-OUZOU, MENAËL, entre autres) les milices maghzen, groupements hétéroclites d'Arabes, de Noirs, de Kouloughlis (ou Coulouglis) (Les janissaires turcs établis dans la Régence épousaient des femmes arabes ; il se forma ainsi une population de métis).  En général, les tribus maghzen ne payaient pas d'impôt, mais se chargeaient de le faire payer par les autres tribus. Ainsi une partie des tribus garantissaient la soumission de l'autre. 

Aux tribus maghzen s'opposaient les tribus raïas. Les redevances étaient inégales, vexatoires et arbitraires. Les populations payent des impôts d'autant plus élevés qu'elles étaient plus pauvres, parce qu'elles offraient moins de résistance.  Les Kabyles se sont toujours refuser à payer l'impôt aux Turcs, qui leur réclamaient le passage de leurs convois et souvent en lutte avec les Maghzen qui cherchaient à traverser leurs terres.  La vie que menèrent les colons n'a pas de rapport avec les idées. Pendant sept ans ils défendirent leur peau comme ils purent. L'ennemi, c'était particulièrement les cavaliers Hadjoutes : Couper une tête était un art. Les Hadjoutes ne descendaient jamais de cheval pour cette opération, ils la pratiquaient sur le pommeau de leur selle, lentement, en causant de choses et d'autres... Lorsque c'était fini, le corps tombait à terre, et l’Hadjoute enfouissait la tête dans sa musette. Qu'on imagine la rentrée au douar... les femmes... leurs youyous. Notez ce n'était pas seulement un sport, c'était une affaire. Une tête ordinaire se payait trois douros ; celle du commandant RAPHAËL, tué en 1839, rapporta quarante douros. Voilà donc la vie qu'ont menée les premiers colons dans la Mitidja jusqu'en juillet-août 1842. Vue sur le CHENOUA « Quand CHENOUA porte le chapeau, il pleuvra bientôt sur MARENGO », avait-on l’habitude de dire lorsque les nuages s’amoncellent sur les cimes du mont. 

Présence Française 1830 – 1962 

ALGER capitula mettant ainsi fin aux pillages des barbaresques ottomans en Méditerranée et leurs sinistres marchés aux esclaves. Dans sa proclamation qui suit la prise d'Alger et la reddition d'Hussein Dey, le général de BOURMONT déclare, le 5 juillet 1830 : « Vingt jours ont suffi pour la destruction de cet État dont l'existence fatiguait l'Europe depuis trois siècles. » Jusqu’en juillet 1834 les Français s’installèrent seulement dans quelques villes de la région littorale : ALGER, ORAN, MOSTAGANEM, BOUGIE, etc. De 1834 à 1844 les plaines furent conquises, à l’Est sur les beys turcs de CONSTANTINE, à l’Ouest sur les Hachems de MASCARA, commandés par ABD-EL-KADER et secondés par le Maroc musulman.

LOUIS-PHILIPPE ne se préoccupait guère de peupler l'Algérie. En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. LAMORICIERE, en effet était, devenu ministre de la Guerre. A côté de lui, CAVAIGNAC revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d'autres membres du Gouvernement, en particulier LAMARTINE, étaient des colonialistes convaincus. Ajoutons que le nouveau régime avait à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s'aggraver en France depuis des années. Les progrès de l'industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuses que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L'ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l'avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d'État et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l'agriculture ces bras dont l'industrie n'avait que faire. L'Algérie semblait un terrain tout trouvé. On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua l'insurrection en France, et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3.000 à 4.000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de LAMBESE. Un arrêté signé de LAMORICIERE, intervint le 27 septembre, pour signifier aux ouvriers parisiens les conditions auxquelles ils devaient satisfaire, pour être admis dans ces colonies ; adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, avoir moins de 60 ans, obtenir un certificat de bonne moralité et d'aptitude physique. Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l'État. « Nous sommes le 8 octobre1848.

Il faisait sans doute froid mais un soleil magnifique éclairait cette journée , quand le convoi de colons qui va fonder Saint-Cloud quitte Paris, par le quai de Bercy . C’est le premier des convois ouvriers prévus par la Seconde République, pour coloniser l’Algérie toute récemment pacifiée, il comprend 843 personnes réparties en 6 bateaux …». A leur arrivée en Algérie, ils recevraient, à titre gratuit, des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares, et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l'expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part de chômeurs dans le besoin, mais encore d'ouvriers qui avaient jusque-là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par l'attirance du contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes : la propriété, l'indépendance et la fortune. Le chiffre des colons, fixé d'abord à 12 000, fut porté à 15 500. En 1848, le peuplement officiel de l'Algérie a démarré avec la création de 42 « colonies agricoles » dont SAINT-CLOUD, SAINT-LEU et SAINTE-BARBE-DU-TLELAT en Oranie, CASTIGLIONE, EL-AFFROUN et MARENGO dans l'algérois, JEMMAPES, MONDOVI et GUELMA dans la province de Constantine. Le 12e convoi concerne MARENGO, baptisée de ce nom en souvenir d’une victoire impériale en Italie. La bataille de Marengo (14 juin 1800). 

Ce fait d'armes permit à NAPOLEON d'asseoir un peu plus sa position au sein du triumvirat consulaire en tant que Premier consul après son coup d'État, au mois de novembre précédent. Malgré la mort de DESAIX, la victoire est décisive pour la campagne d'Italie, et permet à Bonaparte de monter une opération de propagande importante, faisant passer la bataille à la postérité. 

Colonie agricole créée en vertu du décret du 19 septembre 1848, définitivement constituée par décret présidentiel du 11 février 1851, érigée en commune de plein exercice par décret du 31 décembre 1856. Elle avait deux annexes : 

-DESAIX : Le centre de population du NADOR est créé par arrêté du 3 mai 1872, appliqué en 1877 (déclaration d'utilité publique par arrêté du 26 octobre). Il prend le nom de DESAIX par décret du 20 août 1889. 

-MONTEBELLO : Centre de population créé par décret du 18 décembre 1869, au lieu dit SIDI-RACHED, dans la commune de MARENGO. Il est érigé en commune par arrêté du 5 août 1957, dans le département d'Alger. Une section administrative spécialisée portait son nom. Parmi les 42 centres prévus en 1848, trois étaient situés dans la Mitidja de l'Ouest, dont MARENGO primitivement appelée MEURAD (Plus tard en 1872, le fils de MALGLAIVE devenu officier sera à l’origine de la création du village de MEURAD). Sa création fut confiée au capitaine du Génie Victor de MALGLAIVE qui sut prendre des initiatives, et n'hésita pas à engager la dot de son épouse décédée pour suppléer au manque de crédits. Jugeant que le site prévu par une commission n'était pas le meilleur, il n'hésita pas à le déplacer, de son propre chef, de quelque cent mètres. Cela lui valut des arrêts de rigueur symboliques et des félicitations ...officieuses. 

Le programme qui prévoyait l'installation de 150 feux fut ramené à 100 feux alors que l'enceinte fortifiée du village était en pleine édification. MALGLAIVE décida de ne rien changer à l'enceinte et de supprimer simplement l'aménagement des lots du centre, ce qui créa une très grande place centrale que certains critiquèrent la considérant comme une zone désertique. Ce fut par la suite une aubaine pour le village car elle permit de créer une zone urbaine centrale (mairie, école, jardin public, place des fêtes avec kiosque) qui fit de MARENGO la petite ville la plus attrayante de la région. Les premiers colons quittèrent Paris le 19 novembre 1848, soit deux mois jour pour jour après la promulgation de la loi, et arrivèrent à MARENGO le 19 décembre après un mois de voyage. Commençait alors une longue lutte pour la survie, lutte qui ne prit fin vraiment que 78 ans plus tard avec l'assèchement du lac Halloula. Les conditions d'accueil étaient épouvantables : deux baraques ont pu être montées par l'armée. On y entasse les femmes, très nombreuses, et les enfants. Les hommes doivent coucher sous la tente sur des jonchées de doum (palmier nain). L'eau potable est si rare que les familles se la disputent. Très vite les maladies apparaissent, d'autant plus facilement que les conditions minimales d'hygiène ne peuvent être observées. La première année le taux de mortalité effrayant atteignait 23,4 %, le quart de la population ! Ce taux est d'autant plus effarant qu'il concerne une population d'âge moyen très bas, comprenant peu de personnes âgées. Les principales causes de décès sont les privations, le choléra et le paludisme. Ces décès engendrent le découragement. Mais sous la direction toujours active et intelligente de MALGLAIVE, les autres colons s'accrochent, de nouveaux arrivants comblent les vides. 

Alsaciens, Lorrains, Italiens, Maltais, Espagnols arrivent et s'intègrent en une grande communauté fraternelle. Avec l'aide de l'Armée des maisons en pisé sont construites, le défrichement est commencé, le problème de l'eau potable est tant bien que mal résolu, d'abord par le captage de deux maigres sources dans le lit de l'oued Meurad, ensuite par le captage d'une troisième source, toujours dans le lit de ce même oued mais à 8 kilomètres de MARENGO.

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